"Acte 17" des Gilets jaunes : "sit-in géant" à Paris, Gilets verts... En mars, la mobilisation se renouvelle

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ILS NE RENONCENT PAS - Confrontés à une baisse de mobilisation, les Gilets jaunes s’apprêtent à lancer de nouvelles formes de contestation ce mois de mars, à commencer par un sit-in de trois jours démarré ce vendredi dans la capitale.

Les Gilets jaunes vont-ils "éclore" ou "faner" au printemps ? Confrontés à une baisse de la mobilisation par rapport au 17 novembre les figures du mouvement ont annoncé plusieurs événements pour répondre à une demande de retour aux blocages. Une nouvelle forme de contestation qui va débuter ce week-end dans la capitale notamment avec un sit-in dans Paris et un rapprochement avec des groupes d’actions écologistes.

 

"Le Printemps arrive, les fleurs vont éclore", avait promis Maxime Nicolle lors de l'un de ses directs sur Facebook. Il tient sa parole et sera ce week-end dans la capitale, sur le Champs de Mars. Un "acte 17" qui s’étalera sur trois jours et qui doit lancer cette nouvelle stratégie printanière. 

Du 8 au 10 mars : un sit-in "non violent"

Le week-end du 8 au 10 mars, une action "non-violente" est prévue "au cœur de Paris", sous la forme d’un sit-in. Face aux manifestants qui demandent un retour aux premières formes de lutte, celle qui est à l’initiative de la première pétition a ainsi expliqué lundi 25 février vouloir "amener les ronds-points" dans la capitale. Ajoutant, d’une voix assurée : "Et y camper. Et rester sur place". Alors que le lieu était resté secret, Priscillia Ludoksy a diffusé un appel sur Facebook à "assiéger le Champs de Mars" jusqu'à "obtention des revendications". L'auto-entrepreneuse a assuré que l’organisation sera millimétrée. Des bus, covoiturages et autres transports sont "prévus" pour "monter dès vendredi", selon elle. Et "la préfecture sera avisée assez tôt pour mettre en place le dispositif de sécurité".  Sur Facebook, l'événement principal comptabilise 1300 participants et plus de 6500 "intéressé(e)s".

Le collectif des "femmes Gilets jaunes" a fait savoir qu’une manifestation aura lieu le même jour en association avec le collectif féministe du 8 mars, en hommage à la journée internationale des droits des Femmes. Le groupe femme Gilets jaunes, menée notamment par Sophie Tissier, a appelé à une "convergence des luttes" avec le mouvement "Nous Toutes", rappelant ce lundi lors d’une séance de questions réponses que 27 femmes étaient décédées sous les coups d’un homme depuis le début d’année.

Pour la journée de samedi, des restrictions de circulation sont prévues aux alentours des institutions, notamment autour de l'Elysée et du ministère de l'Intérieur, au niveau de la partie basse de l'avenue des Champs-Elysées, où un périmètre d'isolement est mis en place à partir de 9h. Même chose dans le quartier de Matignon, où la préfecture pourrait également restreindre les accès. 

De multiples soutiens et une convergence des luttes

Autre nouveauté : des Gilets verts. Les groupes écologistes Alternatiba et ANV COP21, eux aussi présents lors de la conférence de presse qui se tenait dans le 13ème arrondissement parisien, ont appelé à se "joindre aux actions des Gilets jaunes". Pour Pauline Boyer, l’une des représentantes de ce mouvement vert, il ne faut plus opposer la contestation née le 17 novembre à  la lutte pour l’environnement. "Les classes les plus modestes seront les premières victimes du dérèglement climatique." Seront aussi présents les administrateurs de la plateforme du Vrai débat, qui propose une alternative au Grand débat national. Une première pour ce groupe du Vaucluse qui compte "signifier" aux représentants politiques qu’ils sont en possession "des opinions citoyennes". "Nous détenons le plus grand sondage d’opinion jamais réalisé en France", a ainsi estimé lundi Maxime Souque, l’un des administrateurs de cette consultation qui comptabilise 112.000 contributions et plus d’un million de votes selon les derniers chiffres. 

Maxime Nicolle,  absent lors de la conférence, a rappelé dans un "live" Facebook ce mercredi qu’il sera dans la capitale. Pour celui qui s’est fait connaître sous le pseudo Fly Rider, cette nouvelle forme de contestation est essentielle pour rappeler les raisons pour lesquelles le mouvement est né, il y a déjà plus de cent jours. "On est dans les rues parce qu’il y a des gens qui crèvent la dalle, des gens qui se suicident, voilà est où le problème. (...) On veut que les gens puissent bouffer, on veut que les gens puissent vivre dignement, peu importe leur origine, peu importe leur couleur de peau, peu importe leur croyance. On veut vivre normalement."


Éric Drouet n’était pas non plus sur place, mais Jérôme Rodrigues, qui fait partie de son entourage, était dans l’assemblée. Il pourrait donc aussi faire partie du sit-in. Dans un "live" sur Youtube le 24 janvier, Éric Drouet estimait d’ailleurs qu’un "gros mois de mars" était prévu. 

15 et 16 mars : Gilets jaunes et verts

Pour la première fois, Priscillia Ludosky a pris la parole avec des groupes écologistes. Plusieurs actions communes ont lieu depuis le 27 décembre, comme le blocage d’un entrepôt Amazon. Cette fois-ci l’alliance  jaune-vert semble plus affirmée. "Il faut une nouvelle fiscalité qui taxe les pollueurs et protège les ménages modestes", a-t-elle ainsi estimé. C’est pourquoi les Gilets jaunes, ou du moins ceux qui la soutiennent, devraient s’associer à la journée Youth for Climate. Cet événement, organisé par des étudiants, prévoit une grève mondiale pour alerter sur les enjeux climatiques et demander une réponse politique à la hauteur. Cette initiative compte ce mardi 1500 participants sur Facebook et plus de 11.000 intéressés.

Une union jaune et verte qui se reproduira dès le lendemain. Des associations écologistes, dont Alternatiba, ont ainsi prévu un "Printemps climatique et sociale". Les organisateurs prédisent, avec une certaine emphase, déjà qu'il sera "le plus grand rassemblement de l'Histoire pour la justice climatique". Une double revendication qui a séduit Priscillia Ludosky qui appelle encore une fois à se joindre aux rangs verts. Et qui a tout à y gagner puisque l’événement sur Facebook bat des records avec plus de 10.000 participants et 92.000 intéressé(e)s.


Cependant, la question de verdir le gilet jaune divise. Éric Drouet n’a par exemple pas relayé cet appel. Au contraire, il a partagé une autre initiative pour "un nouveau 17 novembre" afin de fêter les quatre mois de la contestation. Un événement est déjà organisé. Intitulé "acte 18", il lance un "ultimatum". "Nous lançons un ultimatum au président Macron et au gouvernement, nous voulons que nos revendications soient respectées, nous appelons toute la France à monter sur Paris." Sur Facebook, cette initiative bat des records de participation. Pour le moment, ce jeudi, 44000 personnes disent y participer quand 14.000 sont intéressées. Dans un "live" ce lundi 4 mars, celui qui est à l'initiative du premier "acte" est très optimiste. "Je pense , vu les discussions que j’ai eues avec les personnes sur le terrain, que ce sera l’une des dates les plus importantes depuis le 17 novembre". Et de donner des consignes : ne pas emprunter les péages proches de Paris, ne pas "arborer le gilet jaune" et "réfléchir" à une façon de justifier le déplacement. Car, selon lui, "ils vont tout faire pour éviter que le plus grand monde rejoigne Paris". 

"On se souviendra du mois de mars"

Priscillia Ludosky, connue et appréciée pour tenter d’unir les forces, a partagé une vidéo qui fait le tour des groupes Facebook, et qui a notamment été relayé par Maxime Nicolle. Intitulée "appel à tous les citoyens", elle condense des extraits de manifestations passées et estime que "après avoir manifesté dans toutes les villes de France", Paris "appelle" les Gilets jaunes. "Assiéger Paris à partir du 8 mars. Là où tout se décide nous allons nous faire entendre et converger pour triompher." Cet "appel national du 8 mars jusqu’au 16 mars" bat des records d’audience avec plus de 116.000 vues en 48 heures.

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