Angers : un patient décède sur le parking d'une clinique après avoir tenté d'être pris en charge aux urgences

Angers : un patient décède sur le parking d'une clinique après avoir tenté d'être pris en charge aux urgences
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DRAME - Ce samedi 15 juin, un patient est décédé sur le parking de la clinique d'Anjou, à Angers, après s'être d'abord rendu aux urgences du CHU. Une enquête a été ouverte, a annoncé le procureur de la République, tandis que les syndicats pointent le manque d'effectifs.

Un drame qui relance le débat sur le manque de moyens des services d'urgences. Ce samedi 15 juin, un patient de 49 ans s'est présenté en début de soirée aux urgences du CHU d'Angers pour des douleurs thoraciques. Il est enregistré par un agent d'accueil, mais n'a pas été pris en charge tout de suite, une infirmière était alors occupée avec un autre patient dont l'état nécessitait une prise en charge rapide. 

La personne accompagnant le patient décide alors de se rendre dans un autre établissement, la clinique d'Anjou, à une vingtaine de minutes en voiture du CHU. L'homme est décédé sur le parking de la clinique avant d'avoir pu être pris en charge. Alors qu'une source avait affirmé à LCI qu'une plainte avait été déposée par la famille contre l'hôpital auprès du procureur de la République d'Angers, cette information a été infirmée mardi après-midi. "Nous avons été en contact avec la famille, il n'y a pas eu de dépôt de plainte", a indiqué à LCI une porte-parole du CHU.

"A ce stade, il n'y a aucune suspicion qui permette de penser qu'il y a eu dysfonctionnement au niveau des urgences", avait déclaré plus tôt le procureur à un correspondant de l'AFP.

Une enquête en recherche des causes de la mort a été ouverte par le parquet après un signalement du médecin urgentiste de la clinique de l'Anjou qui a signé le certificat de décès samedi à 20h40. Une autopsie a eu lieu ce lundi 17 juin à Nantes mais les résultats ne sont pas encore connus, selon le parquet.

Un manque de personnel ?

La direction du CHU indique pour sa part que le patient "a pris la décision de partir une dizaine de minutes après son arrivée". "Il ne présentait pas de signes cliniques qui pouvaient s'apparenter à une situation d'urgence vitale. "Il n'y avait pas de signe clinique : la personne était debout et n'était pas en sueur", a-t-elle précisé. "Si ça avait été une urgence de niveau 1, elle aurait été prise en charge immédiatement", a assuré le CHU. Le soir-là, la durée moyenne de prise en charge était de dix minutes", dit-elle. Et de préciser qu'une "seconde infirmière était bien en poste mais dans une autre unité car l'activité des urgences était modérée à cet instant". 

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Les syndicats eux, expliquent que c'est l'absence d'une infirmière d'accueil disponible qui a incité le patient à se diriger vers la clinique d'Anjou. "Il n'y avait pas deux infirmières à ce moment-là, celle absente avait été remplacée, oui, mais pas sur la totalité de sa garde", indique Christian Lemaire, cosecrétaire SUD section santé du CHU. Dans un communiqué, le syndicat pointe la responsabilité "du manque d'effectifs dénoncé depuis de nombreux mois". "L'infirmière remplaçante a terminé sa journée de 12h, sa collègue s'est retrouvée seule à l'accueil jusqu'à 21h20, alors que l'organisation de travail prévoit normalement 2 infirmières d'accueil et un aide-soignant sur l'équipe du soir", toujours selon le communiqué. 

Un droit d'alerte a été déposé ce lundi 17 juin, par les syndicats SUD, FO, CGT, au CHSCT. 

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