La piste d'une baisse des allocations chômage des cadres se précise

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EMPLOI - Edouard Philippe a confirmé ce mardi l'intention du gouvernement de "revoir" les règles d'indemnisation "pour les salaires élevés", annonçant des décisions "au printemps". D'après "Les Echos", deux options seraient à l'étude : la mise en place de la dégressivité pour les allocations des hautes rémunérations et la baisse du plafond maximal des indemnités.

Après avoir repris en main la réforme de l'assurance-chômage, le gouvernement vise les cadres pour faire des économies. Ce mardi, à l'occasion d'une conférence de presse au côté de la ministre du Travail, le Premier ministre a déclaré qu'il fallait selon lui "revoir" les règles d'indemnisation "pour les salaires élevés", annonçant des décisions du gouvernement "au printemps" avant un décret "pendant l'été 2019". 

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Première solution, déjà évoquée en septembre 2018 : miser sur la dégressivité des allocations pour les hauts salaires. Sur le plateau de "L'Emission Politique" sur France 2, Edouard Philippe avait déclaré que cette diminution des allocations avec le temps pourrait "avoir du sens" pour "ceux qui ont des salaires très élevés" ou qui bénéficient d'une "très forte employabilité". D'après Les Echos, une seconde option serait sur la table : l'abaissement des plafonds d'indemnisation. Suite à l'arrêt des négociations entre les partenaires sociaux, le mercredi 20 février, l'exécutif doit désormais choisir entre ces modalités, décriées par les syndicats.

Economies et retour à l'emploi, les arguments de la dégressivité

Un système de dégressivité des allocations chômage ne serait pas inédit, l'Unedic l'ayant pratiqué pour toutes les catégories de salariés de 1986 à 2001, jusqu'à ce que le principe soit supprimé par la gauche. Sa remise en place pour les hauts salaires avait déjà été abordé en 2016, sous le quinquennat de François Hollande. Catégoriquement rejetée par la CFDT et la CFE-CGC, entre autres, cette solution pourrait néanmoins être imposée par l’exécutif suite à l'échec des récentes négociations entre syndicats et patronat. Au-delà des économies, le gouvernement avance un autre argument, celui du retour à l'emploi, en décourageant les cadres de profiter des allocations jusqu'à leur terme avant de se remettre sur le marché du travail. 

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Une baisse du plafond maximal envisagée en alternative

L'autre option envisagée pour réduire le déficit serait de plafonner différemment les allocations chômage. Actuellement, le plafond des allocations est fixé à 4 fois celui de la Sécurité sociale, soit 7700 euros par mois. Un des plafonnements les plus élevés de l'Union européenne, selon le gouvernement. L'objectif de l’exécutif serait d'abaisser ces indemnités maximales en ramenant par exemple le plafond à 3 fois celui de la Sécurité sociale, ce qui correspondrait à 5775 euros par mois pour les bénéficiaires et permettrait de dégager 137 millions d'euros d'économie par an, selon l'Unedic, cité par Les Echos. Un montant limité, le taux de chômage des cadres étant de 4%, contre 9% pour l'ensemble de la population.

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