Confinement : "Si les refuges ne rouvrent pas, des centaines d'animaux vont mourir"

Confinement : "Si les refuges ne rouvrent pas, des centaines d'animaux vont mourir"
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SOCIÉTÉ – Plusieurs associations de protection des animaux demandent aux autorités d'autoriser la réouverture de leur refuge afin que les personnes qui le souhaitent puissent procéder à des adoptions. Sans cela, un grand nombre de mammifères devront être euthanasiés.

"Pour nous, la situation est catastrophique. Plus aucun visiteur, plus aucune adoption, des autres laissés sur le bord de la route par peur du Covid-19, et l'idée que sans doute, tous ses animaux vont mourir à cause du manque de réactivité du gouvernement... Car c'est bien simple, si les refuges ne rouvrent pas, et vite, des centaines d'animaux vont mourir", se désole une bénévole d'un refuge de la SPA, contactée ce mercredi par LCI.

La société protectrice des animaux, comme d'autres associations qui viennent en aide aux mammifères et autres bêtes en tout genre, alertent depuis plusieurs jours déjà sur la situation dramatique que ceux-ci connaissent depuis le début du confinement. En effet, depuis la mi-mars, date du début de la mesure liée à la propagation du Covid-19, tous les refuges ont dû fermer leurs portes au public. 

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La SPA a demandé une dérogation

Ainsi, lundi dernier, la SPA a réclamé au gouvernement une dérogation pour que les gens puissent venir adopter les pensionnaires de ses 62 refuges, bientôt saturés.   

Après trois semaines de confinement, "on compte 5.000 animaux dans nos refuges pour une capacité de 6.800. Il nous reste 1.800 places ce qui correspond à 15 jours d'activité", alerte lundi Jacques-Charles Fombonne, le président de la SPA.  "Nous attendons toujours une instruction du ministère de l'Agriculture pour obtenir cette dérogation", a-t-il déploré auprès de l'AFP. "C'est une responsabilité d'Etat, un problème d'ordre public, de choix politique", estime-t-il.  "On ne prend pas la place des humains, ce n'est pas parce que l'on va sauver des animaux que l'on va condamner les hommes à ne pas être soignés", a-t-il insisté en rappelant qu"'il n'y a pas de risque de contamination entre les animaux et les hommes!".

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Un courrier et 36 personnalités mobilisées

Ce mercredi,  plusieurs associations des animaux (Ethics For Animals, le Collectif Chat 100 % Stérilisation Obligatoire regroupant 600 refuges et associations, le Collectif Pattes Mauves regroupant 69 associations…) ont suivi, en envoyant une lettre, demandant au président de la République, au ministre de l'Intérieur et au ministre de l'Agriculture d'autoriser la réouverture des refuges. La missive a été signée par 36 personnalités parmi lesquelles Marilou Berry, David Halliday,  Marina Hands, Jean-Marc Morandini, Michel Drucker. 

"Dans le cadre du confinement, la mesure consistant à interdire les adoptions d’animaux abandonnés pris en charge par les associations de protection animale, sonne le glas de la mission de ces associations, écrivent-elles. Les animaux, victimes collatérales de la pandémie, pourraient mourir par milliers, euthanasiés en masse, faute de pouvoir être confiés à des familles responsables, volontaires pour les accueillir, sélectionnées et suivies par les associations. Autoriser les adoptions c’est sauver des vies animales". 

Claude  qui a perdu son chien la semaine est aujourd'hui triste et désolé. "J'ai perdu mon petit chien qui était malade samedi dernier. Je vis seul, je suis confiné comme tout le monde. J'ai toujours dit que si j'en reprenais un ce serait dans un refuge. Là je ne peux pas. Pourtant, un compagnon me ferait du bien". Lui comme d'autres pousseraient sans doute la porte des refuges en ce moment si cela était possible. 

"Chaque jour, nous recevons des dizaines d'appels de personnes qui souhaitent adopter. Et on leur dit que c'est pas possible. Ça nous fend le cœur d'autant que ce ne serait pas compliqué de pouvoir leur dire oui, et sans prise de risque aucune", poursuit la bénévole de la SPA. 

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La SPA comme les autres associations rappellent par ailleurs à Emmanuel Macron, Christophe Castaner et Didier Guillaume que dans certains pays, notamment en Europe, les refuges ont rouvert. C'est le cas en Belgique, suivant un protocole rigoureux en phase avec les exigences sanitaires. 

"Les adoptions se font sur rendez-vous après un entretien téléphonique. Ils sont espacés d'au moins 1 heure et sont interdits aux personnes âgées de plus de 65 ans. Deux personnes sont présentes à cette occasion: un représentant du refuge et le futur adoptant. Elles sont séparées par une distance minimum d’1,5 mètre. Avant une mise en présence de ces deux personnes, obligation de se laver les mains et de mettre un masque", rappellent les associations. Toutes attendent une réponse au plus vite.

" Aujourd'hui nous allons tenter d'objectiver les choses. Nous ne savons pas au niveau national quelle est la situation réelle des refuges, s'il y a une réelle saturation. Des remontées doivent être aux préfets, quand elles arriveront à nous, nous amènerons des éléments de réponse, mais pas avant une semaine probablement", indique le ministère de l'Agriculture à LCI ce mercredi.

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