La France accueille 28 femmes yézidies et leurs enfants, victimes des exactions de l'Etat Islamique

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HUMANITAIRE - Ce mercredi 22 mai, un avion en provenance d'Erbil s'est posé en France avec, à son bord, 28 femmes et leurs enfants yézidies, cette communauté martyre des terroristes islamistes de Daesh.

C'était un engagement d'Emmanuel Macron, au lendemain de sa rencontre avec Nadia Murad, la lauréate du Prix Nobel de la Paix 2018 et survivante des exactions de l'organisation terroriste Etat Islamique. En octobre dernier, le président de la République avait reçu Nadia Murad à l'Elysée et avait, dans la foulée, annoncé des initiatives en faveur de la population yézidie sous la forme notamment de "l'accueil de cent femmes yézidies, victimes de Daech, libérées mais actuellement bloquées et sans soins dans les camps de réfugiés du Kurdistan irakien. Vingt d'entre elles devraient être accueillies d'ici la fin de l'année et les autres en 2019". 


L'accueil des femmes issues de cette communauté se poursuit donc : ce mercredi 22 mai, un avion avec 28 femmes yézidies ainsi que leurs enfants, a décollé d'Erbil pour se poser sur le tarmac de l'aéroport de Toulouse-Blagnac. Ce rapatriement a été organisé par "l’Organisation internationale pour les migrations et financé par le ministère de l’Europe et des affaires étrangères", indique un communiqué du Quai d'Orsay. Au total, ils sont 132 yézidies à avoir quitté la capitale du Kurdistan irakien, ce mercredi 22 mai, a indiqué le directeur du Centre de Crise du Quai d'Orsay, Eric Chevallier, à l'AFP. 

Arrivées à Toulouse, les familles ont toutes été prises en charge, précise une source à l'Agence France Presse. Elles seront ensuite réparties "dans différents départements français (...) le pays leur assurant protection, sécurité, éducation, et accompagnement médico-social, précise cette même source". En décembre dernier, à quelques jours de Noël, 16 familles yézidies avaient été accueillies sur le sol français. En France, cette communauté représente environ 10.000 membres. 

Les femmes accueillie en France sont d'anciennes esclaves de l'EI ou des femmes ayant fui la guerre

D'après Erik Chevallier, deux catégories de femmes sont concernées par l'accueil de la France : celles qui ont été esclaves de l'EI et qui ont aujourd'hui "beaucoup de mal à se réintégrer dans la société yazidie", et celles qui ont dû fuir leur zone d'habitation lors de l'avancée de l'EI, perdant la plupart des hommes de leur entourage, et "qui sont très isolées avec leurs enfants". 


Des femmes possiblement en grande détresse psychologique et physiques. Parallèlement à cet accueil, Erik Chevallier précise que la France s'est engagée à développer des projets dans le Sinjar (...) pour permettre à ceux qui le peuvent et le souhaitent de revenir dans la zone. Parmi ces projets, la construction d'un hôpital. 

Les enfants nés de viol perpétrés par les djihadistes ne sont pas considérés comme membres de la communauté

Car sur place, après le martyr, vient la double peine pour ces femmes et certains de ces enfants. Dans cette communauté, où les hommes ont été tués, les enfants enrolés comme soldats de l'EI et les femmes enlevées et réduites à l'état d'esclaves sexuelles, les enfants nés des viols perpétrés par les djihadistes ne sont pas considérés comme des yézidies. 


Un sort qui suscite d'ailleurs un vif débat au sein de la communauté car sont considérés comme yézidies, les seuls enfants dont les deux parents le sont. Alors ce sont des dizaines de femmes yézidies qui ont dû choisir entre l'excommunication et l'abandon de leurs enfants. Sur les 550.000 yézidies que comptait la communauté en Irak, près de 100.000 ont quitté le pays et d'autres ont été déplacées au Kurdistan. 

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