Autoroutes et Gilets jaunes : pourquoi tant de haine ?

Autoroutes et Gilets jaunes : pourquoi tant de haine ?

SOCIAL - La barrière de péage de Bandol, sur l'autoroute A50, a été incendiée au cours de la nuit de lundi à mardi. Il rejoint la liste de ces infrastructures dégradées depuis le début d'un mouvement qui se joue aussi sur les autoroutes.

De Perpignan à Orange en passant par La Ciotat, les péages sont dans le viseur de certains Gilets jaunes. Un peu moins de deux mois après le début de la fronde sociale, les autoroutes apparaissent comme les "victimes expiatoires" du mouvement. "Près de 250 sites ont ainsi été impactés quotidiennement par les actions des manifestants", a estimé dimanche le groupe de BTP et de concessions Vinci.

L'exploitant de la plupart des autoroutes du sud de la France a été le premier à évaluer le coût des dégradations, déplorant une facture de "plusieurs dizaines de millions d'euros". Si la Sanef - dont l'activité se concentre dans le nord et l'est de l'Hexagone – n'a pas encore donné d'estimation, on fait savoir que le montant sera "bien inférieur" à celui avancé par Vinci… mais se chiffrera néanmoins en millions. Même souci de temporisation à l'Asfa (Association des sociétés françaises d'autoroute), où on attend un retour à la normale avant l'élaboration d'un bilan économique. Les professionnels vont devoir s'armer de patience : si le mouvement reflux dans les rues et sur les ronds-points depuis plusieurs weekends, il semble s'intensifier sur les axes autoroutiers.

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Dernière cible en date ? La barrière de péage de Bandol, sur l'autoroute A50. Elle a été incendiée au cours de la nuit de lundi à mardi. Dix-sept personnes ont été interpellées et placées en garde à vue. Dans la nuit de dimanche à lundi, une cabine de péage est partie en fumée à Manosque (Alpes-de-Haute-Provence). Moins de deux heures plus tard, à 15km de là, à La Brillanne, toujours sur l’A51, plusieurs individus ont été interpellés alors qu'ils étaient en train de déposer des palettes sur les cabines du péage. Enfin, un peu plus loin, à Orange, vers 22h, une cabine a elle aussi été incendiée.

En tout état de cause, le coût du mouvement pour le secteur autoroutier est déjà pressenti comme exceptionnel. La ministre des transports Elisabeth Borne recevra mardi en fin d'après-midi des représentants des sociétés concessionnaires "pour faire un point de situation sur l'état des perturbations en cours, à quelques jours d'un week-end de grands départs, et les dégradations rencontrées sur le réseau", a indiqué un responsable au ministère des Transports, ajoutant que des représentants du ministère de l'Intérieur seront également présents. 

"Les péages gratuits, c'est un de nos meilleurs trucs"

Vinci n'a pas attendu l'issue de la réunion pour dévoiler ses pistes. La société a d'ores et déjà pris les devants et a fait savoir lundi que les automobilistes n'ayant pu payer les péages empruntés pendant la mobilisation des "gilets jaunes" devront régulariser leur situation. Et ce via un courrier postal envoyé aux automobilistes dont les plaques d'immatriculation ont été détectées à l'entrée et à la sortie des autoroutes gérées par le groupe. Les sociétés autoroutières semblent cependant démunies face au mouvement. Concrètement, si des Gilets jaunes pénètrent sur une autoroute, elles n'ont plus qu'à appeler les forces de l'ordre. "Nous sommes simplement le théâtre des manifestations!", a assuré il y a quelques jours une porte-parole de la Sanef. Les sociétés autoroutières ne peuvent donc rien faire si des manifestants décident de lever les barrières pour rendre le "péage gratuit". Et seuls les gendarmes pourront les rabaisser.

Du côté des Gilets jaunes, nul doute que ces factures n'entameront pas leur volonté de poursuivre le mouvement. Pour maintenir la pression, beaucoup veulent continuer les blocages, les actions coups de poing, et certains justifient la violence. "Les péages gratuits, c'est un de nos meilleurs trucs", a glissé à l'AFP l'un d'entre eux il y a quelques jours. "Les blocages, ça peut devenir exaspérant. Il faut garder les gens avec nous. Même si de toute façon, malheureusement, on va toujours emmerder des gens qui n'ont rien demandé".

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