"Acte 11" - Les Gilets jaunes changent de stratégie, pas les forces de l'ordre : à quoi faut-il s'attendre samedi ?

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MOBILISATION – De possibles nocturnes à Paris comme à Bordeaux, sont attendues pour ce onzième week-end de mobilisation des Gilets jaunes. Encore une fois, les trois grandes figures, Éric Drouet, Maxime Nicolle et Priscillia Ludosky devraient défiler dans des cortèges distincts.

La mobilisation continue pour les Gilets jaunes. Ils étaient encore 84.000 à manifester partout en France la semaine dernière, selon les chiffres communiqués par le ministère de l'Intérieur. Un chiffre équivalent à celui du neuvième "acte". Alors combien seront-ils ce samedi 26 janvier ? Et où seront-ils ? On fait le point sur ce qui est prévu. 

"Première nocturne" à Paris

Sur Facebook, un événement créé par le groupe "Nuit Jaune", mais relayé par Éric Drouet, propose une "première nocturne", à Paris. Les organisateurs désirent créer un lieu pour une "expression citoyenne sans violence". "Cette nocturne ne sera pas violente et menaçante, elle sera citoyenne et pacifiste." Et d'ajouter qu’elle servira à "débattre, échanger et revendiquer nos véritables doléances." Un vocabulaire qui rappelle celui du mouvement Nuit debout, qui avait débuté dans la capitale en mars 2016 à la suite des premières manifestations contre la Loi Travail. Une ressemblance poussée à son paroxysme : cet onzième "acte" devrait avoir lieu sur la place de la République et l’image d'illustration a été prise à cette occasion. 

Éric Drouet a fait savoir qu’il était intéressé par l’initiative, car "le ressenti dans les commentaires, c’est que les manifestations en journée, c’est bien, mais pour la plupart des gens ce n’est pas comme ça que les choses vont bouger." Celui qui est à l’origine de la première mobilisation à Paris considère cependant qu’il faut continuer à déclarer les cortèges pour "les plus faibles" qui "ne voudront pas descendre [dans la rue] s’ils ne se sentent pas en sécurité". Il relève aussi un autre avantage dans un direct du 21 janvier visionné quelques 121.000 fois  : "Au moins ça fait le nombre". 


Mais parallèlement, le routier a lui-même lancé un sondage sur "La France en colère !!!" parce que "les gens veulent mettre un bon coup". Résultat : les membres de son groupe désirent une manifestation de 48 heures. Il faudrait donc s’attendre à une mobilisation tardive dans la capitale. Une publication sur Facebook, scandant "À partir de l’acte 11, stratégie de l’épuisement !", réunissait 5300 "likes" jeudi après-midi.

Comme tous les samedis plusieurs autres lieux de rassemblement sont prévus dans la capitale l'après-midi. Une marche a été déclarée à la préfecture, reliant les Champs-Élysées et la Bastille en passant par l'Assemblée nationale et Bercy. Une autre, relayée par Éric Drouet, devrait ressembler au cortège de la semaine dernière. Un rassemblement est prévu à partir de onze depuis le Cours de Vincennes, avant un départ à midi pour la place de la Bastille, en passant par les grands boulevards et la rue de Rivoli. Sur la page de l’événement, les organisateurs critiquent la "violence social" qui "vient d’en haut" et promettent une "petite surprise à Benjamin Griveaux".


Enfin, une dernière, à l’initiative de "La France en colère" de Priscillia Ludosky et Maxime Nicolle, propose un  rassemblement devant le ministère des Outre-Mer. L’événement en hommage aux "territoires éloignés", ne réunit cependant pour le moment pas grand monde. Derrière cette initiative se trouve probablement celle qui a lancé la première pétition contre la hausse du carburant, qui partage des informations sur les Dom-Tom depuis quelques semaines sur sa page personnelle.  

Maxime Nicolle continue son tour de France

Malgré le titre de l’événement parisien, ce n’est pas réellement la "première" nocturne. La semaine dernière, Maxime Nicolle avait lancé l’idée à Toulouse, lui qui préconise de se rendre en région pour montrer l'ampleur du mouvement. Une stratégie  qu’il avait justifiée dans un direct : "Rester la nuit du samedi pour fatiguer les forces de l'ordre jusqu'au bout." Mais dans son live du 23 janvier, celui qu’on surnomme Fly Rider n’a pas expliqué s’il comptait perpétuer l’expérience. Il a uniquement fait savoir qu’il se rendrait à Bordeaux, où l’événement "Acte 11 : Bordeaux : Nocturne chez Juppé" a été créé. Pour le moment, seules 511 personnes ont dit vouloir y participer. Le compteur pourrait rapidement exploser : la semaine dernière, c’est dans le cortège de cette figure très appréciée des Gilets jaunes qu’on comptait le plus de personnes, avec plus de 10.000 manifestants. 

Une chaîne humaine à travers la France

Un événement, prévu dimanche, demandant une chaîne humaine à travers la France a été créé il y a déjà plusieurs semaines. Si l’idée pouvait paraître farfelue à ses débuts, elle est peu à peu devenue sérieuse. Et relayée par Éric Drouet.  Question élaboration, les organisateurs expliquent simplement : "Merci de regarder votre carte de France et voir quelle ligne est la plus près de vous et  contacter votre référent de ligne pour les modalités."


Dès 9h, celle-ci devrait partir de plusieurs villes de France pour converger à Versailles. Dans plusieurs régions, l'appel a été entendu, au niveau local ou régional, comme à Montpellier ou en Bretagne. Sur Facebook, la "chaîne humaine traversant la France" comptabilise 3800 participants pour 10.000 intéressés.

Ailleurs en région, des cortèges devraient traverser les grandes villes de France, comme chaque semaine, notamment à Toulon, à Rennes ou à Marseille. À Bordeaux comme à Toulouse, où la mobilisation continue à battre son plein à chaque "acte", les mairies redoutent des débordements après les violences des dernières semaines.

Forces de l’ordre

Les forces de l’ordre seront très mobilisées pour cet onzième "acte". Lors d’une conférence de presse, le Secrétaire d’état auprès du ministère de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a expliqué que la contestation nécessiterait "encore une fois un engagement très intense" de leur part.

 

Nouveauté cependant, les forces de sécurité qui utilisent des lanceurs de balles de défense (LBD) seront équipées de caméras-piétons. Selon Christophe Castaner, ces outils devront être "systématiquement" activés "en conditions normales" mais pas "en cas d'agression" des manifestants envers les forces de l'ordre. 

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