L'association des interprètes afghans de l'armée française interpelle Emmanuel Macron

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SOCIÉTÉ - Dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron, l'association des interprètes afghans de l'Armée Française appelle le président à faciliter l'obtention d'un visa pour ces anciens combattants. Le cas de Basir Ibrahimi symbolise cette urgence, lui qui dort désormais dans la rue, sans visa, après s'être vu remettre une carte d'ancien combattant et un titre de reconnaissance de la nation après son travail en Afghanistan.

L’association des anciens interprètes de l’armée française a décidé d’adresser une lettre ouverte à Emmanuel Macron. Une missive pour lui rappeler l'un de ses engagements de campagne. A l'époque, il avait qualifié de "trahison" le comportement de la France à l'égard des Afghans qui ont travaillé pour l’armée française, allant jusqu’à comparer leur sort à celui des "harkis". Une nouvelle campagne de relocalisation est actuellement en cours au Pakistan pour délivrer des visas à certains anciens interprètes de l'armée française, mais certains, actuellement en France ou sur la route des réfugiés ne pourront en bénéficier. 

Alors, dans cette missive en forme d’appel désespéré à l’étude rapide de son cas, Caroline Decroix, présidente de cette association, s'adresse directement au chef de l'Etat. Et raconte par le menu "l'enfer" que vit Basir "depuis quatre ans", entre refus de se voir délivrer un visa, recours devant les tribunaux et statu quo du côté des ministères concernés. 

Le réexamen de sa situation toujours en attente

Si sa demande n’est pas étudiée, cette dernière entamera une grève de la faim en solidarité avec Basir qui dort aujourd’hui dans la rue, faute d’avoir obtenu ce qu’on lui avait promis au départ des troupes françaises d’Afghanistan en 2012 : un visa. Un précieux sésame pour lequel il se décide à prendre la route, après avoir reçu des menaces en Afghanistan, du fait de son ancien emploi, aux côtés des forces armées de la coalition. Après avoir reçu des menaces de mort, le 16 novembre 2015, il quitte son pays et sa jeune femme, puis prend la route des réfugiés : Pakistan, Iran, Turquie, Grèce, Macédoine, Croatie, Serbie, Autriche puis Allemagne. A son arrivée en Allemagne, ses empreintes sont relevées. Le début d’un long et douloureux processus administratif s’engage.

Il rejoint les Pays-Bas dans l’espoir de rallier la France. Sa procédure Dublin n’aboutit pas et sa demande d'asile dans le pays finit par être rejetée, une décision assortie d'un ordre d'expulsion, en mai 2017. Alors Basir reprend la route et arrive en France, en juillet de la même année. Il demande alors à pouvoir séjourner en France pour pouvoir déposer, en bonne et due forme, une demande d’asile auprès de l’Opra. Mais, deux mois plus tard, il se voit notifier sa remise aux autorités néerlandaises. Dans le même temps, il formule une demande de protection fonctionnelle auprès du ministère des Armées mais celle-ci demeure sans réponse. 

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En janvier 2018, il reçoit un arrêté d’assignation à résidence et est informé que la police va le conduire à l’aéroport de Roissy… Alors, il se cache. Six mois plus tard, le tribunal administratif de Nantes annule au titre de l’erreur manifeste d’appréciation le refus de visa qui lui a été opposé en 2015 dans le cadre du second processus de relocalisation. L'autorité judiciaire enjoint le réexamen de sa situation par le ministère de l’Intérieur dans un délai d’un mois. Cela ne sera jamais fait. Alors Basir attaque ce refus de protection fonctionnelle du ministère des Armées et, désormais, il attend toujours la décision du Conseil d’Etat qui devrait intervenir prochainement. En cause notamment : l'absence d'une clause de droit français dans son contrat d'engagement. 

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