Console de jeux PS4 pour des détenus à la maison d’arrêt de Draguignan : un syndicat s'insurge

Console de jeux PS4 pour des détenus à la maison d’arrêt de Draguignan : un syndicat s'insurge

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POLÉMIQUE - Dans un communiqué, le syndicat FO de la maison d’arrêt de Draguignan, dans le Var s’insurge après l’annonce de la création d’une activité "jeux vidéo" pour certains détenus. Contactée, l’administration pénitentiaire nuance largement les propos du syndicat.

"Le SLP Force ouvrière de la Maison d’Arrêt de Draguignan a le plaisir de vous annoncer que le Père Noël passera avant l’heure au sein de notre établissement" : c’est par ces mots que le syndicat pénitentiaire FO a réagi à l’arrivée prochaine d’une console de jeux Playstation 4 au sein de cet établissement du Var, dans le cadre de la mise en place d'une activité "jeux vidéo".


"Ce type d’appareil n’a pas sa place en détention", s’indigne le syndicat, qui souligne dans un communiqué lundi l’accès à internet permis par la console, ainsi que son coût : "entre 300€ et 400 €, 1 seul jeu coûte 70€ et une simple manette coûtera 50€ l’unité". Et d’ajouter que "ces appareils seront financés par l’argent des contribuables".

Console VS fontaine à eau

Après l’installation d’un billard, cette PS4 ne passe pas auprès du syndicat : "Pendant l’été, la direction ne s’est pas autant préoccupée des conditions de travail de ses agents, il a fallu taper du poing sur la table pour avoir une simple fontaine à eau."


Contactée, la direction de l’administration pénitentiaire rétorque que ce rapprochement n’a pas lieu d’être : la (et non pas les) PS4 a été acquise par l’association socio-culturelle des détenus de la Maison d’arrêt de Draguignan. "Elle n’a donc pas été financée par l’administration pénitentiaire". 


Cette dernière insiste :  il n’y aura bien qu’une seule console, à laquelle auront accès certains détenus seulement, ceux du quartier de respect "qui doivent se soumettre à un cahier des charges strict". Par exemple, les détenus prêts "à se lever le matin pour participer au nettoyage des parties communes".

"Responsabiliser les détenus"

Par ailleurs, les sessions de jeux se feront dans le cadre d’une activité réglementée, avec une tranche horaire précise, et toujours encadrée. Pas d'accès libre donc, encore moins une console par cellule. "Au même titre que la cuisine, que les activités sportives ou que l’activité échecs, une activité jeux vidéo permettra de responsabiliser les détenus, à travers des règles comme le partage et le respect de l’autre. Si ces règles ne sont pas respectées, l’activité sera supprimée", assure l’administration pénitentiaire, qui précise que la console ne sera pas branchée sur internet.

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