"J’aurais honte d’écrire cette lettre", le coup de gueule du maire de la ville d'une infirmière invitée à quitter son domicile par ses voisins

"J’aurais honte d’écrire cette lettre", le coup de gueule du maire de la ville d'une infirmière invitée à quitter son domicile par ses voisins
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RÉACTIONS - La lettre anonyme adressée à Lucile, infirmière dans un hôpital d’Île-de-France pour lui intimer de quitter sa ville le temps de la pandémie de coronavirus, a été fortement dénoncée par le maire de Vulaines-sur-Seine, Patrick Chadaillat.

"J’aurais honte, madame ou monsieur, d’écrire cette lettre", a taclé dans un post Facebook le maire de Vulaines-sur-Seine, en Seine-et-Marne. "Cette lettre", Patrick Chadaillat la jointe à ses propos : un voisin y demande à Lucile, infirmière, de quitter la ville de temps de l'épidémie de coronavirus.

"Madame, nous savons que vous êtes infirmière et nous vous remercions d'exercer ce beau métier. Néanmoins vous comprendrez notre inquiétude concernant les risques que vous faites prendre à la commune en côtoyant des gens contaminés. Nous vous demandons s'il serait possible que vous et votre mari ailliez résider ailleurs pendant la durée de la contamination, et de faire vos courses en dehors de la ville", a pu lire Lucile dans cette lettre déposée devant sa porte.

J’ai contacté la police et j’ai demandé de relever les empreintes sur l’original- Patrick Chadaillat, maire de Vulaines-sur-Seine

Invitée à témoigner sur LCI, elle confiait ce jeudi la colère ressentie en découvrant le courrier "pitoyable" et qui plus est, anonyme. "On peut penser ce qu'on veut, mais à un moment donné, il faut avoir le cran d'assumer ce qu'on écrit et de venir discuter avec le personnel soignant, pour comprendre ce que c'est, de vivre cette crise sanitaire", expliquait-elle sur notre antenne. Elle ajoutait que le personnel soignant, en première ligne face à la pandémie "n'a besoin d'être mis à l'écart comme des pestiférés" mais au contraire, a besoin de soutien." L'édile, outré par la situation, a pris sa défense.

La honte et le déshonneur n'ont pas de limite- Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France (FPF) et maire de Fontainebleau

"Une honte de mettre dans la boîte d’une infirmière cette lettre anonyme. Je soutiens et je remercie toutes les infirmières qui font un travail remarquable pour sauver la population", a insisté Patrick Chadaillat. "Sachez que J’ai contacté la police et j’ai demandé de relever les empreintes sur l’original", a aussi précisé le maire.

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Son message d'indignation a reçu de nombreux soutiens d'internautes. Parmi les près de 1000 partages du post, le maire de la commune voisine de Fontainebleau et président de la Fédération hospitalière de France (FPF), Frédéric Valletoux a réagit à son tour à la lettre reçue par Lucile. Il regrette de voir que "la honte et le déshonneur n’ont décidément pas de limite". Remerciant son homologue de Vulaines-sur-Seine d'avoir "mis cela sur la place publique", il se désole : "Ecrire ça à ceux qui, alors que nous sommes tous confinés, prennent des risques au mépris de leur propre vie, pour soigner et sauver"

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