À Lourdes, des victimes de prêtres pédophiles demandent des "actes" forts

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PÉDOPHILIE - Des victimes de prêtres pédophiles ont été entendues à Lourdes ce samedi, en ouverture de la Conférence des Évêques de France. Une grande première, mais les victimes espèrent désormais des "actes".

Une grande première pour l'Eglise catholique... et pour ceux qui souffrent de son silence face aux actes de pédo-criminalité. Des victimes de prêtres pédophiles ont été entendues à Lourdes ce samedi. Près de 118 évêques ont pu les rencontrer en ouverture de la Conférence des évêques (CEF), qui se tient deux fois par an, pendant six jours, à Lourdes.

Un  moment "historique" pour l'une de ces victimes. Olivier Savignac s’est félicité auprès de l’AFP d’une "considération de la parole inédite", après sa rencontre avec les évêques. Car ce sujet a été le premier abordé à Lourdes. En petits groupes de travail, à huis clos, la journée s'est ensuite conclue par une conférence de presse commune. Parmi les sujets traités : les abus "spirituels", les cas de pédo-criminalité anciens ou prescrits et les aspects judiciaires ou canoniques de ces exactions. Une rencontre qui va aider les victimes à "aller de l'avant", espère l'une d’elles. 

L'Eglise en quête de crédibilité

Mais après avoir été entendu, les victimes attendent désormais "des actes" forts. Car, si les autorités ecclésiastiques ont promis la "tolérance zéro", dans les faits aucune nouvelle mesure concrète n’a été annoncée, hormis l’idée de renforcer la prévention, notamment au catéchisme. Une avancée soulignée par Monseigneur Luc Crépy. Selon ses dires, lors de la conférence de presse commune, tous les participants ont participé aux discussions. Même  les évêques accusés de non-dénonciation d'agressions pédophiles comme le cardinal Barbarin.

Alors, ces thématiques devraient être évoquées par parlement de la CEF jusqu’à la fin du séjour à Lourdes. Tout comme la possibilité de faire appel à un groupe d'experts indépendants, notamment composés d’historiens, pour étudier les cas d’abus sexuels au sein de l’Eglise, dans le passé. Une décision qui devra être soumise à un vote, mais qui est "incontournable" selon Olivier Savignac. Il rappelle à l'AFP que, selon lui, l’Eglise ne pourra pas échapper à ces réformes si elle veut rester "crédible".  

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Gagner en crédibilité. Une nécessité d'autant plus prégnante que la Conférence a été boudée par les représentants de La parole libérée. Cette association de victimes de prêtres pédophiles, véritable fer de lance des lanceurs d'alerte, a refusé de participer aux rencontres, dénonçant une "opération de communication". L’association a même lancé une pétition pour la réhabilitation du père Vignon. Ce prêtre, considéré comme un lanceur d’alerte au sein de l’Eglise, a appris qu’il était démis de ses fonctions de juge alors qu’il avait demandé la démission du Cardinal Barbarin. Un double discours que le principal intéressé avait jugé sur LCI être un "un message contradictoire".

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