Bonus-malus, chômage universel, dégressivité : Philippe résume les objectifs de la réforme de l'assurance-chômage

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ANNONCES - Le chef du gouvernement a confirmé cinq objectifs dans la réforme de l'assurance-chômage qu'il présentera, mardi 18 juin, avec Muriel Pénicaud. Au menu, bien peu de surprises, et pas de nouveaux dossiers qui fâchent.

Les annonces d'Edouard Philippe, mercredi 12 juin, auront apporté quelques précisions mais bien peu de surprises à ceux qui attendent des nouvelles au sujet de la réforme de l'assurance-chômage. Un calendrier, toutefois, a été dévoilé. Après des mois de débats impossibles avec les organisations syndicales et patronales, Edouard Philippe a fixé au 18 juin la présentation de cette nouvelle loi par Muriel Pénicaud et lui-même.

Fixés aussi, répétés, même, les objectifs attendus de cette réforme. En quelques minutes sur le sujet, le Premier ministre en aura cité cinq, tout en ménageant les partenaires sociaux remontés contre le gouvernement, "qui auront toute leur part" dans la mise en application des mesures "d'accompagnement des demandeurs d'emplois". Les deux premiers, fort médiatiques, avaient fait bondir d'une part, le patronat, d'autre part, les syndicats.

Contrats courts : un surplus de cotisations chômage pour les mauvais élèves

Pour les premiers, nulle surprise : "Mettre fin aux recours abusifs aux contrats courts", martèle le chef du gouvernement, qui rappelle aux entreprises la générosité de son administration au moment de la réforme du code du travail, à l'automne 2017. Il attend d'elles "une responsabilité accrue dans le recours aux contrats courts, qui empêchent les salariés de faire leur vie dans un minimum de sérénité". Dans le viseur : le monde de la restauration, de l'hôtellerie ou du bâtiment, qui s'acquitteront, dans des proportions inconnues, d'un surpaiement des cotisations assurance-chômage. Les meilleurs élèves bénéficieront quant à eux d'un bonus. Dans quelles proportions ? A quelles conditions ? Réponse le 18 juin pour cette proposition qui avait poussé le Medef à quitter la table des négociations.

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Autre point polémique, cette fois côté syndical, avec une volonté de la part du gouvernement de mettre fin aux situations "où le montant de l'allocation mensuelle du chômage est supérieur au salaire moyen perçu." Le Premier ministre a bien pris soin de préciser qu'"en général", le travail "paye plus que l'inactivité". Un recul symbolique par rapport  à la sortie polémique, début avril, de sa ministre du Travail, qui avait affirmé qu'un chômeur sur cinq [touchait] plus que son ancien salaire." Une exagération, comme LCI l'avait démontré à l'époque, puisqu'en réalité, cet écart favorable aux chômeurs concernés était largement compensé par la faiblesse de la durée d'indemnisation dont ils bénéficiaient. 

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Cette interprétation gouvernementale avait fait bondir les syndicats, parmi lesquels la CFDT, dont le numéro 1 Laurent Berger avait jugé qu'elle véhiculait l'idée que "les chômeurs profitent du système alors que la plupart ne choisissent pas quand ils travaillent".

Dégressivité pour les indemnités des plus hauts salaires

Autre annonce qui ne plaira pas aux syndicats, notamment à la CFE-CGC, qui a à coeur la défense des cadres : la dégressivité de l'assurance-chômage pour "pour les salariés qui touchent les salaires les plus élevés et qui peuvent retrouver du travail plus facilement que les autres." Une mesure portée depuis la fin de l'été 2018 au nom de la "justice sociale". Quels salaires seront visés ? Pour quelle durée ? Avec quelles conséquences ? La mesure a cela de controversé que, comme le rappelle François Hommeril, patron de la CFE-CGC, ce sont les cadres, avec leur très haut niveau de cotisation et leur faible propension au chômage, qui ont contribué à l'équilibre des comptes de l'assurance-chômage. 

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L'accompagnement après le durcissement

Quatrième objectif gouvernemental : renforcer l'accompagnement des chômeurs. Il faudra attendre le 18 juin pour avoir plus de détail sur ce dossier, dont Edouard Philippe renvoie d'ores et déjà la responsabilité aux partenaires sociaux. "Ils ont regretté de n'avoir pu contribuer à la construction de la réforme. Ils pourront y prendre leur part, en particulier dans les nouvelles mesures d'accompagnement." A défaut de précisions sur les mesures d'accompagnement, les travailleurs sans emploi sont, depuis le 1er janvier, soumis à des règles de surveillance plus drastiques : tenue d'un carnet de bord, suppression des allocations au bout de deux refus d'offre d'emploi dite "raisonnable", risques de radiation plus élevés... 

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Annoncé dans la presse ces derniers jours, l'allongement de la durée de travail nécessaire pour être éligible à l'assurance-chômage n'a toutefois pas été évoqué par le Premier ministre.

Enfin, très rapidement évoquée elle aussi, la mise en place d'une assurance-chômage universelle : "Cette réforme donnera accès à l’assurance-chômage aux démissionnaires et aux indépendants". Une ouverture qui est, elle aussi, soumise à conditions, ainsi que l'avait expliqué LCI au moment de sa première présentation.

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