"Pendez les Blancs" : la chanson du rappeur français Nick Conrad fait scandale

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POLÉMIQUE - Le clip du rappeur Nick Conrad, intitulé "Pendez les Blancs", suscite l'indignation après le ministre de l'Intérieur a condamné des "propos abjects" et des "attaques ignominieuses". Le parquet de Paris a ouvert une enquête, tandis que YouTube et Deezer ont annoncé avoir supprimé le morceau de leurs plateformes.

Avec ses 200 followers sur Twitter, Nick Conrad n’était pas vraiment un rappeur connu avant ce mercredi. Mais il devrait connaître son quart d'heure de "gloire" après la polémique qui entoure la sortie de son nouveau clip. Ce mercredi, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a réagi aux paroles de ce morceau et a condamné "sans réserve ces propos abjects et ces attaques ignominieuses". Le parquet de Paris a de son côté ouvert une enquête pour "provocation publique à la commission d'un crime ou d'un délit". 


En cause, son dernier clip "PLB" pour "Pendez les Blancs" dans lequel on voit deux hommes noirs enlever un homme blanc sur lequel il tire ensuite. Le tout s'enchaîne sur des paroles sans équivoque : "Je rentre dans des crèches, j'tue des bébés blancs / Attrapez-les vite et pendez leurs parents...", chante Nick Conrad. 

On voit ensuite l’homme blanc agonisant dans la rue à qui ils font mordre le trottoir avant de lui écraser la tête à coup de pied. Une scène qui rappelle celle du film American History X dans lequel deux néonazis font subir le même sort à une personne noire. Le clip se termine par une citation de Malcom X : "Le prix pour faire que les autres respectent vos droits humains est la mort". 

"Odieux appels à la haine"

La chanson est sortie depuis dix jours dans une relative indifférence. Mais Dieudonné a visiblement donné un coup de projecteur au rappeur à la notoriété confidentielle en postant il y a deux jours le clip sur sa page Facebook. 


Depuis, les réactions ont déferlé sur les réseaux sociaux. Marine Le Pen, Eric Ciotti, Jean-Luc Mélenchon et d'autres personnalités politiques ont vivement réagi ce mercredi sur Twitter. Jusqu'au porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux et au ministre de l'Intérieur qui s'est donc saisi du dossier : "Mes services œuvrent au retrait sans délai des contenus diffusés, a indiqué Gérard Collomb. Il appartiendra à l’autorité judiciaire de donner les suites appropriées à ces odieux appels à la haine". 

Le clip a depuis été supprimé de la chaîne YouTube. Deezer a également indiqué à l'AFP l'avoir supprimé de sa plateforme.

Le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT a de son côté indiqué qu’il avait signalé le "contenu au Procureur de Paris sur la base de l'art. 40 du code pénal pour incitation à la haine raciale"".  L'association contre le racisme, l'antisémitisme et les discriminations a de son côté dénoncé cet "appel au meurtre raciste". "La liberté de création, ce n'est pas la liberté d'appeler à pendre des Blancs à raison de la couleur de leur peau. La Licra saisit la justice et sa commission juridique", a-t-elle conclu, avant de s'étonner que la musique de ce rappeur parisien soit encore disponible sur les plateformes de streaming musical. 

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