Limité aux produits essentiels, Amazon pense à suspendre une partie de son activité

Limité aux produits essentiels, Amazon pense à suspendre une partie de son activité
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REVERS - Sommé par la justice mardi 14 avril de réduire ses livraisons aux seuls produits essentiels, la société Amazon France réfléchit dès lors à cesser l'activité de ses centres de distribution. Un revers pour le géant de la distribution en ligne, qui compte interjeter appel.

En première ligne de la crise sanitaire, il y a les soignants bien sur, les caissiers, les éboueurs, mais aussi les livreurs. Et ces derniers prennent des risques inconsidérés pour faire leur travail correctement alors que le virus circule toujours sur le territoire. C'est en tout cas ce qu'a considéré le tribunal judiciaire de Nanterre mardi 14 avril dans le dossier Amazon. Sommé de restreindre ses livraisons aux seuls produits considérés comme essentiels, le géant de la distribution en ligne compte interjeter appel mais réfléchit ce mercredi à "suspendre l'activité de (ses) centres de distribution en France". 

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Dans un communiqué, Amazon France assure continuer à poursuivre son activité, réduite donc pendant un mois, mais prend acte de la décision de justice, étant de droit exécutoire et donc non suspendue par l'appel : "Sans la possibilité d'exploiter nos centres de distribution en France, nous serions contraints de restreindre un service qui est devenu essentiel pour les millions de personnes à travers le pays qui souhaitent avoir accès aux produits dont elles ont besoin chez elles pendant cette crise". 

Selon les informations de Capital qui a pu consulter une note interne, Amazon France aurait déjà décidé de fermer ses entrepôts pendant cinq jours à compter du jeudi 16 avril, le temps de "mener à bien l'évaluation des risques inhérents à l'épidémie de COVID-19 et prendre les mesures nécessaires pour assurer la santé et la sécurité de ses salariés" 

1 million d'euro par jour et par infraction

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C'est que le tribunal de Nanterre a demandé à l'entreprise de se tenir aux envois de produits alimentaires, médicaux et d'hygiène, sous peine d'une amende d'un million d'euro par jour et par infraction constatée, tant que les risques sanitaires pour les employés n'auront pas été évalués. Une activité qui, de source syndicale à l'AFP, représentait depuis le début du confinement environ 10% des livraisons du géant. Dans son jugement, la justice a estimé qu'Amazon France avait "de façon évidente méconnu son obligation de sécurité et de prévention de la santé des salariés". 

La société, qui employait en février près de 6 500 salariés en CDI et 3 600 intérimaires dans ses six entrepôts français, a assuré avoir distribué des lingettes désinfectantes, du gel hydroalcoolique, ainsi que des masques et "mis en place des contrôles de température et des mesures de distanciation sociale" sur ses sites. 

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