Air France : "Le secteur aérien traverse une crise sans précédent, même le 11 septembre n'a rien à voir"

Air France : "Le secteur aérien traverse une crise sans précédent, même le 11 septembre n'a rien à voir"

INTERVIEW - Ces prochaines semaines, Air France pourrait subir un plan de restructuration lourd, avec près de 8.300 postes supprimés. Pour Alexandre de Juniac, l'ancien PDG de la compagnie, cette décision découle d'une crise "sans précédent" du secteur aérien.

Selon nos informations, Air France, durement touchée par la crise du Covid-19, chercherait à obtenir le départ d'environ 300 pilotes, 2.000 personnels de cabine et 6.000 personnels au sol, soit un total de 8.300 postes. Invité de LCI ce jeudi matin, Alexandre de Juniac, l'ancien PDG d’Air France-KLM -et qui, depuis 2016, est le directeur général de l’Association internationale du transport aérien (IATA), est revenu sur la crise terrible que traverse le secteur aérien en général et sur la situation d'Air France en particulier.

"Le secteur aérien traverse une crise sans précédent, même le 11 septembre, le SARS, la crise économique de 2008 n’avaient rien à voir avec ce que nous vivons aujourd’hui. En gros, 90% de la flotte de la plupart des compagnies est au sol, le trafic a chuté d’environ 80-90%, donc les avions n’ont pas volé pendant trois mois et les passagers ne sont plus là. Il n’y a plus de chiffre d’affaires, plus de revenus dans les compagnies et le retour à l’équilibre devrait prendre un certain temps", a indiqué Alexandre de Juniac.

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Le Maire ne souhaite pas de départs "contraints"

Avant d'ajouter : "Il n’est donc pas illogique que les compagnies s’adaptent et qu’elles soient malheureusement amenées à procéder à des restructurations importantes. La situation d’Air France n’est pas très différente de celles de la Luftansa, de la British Airways ou de compagnies américaines, canadiennes ou asiatiques. A notre grand regret, notre grand désespoir. Cela montre que le trafic n’a pas retrouvé et ne retrouvera pas avant un certain temps le niveau qu’il a connu auparavant, qui va permettre le plein emploi dans ces compagnies aériennes."

Dans le même temps, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a indiqué ce jeudi matin sur France Inter que le gouvernement ne souhaitait pas de départs forcés au sein de la compagnie aérienne. "Il y aura des ajustements nécessaires, mais je souhaite et je demande à Air France qu'il n'y ait pas de départs forcés. Je crois que c'est ça la ligne rouge importante, qu'il n'y ait pas de départs contraints. Je souhaite que ce soit moins de 8.000 postes bien entendu. Cela veut dire que je crois profondément dans l'avenir de notre compagnie aérienne", a-t-il déclaré.

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