Pourquoi les pompiers manifestent ce mardi à Paris

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MANIFESTATION - Répondant à l’appel de neuf syndicats, les pompiers de France manifestent ce mardi 15 octobre, à Paris. En grève depuis des mois, ils joignent leurs revendications à celles des urgentistes et du personnel soignant.

Une manifestation d’ampleur nationale est prévue ce mardi à Paris, place de la République. Cette fois, ce sont les sapeurs-pompiers qui expriment leur mécontentement, à l’appel de neuf de leurs syndicats. Ainsi, ils seront aux côtés des services d’urgences et du personnel soignant pour une "convergence des luttes". Une mobilisation que les pompiers ont entamée dès le mois de mars pour demander de nouvelles embauches et dénoncer les violences qu’ils subissent.

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Un manque d'embauches

Sur-sollicités, les sapeurs-pompiers demandent en priorité une augmentation de leurs effectifs. C'est ce qu'a dénoncé Jérôme François, secrétaire général de l’UNSA-SDIS, invité sur le plateau de Public Sénat : "Les effectifs sont fatigués. (...) On a énormément de départs qui ne relèvent pas de l’urgence." "Les feux représentent tout juste un dixième de notre métier", explique un pompier au micro de la chaîne. De fait, les urgences qu’ils doivent traiter consistent en tout type d'incident. C'est notamment le cas des appels pour ivresse sur la voie publique, qui relèvent désormais de leurs compétences et plus de la police, comme ce fut le cas pendant longtemps. 

"On réclame des embauches alors que les interventions ne cessent d’augmenter. Les personnels sont fatigués", explique de son côté Bertrand Poupounot, secrétaire général de la CGT du SDIS 81 (Tarn), au micro de France Bleu Haute-Garonne. Les budgets des services sont gérés au niveau départemental. Ainsi, "chaque SDIS (service départemental d’incendie et de secours) a sa propre réalité de terrain", explique Jérôme François.

Des violences récurrentes

"Les agressions verbales, c’est tous les jours. Les agressions physiques, de plus en plus", explique ce même pompier interrogé par Public Sénat. Quelque 120 faits de violences à l’encontre des soldats du feu sont ainsi recensés chaque mois, d’après les chiffres du ministère de l’Intérieur. Ces derniers demandent donc une revalorisation de leur prime de feu, bien en deçà des autres primes de risque attribuées en France. Depuis 2012, celle-ci est accordée aux pompiers à hauteur de 19%, tandis que les policiers, par exemple, bénéficient d’une prime de 26%. Un plan dit sécuritaire a été annoncé au mois de juillet par le ministère de l’Intérieur, qui comprend notamment l’installation de caméras piétons pour les sapeurs-pompiers, lors de leurs interventions.  

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Les sapeurs-pompiers, en tant que fonctionnaires territoriaux, touchent entre 1 500 et 4 460 euros bruts par mois. Sur les 248 000 pompiers de France, seulement 16% d’entre eux exercent à titre professionnel, dans les grandes villes notamment, et 79% à titre bénévole. 

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