"C'est choquant" : à Blanquefort, les 872 salariés de Ford écœurés par la fermeture du site

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"INJUSTICE", "TRISTESSE" - La semaine dernière, devant les sénateurs, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, s'était emporté contre le constructeur américain Ford à la suite de l'annonce de la fermeture de l'usine de Blanquefort. Du côté des salariés, l’écœurement est encore plus palpable alors qu'un projet de reprise présenté par le Belge Punch semblait à même de sauver le site girondin.

En rejetant la semaine dernière l'offre de reprise formulée par l'entreprise belge Punch pour son site industriel de Blanquefort, Ford a provoqué un tollé unanime contre lui. Le constructeur américain a notamment déclenché la colère de Bruno le Maire. "Je suis révolté, je suis écœuré, par cette décision qui ne se justifie que par la décision de Ford de faire monter son cours de Bourse, a ainsi scandé le le ministre de l'Économie et des Finances jeudi devant les sénateurs au palais du Luxembourg. Je veux dénoncer la lâcheté de Ford à qui je demande à parler depuis trois jours et qui n'a même pas eu le courage de prendre le ministre de l'Économie et des Finances au téléphone. Je veux dénoncer le mensonge de Ford qui dit, dans un communiqué, que l'offre de reprise n'est pas crédible alors que nous y travaillons depuis des mois..."

De l'énervementUn salarié de Ford Blanquefort

Évidemment, c'est peu de dire que l'incrédulité, le dégoût et l’écœurement sont les mêmes du côté des 872 salariés de l'usine girondine. Les mines sombres, les pas pesants, ils ont la sensation, eux aussi, d’avoir été trompés. Déboussolés, extrêmement déçus, beaucoup refusent de s'exprimer. "Venir et savoir que ça va s’arrêter, ça fait tout drôle alors que ça fait 34 ans que je suis ici, confie toutefois Albert Poisson, un ouvrier. "Il y a de l’énervement que la situation n’aboutisse pas alors que tout était fait pour ça se passe bien pour tout le monde", ajoute un autre salarié.

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Bruno Le Maire réagit sur Ford

Après avoir reçu pendant deux jours les explications de Ford, dont les dirigeants ne sont même pas venus en Gironde, préférant s'expliquer par vidéo-conférence..., les salariés craignent que la fermeture soit désormais inéluctable. Elle s'accompagnera de mesures de pré-retraite pour la moitié d'entre eux, les autres obtenant un plan d'accompagnement. "Une usine comme ça qui ferme, ça représente 872 salariés Ford mais aussi des emplois induits, précise Gilles Lambersend, secrétaire du comité d’entreprise. L’argument de Ford aujourd’hui, c’est de dire que le plan social qu’il propose est plus sécurisant qu’une éventuelle reprise de 400 personnes. Quand on entend ça, c’est choquant."

A tel point que cette décision de désengagement total prise par Ford incite certains syndicats à continuer d'y croire et à ne pas baisser les bras. "Tout le monde est bien déterminé à combattre Ford et à l’empêcher d’aller au bout, quitte à les attaquer au tribunal, explique Philippe Poutou, ex-candidat NPA à la présidentielle et délégué CGT Ford. L’objectif est d’empêcher la fermeture de cette usine, on est peut-être fou d’y croire." Dans les prochains jours, ce sont les services de l'État qui vont officiellement s'exprimer sur la légalité du plan Ford. S’ils le rejettent, le constructeur américain devra revoir sa copie.

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