"Changez d'attitude et accueillez nous pour discuter" : un collectif de Gilets jaunes adresse une lettre ouverte à Macron

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La colère des Gilets jaunes

COURRIER - Le collectif de Gilets jaunes La France en colère a publié ce jeudi soir sur Facebook une lettre ouverte à Emmanuel Macron. Il appelle le président de la République à entendre la colère des Français et à changer d'attitude. Il confirme également qu'un acte VIII se tiendra ce samedi 5 janvier à Paris.

Ils ont bien l'intention de continuer leur mouvement, voire de durcir leur action. Dans une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron, le collectif de Gilets jaunes La France en colère (22.000 adhérents sur Facebook) fait part de ses doléances au président de la République, tout en critiquant son action et sa gestion de la crise depuis ses débuts au mois de novembre dernier.

Les auteurs du courrier, notamment Priscillia Ludosky, débutent leur lettre en écrivant qu'ils ont pris "bonne note" des déclarations d'Emmanuel Macron les 10 et 31 décembre et souhaitent réagir. Alors que le chef de l'Etat avait avoué lors de ses vœux aux Français qu'il avait pu les blesser par ses paroles, ils confirment et embrayent sur les violences policières : "Oui, vous nous blessez en paroles et vous blessez le peuple physiquement en utilisant des armes de guerre sur les rassemblements de manifestations pacifiques des citoyens. La répression que vous menez sans aucune retenue sur l'ensemble des lanceurs d'alertes et des citoyens de ce pays est une déclaration de guerre sans cesse renouvelée." "Vos forces de l'ordre attaquent sauvagement le peuple (...) et tous les citoyens qui utilisent leur droit à manifester librement et pacifiquement. Vos bras armés défendent les intérêts personnels de votre couche sociale supérieure", peut-on lire un peu plus loin.

"Monsieur le président, ce mouvement que nous ne reconnaissez pas, ne vous en déplaise, s'étend et se renforce à mesure que vos concitoyens se font matraquer, gazer, enfermer à ciel ouvert pendant des heures, dans un non-respect incroyable des droits des citoyens", continuent les auteurs de cette lettre.

Soutien à Eric Drouet

Ils accusent également le pouvoir d'avoir procédé à des centaines d'interpellations les jours de manifestations, même si parmi eux se trouvaient de nombreux casseurs, extérieurs au mouvement des Gilets jaunes. "Pourquoi trouvez-vous nécessaire de placer préventivement en garde à vue des milliers de citoyens qui convergent vers Paris, capitale du monde libre et des droits à l'homme, dans le seul but de montrer leur désapprobation pacifique de votre politique ?", peut-on lire.

"Vous continuerez à restreindre les libertés individuelles au point d'arrêter quelques-uns qui se baladent dans les rues de votre capitale en portant des bougies ou pour la simple envie d'aller se restaurer entre amis ?", écrivent-ils encore, en faisant référence à l'interpellation d'Eric Drouet mercredi 2 janvier aux abords des Champs-Elysées.

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Plus loin, le collectif accuse le président de la République et les médias d'être de mèche. "Vous espérez une confiance démocratique dans la transparence des médias alors que vous utilisez à votre compte personnel tout l'arsenal médiatique que les membres de votre caste mettent à votre disposition pour asservir et maintenir le peuple dans l'ignorance et l'étroitesse d'esprit. Vous souhaitez 'écoute, dialogue, humilité, vous estimez que nous nous fourvoyons dans l'erreur' quand nous n'écoutons pas l'élite qui nous impose la pensée unique universelle et sans controverse ?"

Plus loin, ils demandent "la mise en place de médias vraiment indépendants qui nous fassent droit et reconnaissent enfin nos mobilisations et nos souffrances face aux outils répressifs et médiatiques que vous avez mis en place pour nous museler."

Des "mesurettes" insuffisantes

Ils critiquent ensuite les mesures qui ont été annoncées par le chef de l'Etat le 10 décembre dernier, parmi lesquels la défiscalisation des heures supplémentaires ou l'augmentation de la prime d'activité. "Les citoyens sont pacifiques et vous demandent des choses raisonnables et applicables sans délai depuis plusieurs semaines. Vous ne répondez pas et vous faites traîner les choses en proposant de fausses mesures, des mesurettes que le peuple de France refuse. Quand comprendrez-vous que vous et les vôtres n'êtes plus crédibles et que vous avez perdu la confiance de ceux qui ont pu croire en vous et en votre mouvement il y a maintenant 19 mois ?"

A propos du grand débat national qui va débuter dans quelques jours, on peut lire : "Nous le considérons comme un piège politique pour tenter de noyer le sujet qui vous terrifie : redonner la souveraineté au peuple de France par la mise en place du Référendum d'initiative citoyenne en toute matière, mais aussi dans la mise en place d'une baisse  significative de toutes les taxes et impôts sur les produits de première nécessité, et enfin, une baisse significative de toutes les rentes, salaires, privilèges et retraites courantes et futures des élus et hauts fonctionnaires d'Etat." 

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"Président Macron, entendez le peuple de France maintenant et peut-être que nous serons enclins à construire la France de demain avec vous. (...) Ne vous pensez pas au-dessus des lois et de la volonté du peuple de France", demande le collectif au président de la République. "Arrêtez de vous moquer ouvertement des citoyens qui portent en eux véritablement la question écologique et laissez donc les citoyens porter la grande marche pour le climat du 27 janvier prochain sans venir polluer cet événement avec une marche de soutien à votre personnelle grandeur", continuent-ils, en accusant le président de la République d'organiser lui-même un mouvement de soutien au gouvernement.

En conclusion, les Gilets jaunes écrivent : "Et non, malgré vos efforts, nous ne sommes pas résignés en effet, nous nous rejoignons, nous pouvons faire mieux et nous ferons mieux. Et oui, nous irons plus loin." Ils confirment d'ailleurs en tête de leur post qu'un acte VIII aura bien lieu samedi 5 décembre à Paris, et que cette lettre sera lue à 14 heures devant l'Hôtel de Ville.

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