Le suicide d'un éboueur, licencié pour avoir bu deux bières, provoque une grève

Le suicide d'un éboueur, licencié pour avoir bu deux bières, provoque une grève
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SOCIAL - Des salariés de la Coved (collecte de déchets) ont bloqué l'accès à deux sites près de Caen ce vendredi pour protester contre la dégradation de leurs conditions de travail, deux semaines après le suicide d'un salarié.

Le 5 juin dernier, Stéphano Patry, 46 ans, s'est donné la mort dans le garage de ses parents avec un fusil de chasse, en tenue de travail, sa lettre de licenciement, reçue la veille, à ses pieds. Son employeur, l'entreprise Coved, spécialisée dans la collecte des déchets, lui reprochait d'avoir consommé de la bière pendant ses heures de travail... En conséquence de quoi, vendredi 19 juin, des salariés de la Coved ont bloqué l'accès à deux centres de tri près de Caen pour protester contre la dégradation de leurs conditions de travail, deux semaines après le suicide de leur collègue.

"Le 15 mai à midi, il a bu deux bières à Courseulles-sur-Mer pendant sa collecte. Ça ne lui était jamais arrivé et c'était une tournée offerte par un riverain qui voulait remercier les éboueurs, 'héros du quotidien', pour leur travail pendant la crise du Covid", a expliqué à l'AFP Ahmed Benani, délégué CFDT. Son homologue de la CGT, Yannick Martin, en dit plus sur le difficile rapport entre salariés et direction : "On était une soixantaine ce (vendredi) matin. Le dialogue social avec l'entreprise, c'est la lettre recommandée. On a eu cinq démissions en cinq mois. Il y a des revendications sur les salaires, et le suicide de notre collègue nous fait encore plus nous mobiliser."

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De son côté, le directeur général de la Coved, Stéphane Leterrier, affirme avoir recensé "14 grévistes sur 45 salariés" et dénonce la présence de "personnes violentes". Pour lui, il s'agit d'un "mouvement de récupération indécent". "Nous avons plus de 120 sites et il n'y a pas eu de mouvement de grève ailleurs", a-t-il ajouté. Concernant le licenciement, il évoque une "tragédie pour la famille et les collègues" de Stéphano Patry. "Nous n'avons jamais eu de camion arrêté par la police pour troubles manifestes à l'ordre public" avant ce jour-là, a-t-il cependant souligné, précisant qu'il s'agissait "d'un chauffeur d'un poids lourd de 26 tonnes". Et niant farouchement la "version des deux bières".

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