VIDÉO - Grève contre la réforme des retraites : l'amertume des salariés obligés de reprendre le travail

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La réforme des retraites d'Emmanuel Macron

MOBILISATION - Alors que la grève entame son 44e jour de mobilisation, certains salariés mobilisés ont dû reprendre le travail. Entre amertume et déception, ils expliquent les raisons de la reprise de leur activité.

A mesure que la mobilisation de poursuit sans qu'elle ne fasse bouger le gouvernement, les chiffres s'érodent et certains des salariés mobilisés contre la réforme des retraites doivent retourner au travail. Nombre d'entre eux ont dû reprendre une activité, essentiellement par nécessité financière. Mais après des semaines de mobilisation, l'amertume et le ressentiment sont parfois présents. Souvent, ils ont repris le travail mais les négociations n'avancent pas aussi rapidement qu'espérées. 

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Les rapports entre les usagers et les agents RATP sont assez tendus- Jean-Philippe, agent RATP

Lisa, conductrice de bus à la RATP, a repris le travail mais non sans une pointe de déception. "Si j'avais les moyens, je serais avec eux, du premier jour jusqu'au dernier, même si ça doit durer six mois (...) On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a", dit-elle au micro de TF1.

En décembre dernier, le Premier ministre a notamment proposé à la PDG de la RATP, le maintien de la retraite actuelle pour tous les agents RATP partant avant 2037. Pour ceux qui partiront après 2037, un mode de calcul plus avantageux que celui prévu jusqu'à présent est sur la table. Reste que ces propositions ne convainquent pas. Ce n'est pas d'ailleurs pas l'avancée des négociations qui ont incité un autre employé interrogé par TF1 à mettre fin à la grève. "Ça commençait à faire juste financièrement". "Si cela ne tenait qu'à moi, j'aurais tenu encore six mois", précise-t-il. 

Jean-Philippe, chauffeur lui aussi, s'attend à avoir un salaire divisé par deux, ce mois-ci, après trois semaines de grève. Pour son retour au travail, il lui faudra "restaurer l'image de la RATP" et, pour le moment, c'est assez difficile. "Les rapports entre les usagers et les agents RATP sont assez tendus. Ça m'embête pour les gens, on les côtoie toute la journée et on va les côtoyer à nouveau le reste de l'année", explique cet agent. 

Continuer oui, mais comment ?

Mêmes sentiments mitigés à la SNCF, selon Guillaume, qui a repris le travail après 43 jours de mobilisation face à des collègues qui poursuivent la grève. "C'est compliqué (...) Le but c'est de continuer. On n'est pas tous d'accord sur les modalités et la façon de continuer", analyse le cheminot. En face, Fabien Villedieu, de SUD Rail, estime que certains vont poursuivre la grève reconductible, quand d'autres vont choisir "leurs temps forts". Et s'ils ont choisi de poursuivre le mouvement, c'est qu'il a été efficace. "Au bout de 44 jours, on a mobilisé pas mal de gens et surtout, on a fait reculer l'âge d'entrée dans le nouveau système de retraites", estime un gréviste. Ces salariés ne touchent pas d'argent lorsqu'ils font grève, mais des négociations devraient permettre d'étaler ces jours impayés sur plusieurs mois. 

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De son côté, Emmanuel Macron avait martelé, lors de ses vœux le 31 décembre dernier, que la réforme serait conduite à son terme. Ce projet du gouvernement vise à supprimer les 42 régimes existants privés, spéciaux, des fonctionnaires, notamment afin de créer un système de retraite universel par points. Pour certains salariés soumis à un régime de retraites particulier, des concessions ont été faites. 

C'est le cas notamment des policiers, des pilotes de lignes ou encore des marins et des danseurs de l'Opéra de Paris. Un coût qu'Olivia Grégoire, vice-présidente LaREM de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, avait estimé à "plusieurs milliards". 

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