87% des contrats signés en France sont-ils des contrats courts ?

Adrien Quatennens s'appuie sur des chiffres fournis par la Dares.
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À LA LOUPE – Le député de la France Insoumise Adrien Quatennens estime qu'il existe un "problème d'activité pérenne" en France, et indique que 87% des contrats signés sont courts. D'où vient ce chiffre ?

Invité matinal de France Info, Adrien Quatennens a réagi aux suppressions de postes prévues au sein du groupe Auchan. Le député LFI du Nord a pointé du doigt une situation à ses yeux critique sur le front de l'emploi. "Le travail est extrêmement précaire aujourd'hui, 87% des contrats qui sont signés sont des contrats courts, on a un problème d'activité pérenne dans ce pays et on a un problème de chômage de masse qui persiste", a-t-il lancé.

Un tiers de CDD durent une journée…

Adrien Quatennens se base sur des chiffres officiels pour déployer son argumentaire. Les 87% mentionnés par le député proviennent en effet d'une étude de la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares). Sa synthèse, publiée en juin 2018, note que "la part des CDD a nettement progressé en vingt-cinq ans, notamment à partir des années 2000, passant de 76 % en 1993 à 87 % en 2017". 

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En parallèle, "cette évolution structurelle dans les mouvements de main-d’œuvre s’accompagne d’une forte hausse des contrats de très courte durée ; en 2017, 30 % des CDD ne durent qu’une seule journée". La Dares indique que "sur longue période, la forte hausse des flux d’embauche en CDD reflète deux phénomènes distincts". Il s'agit "pour partie d’une modification de la gestion de la main-d’œuvre des établissements, qui se traduit par un plus grand volume de travail couvert par les CDD", mais aussi par "une diminution de la durée moyenne des CDD".

Ces CDD très courts s'observent en particulier dans des secteurs d'activité précis : l’hébergement médicosocial, l’audiovisuel ou la restauration sont ainsi concernés en priorité. "Ce sont souvent les mêmes personnes qui enchaînent ces contrats très courts", ajoute la Dares.

Les tendances de long terme ici mises en avant peuvent s'expliquer. L'étude cite ainsi les raisons invoquées par les recruteurs pour expliquer les recrutements en CDD plutôt qu'en CDI : reviennent pêle-mêle "les besoins limités dans le temps", "l’incertitude vis-à-vis de l’environnement économique" ou bien encore le "besoin de tester les compétences du salarié avant un recrutement plus durable". Dernier élément avancé, "le poids de la réglementation associée au CDI".

… mais 88% des salariés sont en CDI

Ces données peuvent être analysées pour les salariés concernés comme un renforcement de la précarisation. Un enchaînement de contrats courts est en effet souvent associé à une incertitude sur l'avenir et peut empêcher les personnes concernées de se projeter. À cela s'ajoute un certain nombre de difficultés supplémentaires, pour solliciter un prêt bancaire ou louer un logement. 

Si la très grande majorité des contrats signés sont des CDD et que leur durée moyenne tend à diminuer de façon notable, il faut toutefois remarquer qu'aujourd'hui en France près de 9 salariés sur 10 sont en CDI. Précisément, la Dares souligne que "88 % des salariés (hors intérim) sont en contrat à durée indéterminée". Cette proportion reste stable sur les dernière années. 

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