Jets de menottes et brassards : les policiers manifestent à nouveau dans plusieurs villes de France

Jets de menottes et brassards : les policiers manifestent à nouveau dans plusieurs villes de France
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COLÈRE - Les policiers restent mobilisés, notamment devant la préfecture de police de Paris, ce mercredi, une semaine après des annonces contestées du ministre de l’Intérieur.

Ils ont le sentiment que leur profession est stigmatisée et qu'un climat de suspicion règne autour. Plusieurs centaines de policiers se sont de nouveau rassemblés ce mercredi à Paris, notamment devant la préfecture de police, où des menottes et des brassards ont symboliquement été déposés au sol.

C'est leur sixième jour de mobilisation et la colère ne retombe pas. Si certains confient qu'ils manquent de moyens, d'autres voudraient que la justice soit plus ferme lorsqu'un policier se fait agresser. Le malaise règne dans les rangs de forces de l'ordre où certains ont l'impression que leur fonction n'est plus respectée.

A l'origine de cette colère ? L'annonce, entre autres une semaine plus tôt, de l'abandon de la clé d'"étranglement" par Christophe Castaner, après un week-end de mobilisations contre les violences policières, qui avait provoqué la colère des syndicats et des agents sur le terrain.

200 policiers devant le Stade de France

Dans la nuit de mardi à mercredi, déjà, environ 200 policiers, en uniforme et en civil, se sont rassemblés devant des grilles du Stade de France à Saint-Denis dans un silence régulièrement troublé par les sirènes. Des dizaines de voitures de service étaient stationnées, gyrophares allumés.

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"Après Paris et la Défense, ce soir on est au Stade de France pour montrer qu'on a du cœur et qu'on aime notre République. On continuera tant que le président n'aura pas entendu notre appel à nous recevoir", a prévenu Stéphane Finance, du syndicat Alliance. Désignant ses collègues, il a ajouté: "Ce sont des policiers qui travaillent sur la voie publique et viennent de toute l'Ile-de-France. Des gens qui sont dehors quel que soit le temps, même le jour de Noël."

Une minutes de silence

A la mi-journée, vers 13h, à Bobigny, une centaine de policiers en uniforme et en civil s'étaient réunis devant le tribunal, où ils ont observé une minute de silence pour "les collègues blessés et morts en service" avant d'entonner la Marseillaise. Ils ont ensuite allumé les gyrophares et les sirènes de leurs voitures.

A la même heure, une centaine de fonctionnaires s'étaient aussi rassemblés à Mulhouse, devant le commissariat. Ils ont symboliquement jeté leurs menottes et ensuite allumé des fumigènes, aux couleurs nationales en chantant La Marseillaise.

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Les policiers maintiennent la pression avec une nouvelle journée de manifestation

"Notre ministre a annoncé la suppression de la clef d'étranglement qui aboutira sans aucun doute possible à de nombreux blessés supplémentaires dans nos rangs et à la suspension de policiers en cas de 'soupçon avéré' de racisme faisant de nous tous des sous-citoyens ne bénéficiant d'aucune présomption d'innocence !", a regretté Michel Corriaux, délégué syndical Alliance. 

"Ce discours a laissé place à la consternation au sein de notre institution! Après ces quelques mots, les forces de l’ordre se sont senties lâchées, abandonnées et je le dis avec force aujourd’hui : déshonorées sur l'autel politique! Pourtant qui était là pour faire face à Mohamed Merah ? Aux frères Kouachi ? Qui était présent au Bataclan et tant d'autres endroits ? Et qui sera toujours là pour faire face au terrorisme ! C'est la police !", a-t-il dit. Selon ce même syndicat, "180 collègues ont déposé en début d'après-midi les menottes devant le tribunal de Perpignan en signe de ras-le-bol, un malaise dans la police accentué par notre ministre".

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