Une date, un lieu, deux manifs : la difficile cohabitation des écologistes et des Foulards rouges dimanche à Paris

Une date, un lieu, deux manifs : la difficile cohabitation des écologistes et des Foulards rouges dimanche à Paris
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COLLISION - D'un côté, une journée d'actions et de débats pour le climat, de l'autre une marche pour s'opposer aux "violences" des Gilets jaunes. Mais pour ces deux manifestations, même date, même heure, même lieu : ce 21 janvier à 14h, place de la République à Paris. Si certains manifestants ne cachent pas leurs inquiétudes, les organisateurs se veulent sereins.

Sur la page Facebook de l'Agora pour le climat qui doit se tenir dimanche prochain, certains internautes s'inquiètent. "Comment ferez-vous pour cohabiter sans risque de provocations et de violence avec les Foulards rouges et leurs soutiens qui débuteront leur marche comme vous place de la République à la même heure et le même dimanche 27/1 ?", demande Jean-Pierre Milone. Chrial Perez, plus vindicatif, refuse d'être assimilé à "Macron et sa clique" : "Hors de question, ça va partir en cacahuète, j'annonce", dit-il.


Un même lieu pour deux événements bien distincts : une journée d'actions pour pousser le gouvernement à prendre des mesures pour lutter plus efficacement contre le réchauffement climatique et une "Marche républicaine contre les violences" en réponse au mouvement des Gilets jaunes. L'opération est plutôt délicate. D'un côté comme de l'autre, on soutient être le premier à avoir revendiqué le point de rendez-vous. 


La Marche Républicaine pour les Libertés est née de l'association de membres du groupe Facebook "Stop, ça suffit", et des Foulards rouges, deux regroupements citoyens opposés aux blocages et aux violences des Gilets jaunes. Théo Poulard, le représentant des Foulards rouges, a cependant émis une condition à cette union : que la marche soit apolitique. "On devait faire cette manifestation le 20 janvier à Paris, mais la préfecture de Paris nous a demandé de la repousser pour ne pas tomber le même jour que la Marche pour la vie", nous raconte-t-il. "Ce sont eux qui nous ont proposé la place de la République, parce que c'est facile à sécuriser, et la date du 27. Nous, à la base, on pensait reporter à plus tard."


"On a lancé notre événement début décembre dans la foulée de la Marche pour le climat du 8 décembre, qui avait rassemblé 25.000 personnes à Paris et qui avait terminé place de la République", rétorque Elodie Nace, une porte-parole de l'Agora pour le climat. Petits retards ? Couac à la préfecture ? Cette dernière doit se tourner vers les organisateurs prochainement, deux à trois jours avant l'événement - un délai habituel, mais qui laisse les deux camps dans l'expectative.

Écologistes et Foulards rouges se sont contactés pour dialoguer, mais aucune solution n'a été trouvée. Les organisateurs de l'Agora pour le Climat ne veulent rien lâcher. Parmi leurs arguments : leurs nombreuses animations déjà programmées dont un kiosque des sciences et des jeux-découverte pour les plus jeunes, et leur force de frappe (de 7000 à 30.000 participants et de 44.000 à 150.000 personnes intéressées selon les pages Facebook).


"Si jamais le rendez-vous des Foulards rouges est maintenu, ce sera un point de départ, ils ne resteront pas", relativise Elodie Nace. "Et puis, notre événement est apolitique et non-violent, donc si jamais ils veulent participer aux débats que l'on organise, ils sont les bienvenus." "Les Foulards rouges manifestent contre la violence, il serait malvenu de leur part de provoquer ou avoir des actes violents. Il n'y a donc aucun risque", rassure également un modérateur d'Unis pour le climat.


Du côté des Foulards rouges cependant, pas question de conserver un lieu commun : "On n’est pas contre la défense du climat mais on ne veut pas être mélangés et qu'on puisse nous accuser de récupération", lance Théo Poulard. D'autant plus "qu'ils ont invité des Gilets jaunes à venir", glisse le jeune boulanger. 

Le jeune homme attend dorénavant un retour de la préfecture : "Si on ne nous laisse pas le choix, on changera le lieu", assure-t-il. "L’essentiel c’est que ce soit sécurisé". 


De leur côté, des Gilets jaunes ont déjà fait part d'une contre-manifestation en réponse à la Marche républicaine, place de la Bastille.

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