Transport routier : pourquoi FO et la CGT appellent-elles à la grève à partir de dimanche soir ?

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GRÈVE - Les fédérations CGT et FO du transport routier appellent à la grève à partir de dimanche soir afin de défendre le pouvoir d'achat, comme les Gilets jaunes depuis plusieurs semaines, mais aussi pour contester une décision du Conseil d’Etat spécifique au secteur. On fait le point.

Après les Gilets jaunes, le transport routier ? Les fédérations CGT et FO du secteur ont appelé à la grève à partir de ce dimanche soir, à partir de 22H et pour une durée indéterminée afin, dans la lignée des Gilets jaunes, de défendre le pouvoir d'achat, qualifiant  de "miettes" les mesures annoncées mardi par le Premier ministre. 


Mais ce n’est pas tout. Les deux syndicats sont par ailleurs mécontents d'une récente décision du Conseil d'État qui a annulé les dispositions d'un décret de 2016 fixant des majorations de 25% et 50% aux heures supplémentaires des chauffeurs routiers et réclament "une réunion en urgence" au ministère des Transports.

"Une grève qui n’a aucune raison d’être"

"Ni le courrier reçu ce jour de madame la ministre Elisabeth Borne, ni les explications du conseiller social du ministère, ne nous ont convaincu, bien au contraire !", écrivent les deux syndicats de concert dans un communiqué conjoint. "Nous sommes persuadés que depuis la décision du Conseil d'Etat le verrou des heures supplémentaires majorées a sauté pour le transport routier de marchandises."


Depuis le rendu de cette décision, la CGT estime qu'elle "risque d'avoir des répercussions négatives sur (le) pouvoir d'achat" des routiers. Lundi, elle avait appelé à des journées d'actions à partir du 14 décembre. Elle a donc accéléré son calendrier. La décision du Conseil d'Etat, ramenant à 10% les majorations des heures supplémentaires des routiers, leur ferait "perdre entre 300 et 1200 euros par mois", avait déclaré lundi à l'AFP Patrice Clos, secrétaire général de FO Transports et Logistique.


Le ministère des Transports n’a pas manqué de réagir immédiatement. "Les deux organisations syndicales concernées prennent un mauvais prétexte pour lancer un appel à une grève qui n'a aucune raison d'être."

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En début de semaine, le ministère avait par ailleurs affirmé à l'AFP que cette décision, datée du 28 novembre et annulant un décret du 17 novembre 2016, "n'aura aucune conséquence et ne change rien en pratique". "Elle était attendue pour des raisons juridiques et avait été parfaitement anticipée par le gouvernement."


"Un article du projet de loi d'orientation des mobilités (article numéro 42), qui vient d'être présenté en Conseil des ministres, prévoit de sécuriser la primauté de l'accord de branche pour déterminer les taux de majoration des heures supplémentaires. Cela restera donc toujours l'accord de branche qui s'appliquera en la matière, aujourd'hui comme demain", explique le ministère.


C'est ce qu'a confirmé la ministre dans un courrier aux organisations patronales et syndicales du secteur en date du 4 décembre. Depuis le 20 novembre, FO transports, troisième organisation du secteur, soutient les Gilets jaunes. Le syndicat n'avait alors pas exclu la possibilité d'appeler à la grève.     


Le secteur, qui regroupe les chauffeurs routiers, les ambulanciers, les transporteurs de fonds ou les déménageurs, compte, selon FO, quelque 700.000 salariés. 

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