Bridgestone, Nokia, Alinea... combien de plans sociaux en France depuis le Covid ?

Bridgestone, Nokia, Alinea... combien de plans sociaux en France depuis le Covid ?

CRISE AiGÜE - Il y a ceux qui font les unes des journaux, et il y a tous les autres. Des plans sociaux qui mis bout-à-bout sont en hausse de 60% d'une année sur l'autre. Mais tous ne sont pas la conséquence de la pandémie.

Les chiffres le confirment : la crise économique, conséquence de la crise sanitaire, est loin d'être terminée. Après une embellie au mois d'août, le nombre des plans de sauvegarde de l'emploi (PSE) est reparti à la hausse. 15 PSE la semaine du 1er juin, 10 la dernière semaine d'août, 30 pour la semaine du 7 septembre, pour un total de 394 plans depuis le 1er mars, contre 249 pour la même période de l'année dernière.

Au total, ces plans concernent 56.837 ruptures de contrats de travail, trois fois plus que pour la période de mars à septembre 2019. À ceux-là, il faut rajouter 3.200 licenciements collectifs pour motifs économiques. Et un peu comme pour les chiffres de l'économie, effet-retard aidant, la courbe devrait continuer sa progression.

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Durement touchés, le commerce, le tourisme, la restauration...

Sans grande surprise, les victimes les plus visibles de la crise sont celles que l'arrêt brutal de l'activité économique a mis sur pause, et qui peinent à profiter de la reprise depuis. Dans le lot, nombre d'enseignes dans l'habillement, l'ameublement. Licenciements en nombre également dans la restauration et plus largement dans tous les secteurs qui dépendent du tourisme, toutes les régions n'ayant pas profité de la reprise estivale, sans compter le tourisme d'affaire, presque à l'arrêt.

Surtout, on commence à assister à des plans sociaux en cascade, chez les fournisseurs d'entreprises elles-même victimes de la crise, on pense par exemple aux sous-traitants dans l'aéronautique, qui subissent le contrecoup du choc sans précédent que subit tout le secteur aérien. 

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Victimes de la crise, et "PSE alibis"

Selon Philippe Martinez, patron de la CGT, "les trois-quarts des restructurations" seraient sans rapport direct avec le Covid-19. Si les chiffres manquent pour étayer ces propos, on distingue bien trois catégories d'entreprises en crise, dont Bridgestone, Alinea, et Nokia sont d'ailleurs emblématiques. Pour Alinea, c'est le contrecoup du confinement pour une enseigne de vente de meubles qui a vu ses ventes mises à l'arrêt pendant de longs mois, comme Camaïeu, ou Naf-Naf par exemple. Bridgestone, c'est d'abord l'histoire d'une entreprise fragilisée avant même le Covid, dont la crise n'aurait fait que précipiter la trajectoire. 

Nokia, en revanche, ferait partie de ces PSE que la crise sanitaire n'explique pas. Comment en effet comprendre des effectifs divisés par deux, au moment même du lancement de la 5G, marché sur lequel Nokia est l'un des trois grands équipementiers. Un exemple de ce que syndicats et économistes appellent ces "PSE alibis", pour laquelle la crise a bon dos. Des PSE initiés dans l'espoir probable d'être moins visibles, vu la conjoncture.

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