Assurance chômage : Edouard Philippe estime qu'il faut "revoir" les règles d'indemnisation "pour les salaires élevés"

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INDEMNISATION - Pour faire des économies sur l'assurance-chômage, le gouvernement d'Edouard Philippe envisage de "revoir" les règles d'indemnisation "pour les salaires élevés", autrement dit les cadres, en plafonnant davantage. Les décisions de l'exécutif seront arrêtées "au printemps" avec un décret "pendant l'été 2019".

Après avoir repris en main la réforme de l'assurance-chômage suite à l'échec des négociations entre partenaires sociaux, qui ont buté sur l'instauration d'un bonus-malus pour lutter contre l'abus des contrats courts, Edouard Philippe a confirmé ce mardi 26 février l'intention de l'exécutif de mettre les cadres à contribution pour faire des économies. Le gouvernement envisage ainsi de toucher aux indemnités perçues par les cadres en plafonnant davantage. 

Lors de sa prise de parole à Matignon, il a rappelé que "le marché (des cadres) est au plein emploi" alors que dans le même temps les règles de l'assurance-chômage indemnisent à un niveau "trois fois supérieur à ce qui se passe chez nos voisins" européens. Le chef du gouvernement a ainsi déclaré qu'il fallait "revoir" les règles d'indemnisation "pour les salaires élevés". 

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Assurance chômage : il faut "revoir" les règles d'indemnisation "pour les salaires élevés"

Le bonus-malus, "une solution sur la table"

Dans le même temps, Edouard Philippe a affirmé vouloir lutté contre le recours abusif aux contrats courts. Ainsi, le système de bonus-malus pour les entreprises est "une solution" qui est "sur la table" du gouvernement. "Personne ne nous a proposé à ce stade une meilleure solution que celle du bonus-malus", a-t-il expliqué, assurant vouloir refaire du CDI la norme à l'embauche. Cette mesure de modulation des cotisations chômage des entreprises en fonction de leur recours aux CDD, promesse de campagne du candidat Emmanuel Macron en 2017, est demandée par les syndicats mais vivement contestée par le patronat.

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Assurance chômage : le bonus-malus "est sur la table" du gouvernement

Le Premier ministre a enfin déclaré que les cas, minoritaires, dans lesquels il est plus rémunérateur d'être au chômage que de travailler devront être corrigés avec la réforme. En revanche, il a indiqué que son gouvernement ne se posait pas "la question de la gouvernance de l'Unédic", qui gère le régime d'assurance chômage de façon paritaire.

La concertation débutera cette semaine, a précisé Muriel Pénicaud, ministre du Travail, aux côtés d'Édouard Philippe lors de ce point presse. Elle sera "intense" et "approfondie", a-t-elle annoncé. Elle rencontrera "dans les jours qui viennent les leaders des organisations syndicales et patronales représentatives". Les décisions du gouvernement sur ce dossier seront arrêtées "au printemps" avant la publication d'un décret "pendant l'été 2019".

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