Champs-Elysées saccagés : Anne Hidalgo en colère, Wauquiez estime "qu'on a laissé les violences dégénérer"

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A QUI LA FAUTE ? Au lendemain d'un "acte 18" des Gilets jaunes marqué par des violences et des scènes de chaos d'une ampleur inédite sur les Champs-Elysées, la mairie de Paris réclame des comptes. L'opposition, elle, tire à boulets rouges sur le gouvernement, le ministre de l'Intérieur et le président de la République.

Comment expliquer de telles violences et surtout, à qui la faute ? Alors que les Champs-Elysées se réveillent avec la gueule de bois et des dizaines de vitrines saccagées, le gouvernement est sous le feu des critiques à droite comme à gauche. Les Gilets jaunes espéraient un regain de mobilisation et avaient annoncé que cet "acte 18" allait être crucial, après des week-ends en demi-teinte. Il fut surtout l'objet de scène de de chaos en raison de la présence de 1500 "ultra-violents".  

La colère d'Anne Hidalgo

"Hier a probablement été la journée la plus volumineuse en terme de dégâts, estime la mairie de Paris. "Tous les magasins des Champs-Elysées ont été cassés."  La maire PS de la capitale Anne Hidalgo a condamné "avec la plus grande fermeté" ces "insupportables exactions" et a demandé à être reçue par le Premier ministre "afin d'évoquer avec lui les mesures qu'il envisage de prendre pour sortir de la crise et protéger Paris". "Cette situation ne peut plus durer. Les Parisiennes et Parisiens ont droit à la sécurité. Les commerçants doivent pouvoir travailler sans avoir à craindre que leur commerce soit saccagé. J'appelle à ce que des solutions soient rapidement trouvées en faveur d'un retour au calme", a écrit la maire de Paris, sur Twitter. 

"Tout le monde savait qu'un regain de mobilisation était à craindre. Pourquoi le système a-t-il à ce point dysfonctionné ?", s'est interrogé sur LCI le premier adjoint à la mairie de Paris Emmanuel Grégoire.  

En vidéo

La colère de la mairie de Paris après le saccage des Champs-Elysées

Pour Wauquiez, "on a laissé les violences dégénérer"

Chez les Républicains et au Rassemblement national, on accuse le Gouvernement et on appelle ce dernier à réagir. Le chef de file des Républicains, Laurent Wauquiez estime qu'"on a laissé les violences dégénérer" au cœur de Paris. 

François-Xavier Bellamy, tête de liste des Républicains aux Européennes, a appelé de son côté, à "mettre fin à l'impuissance de l'Etat" accusant le Gouvernement d'être "le seul responsable de cette défaite de la force publique". 

Eric Ciotti estime quant à lui que le Gouvernement est incapable de faire cesser ces violences. 

"Personne ne peut croire que les moyens nécessaires à la sécurité ont été mis. Si la loi anticasseurs, votée au Parlement, n’était pas bloquée par Emmanuel Macron, on serait plus efficace!", a fait valoir le centriste (UDI) Jean-Christophe Lagarde. La chef du Rassemblement national, Marine Le Pen a condamné "les Black Blocs" qui "détruisent, brûlent, violentent toujours en toute impunité". 

Pour les Verts, "Castaner n'a pas le niveau"

Au PS, Olivier Faure estime que c'est la politique d'Emmanuel Macron qui a "exacerbé les tensions, qui a creusé les inégalités, qui a finalement mis le feu au poudre d'un mouvement qui aujourd'hui ne s’interrompt pas"

Du côté des Verts, Julien Bayou, porte-parole d'EELV a estimé  que "Christophe Castaner n'a pas le niveau pour ce poste. On a un problème Castaner, c'est tout simplement irresponsable et très dangereux d'attiser et de provoquer les 'gilets jaunes'". Sur Twitter, il écrit que le mouvement conserve une grande sympathie auprès des Français, malgré les violences. 

Au Gouvernement, on veut se montrer ferme

Du côté du Gouvernement, l'heure était à l'urgence, ce samedi soir. Emmanuel Macron est revenu à la hâte de son week-end au ski, pour assister à une cellule de crise interministérielle qui s'est tenue dans la soirée, place Beauvau. "Nous avons aujourd'hui des gens qui essayent par tous les moyens (...) d'abîmer la République pour casser, pour détruire au risque de tuer", a affirmé le chef de l'Etat. "Beaucoup de choses ont été faites depuis novembre mais très clairement la journée d'aujourd'hui montre que sur ces sujet-là et ces cas-là, nous n'y sommes pas", a-t-il admis. 

Edouard Philippe a réitéré "l'objectif de totale fermeté" du gouvernement contre "plusieurs milliers de personnes très déterminées, qui sont là pour créer le désordre". Des "professionnels de la casse et du désordre" pour Christophe Castaner. "Quelques démagos irresponsables", pour Richard Ferrand, président LREM de l'Assemblée nationale. Comme Edouard Philippe, il a dénoncé "ceux qui excusent ou qui encouragent" ces actes "inacceptables" s'en rendent "complices". 

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