Séismes, éruptions volcaniques : quelles sont les zones les plus à risque en France ?

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MIEUX VAUT PRÉVENIR - Depuis plusieurs mois, la Soufrière connaît un changement de régime et Mayotte des essaims de séismes, tandis que le Piton de la Fournaise est redevenu très actif depuis une vingtaine d’années. Dans un rapport, des scientifiques dressent un inventaire des zones géographiques à risques en France.

Tremblements de terre, éruptions volcaniques, glissements de terrain… La France n’échappe pas à ces phénomènes géologiques et les risques sont de fait bien réels. En 2009, à la suite du séisme de L’Aquila en Italie, qui avait coûté le vie à 309 personnes, des scientifiques italiens ont été condamnés en première instance à une peine de prison ferme, accusés de n’avoir pas su prévoir les événements. Ils avaient finalement été relaxés en appel.


Dans la foulée, conscients du manque de connaissances sur ce domaine, un groupe de volcanologues, sismologues et géophysiciens français a été chargé de procéder à un état des lieux complet des connaissances et des moyens mis en œuvre pour la surveillance et la prévision de ces catastrophes en France, métropole et Outre-mer compris.


Dans un rapport rendu public mardi 23 avril, l’Institut national des sciences de l’Univers (CNRS) dresse un inventaire des zones géographiques les plus concernées en France.

La Soufrière et la Montagne Pelée

Sans grande surprise, la zone la plus sensible est celle des Petites Antilles, où les plaques tectoniques américaines plongent sous la plaque caraïbe, avec une vitesse de convergence de 2 cm par an, formant volcans et tremblements de terre -ces derniers peuvent dépasser la magnitude 8. Problème, soulignent les scientifiques, cette zone de contact (l'arc des Petits Antilles) se situe en pleine mer.

"Un des grands défis du futur sera de développer une instrumentation permanente en fond de mer, d'être en mesure de se rapprocher pour obtenir de l'information", explique à l’AFP Jérôme Vergne, chercheur à l’Observatoire des sciences de la Terre, à Strasbourg. La région compte en effet une dizaine de volcans actifs dont la Soufrière, en Guadeloupe (photo ci-dessus) et la Montagne Pelée, en Martinique (photo ci-dessous).

"Tous sont surveillés 24 heures sur  24, 7 jours sur 7. On ne peut pas se permettre de rater un signe  avant-coureur, cela serait catastrophique", indique à l’AFP Claude Jaupart, de l'Institut de physique du globe de Paris (IPGP). Car si la Montagne Pelée est considérée actuellement comme inactive (elle a fait deux éruptions assez puissantes en 1902 et 1929 qui ont vidé le réservoir de magma), la Soufrière est "tout particulièrement surveillée". Il semble assez probable qu'elle fasse une éruption dans le siècle, précise le géophysicien. 

Le Piton de la Fournaise

Autre volcan célèbre : le Piton de la Fournaise de La Réunion, l'un des plus actifs au monde. Mais bien qu'il soit entré en éruption à une quinzaine de reprises au cours des dix dernières années, il n'est pas pour autant considéré comme dangereux. "Ce sont des éruptions basaltiques, produisant ce que l'on appelle des fontaines de laves, sans explosions majeures", explique Claude Jaupart.

L'île de Mayotte

Les chercheurs du CNRS ont aussi fait le point sur la crise sismo-volcanique qui effraye la population de Mayotte depuis presque un an. Grâce à des instruments de mesure, ils ont détecté une réserve magmatique en mer ainsi qu'un volcan sous-marin actif qui, en plus du mouvement habituel des plaques tectoniques, aurait pour effet de déplacer l'île de plusieurs centimètres chaque mois. Ce phénomène n'est pas endémique mais pourrait néanmoins durer plusieurs années, souligne le rapport.

Le Massif central

Enfin, même si on a tendance à les négliger, la métropole compte aussi ses volcans, notamment ceux du Massif central (photo ci-dessous : le Puy de Sancy). Ces volcans ne se trouvent pas à la frontière de plaques mais correspondent à des "points chauds", zones beaucoup plus profondes à partir desquelles des jets de magma chaud sont émis verticalement. Une éruption semble tout de même "peu probable à court terme", soulignent les auteurs du rapport. 

Une conférence de presse s'est tenue mardi 23 avril à Paris pour présenter les conclusions du rapport. Il est possible de la revoir sur la chaîne YouTube du CNRS

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