"Personne ne veut venir en vacances" : la Corse redoute "un cataclysme" pour son économie

"Personne ne veut venir en vacances" : la Corse redoute "un cataclysme" pour son économie
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DÉPENDANTE - En Corse, la crise sanitaire liée au Covid-19 suscite de vives inquiétudes. Le secteur du tourisme, dont dépend en grande partie l'économie de l'île, est à l'arrêt. Les perspectives estivales ne sont pas de nature à rassurer.

La Corse craint une "année noire" pour le tourisme. Chaque année, pendant la saison estivale en juillet et en août, l'île de Beauté accueille "1,5 million de touristes". À l'heure du confinement imposé pour endiguer la pandémie de Covid-19, et à l'approche d'un semblant de retour à la vie normale, ce pan entier de l'économie corse est à l'arrêt, sans certitude quant à l'avenir. En effet, à partir du 11 mai, les déplacements seront limités à 100 kilomètres autour du domicile. Dès lors, les touristes ne pourront pas traverser la Méditerranée et la fréquentation estivale qui fait vivre l'île devrait s'en ressentir impactée.

"C'est un cataclysme", assure Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse, invité ce jeudi 30 avril sur LCI. "Le tourisme représente 30% du produit intérieur brut (PIB) de l'île, là où il ne représente en moyenne en France que 7,5%. Si on prend en compte les emplois directs et indirects, c'est une très grande partie de l'économie corse qui dépend du tourisme, et essentiellement des flux estivaux donc de la saison qui s'annonce." La veille, le dirigeant insulaire avait déjà alerté sur "la situation déjà gravissime" dans le secteur du tourisme, évoquant "un trou béant dans l'économie" locale. 

Pour limiter "les conséquences au plan social", Gilles Simeoni s'est par ailleurs entretenu près de deux heures avec Jean-Baptiste Lemoyne, chargé pour le gouvernement des questions du tourisme, qui redoute un "choc économique" et promet "un soutien et un appui" au secteur. Le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères a précisé que "49 millions (d'euros) de prêts garantis par l'État ont déjà été validés pour 380 entreprises touristiques insulaires", et que 12 millions d'euros supplémentaires seraient débloqués pour une centaine d'autres entreprises dans les prochains jours.

Il ne sera pas possible d'accueillir des gens dans les mêmes proportions- Gilles SIMEONI, président du conseil exécutif de Corse

Car, avec la limite des 100 kilomètres annoncée par le Premier ministre Édouard Philippe, "en l'état de la situation actuelle, personne ne peut venir en Corse pour les vacances", rappelle Gilles Simeoni sur LCI. "L'accès à l'île est réservé uniquement pour des déplacements professionnels impérieux ou des raisons sanitaires. On est environ 320.000 habitants résidant sur l'île, il y a normalement en juillet et en août 1,5 million de touristes qui viennent. Il est évident quelque soit l'évolution de la situation épidémiologique, il ne sera pas possible d'accueillir des gens dans les mêmes proportions."

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Quelques heures avant la présentation du plan gouvernemental de sortie du confinement à l'Assemblée nationale mardi 28 avril, le conseil exécutif de Corse avait, dans un communiqué, proposé une propre organisation pour l'île de Beauté. Celle-ci se basait notamment sur deux domaines essentiels : l'éducation et l'économie notamment touristique. Après avoir pris connaissance du cadre général défini par le gouvernement, Gilles Simeoni souhaite des précisions sur les modalités. 

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"Pour nous organiser, il faut que nous sachions quel est le volume de personnes que nous pourrons accueillir" pendant la saison estivale, interroge le dirigeant nationaliste, qui précise qu'il faut "combiner le critère de la distance avec le seuil du brassage de population qui peut être ou sera envisageable". Selon lui, les autorités locales "ne sélectionneront pas les touristes", qu'il enjoint à venir passer les vacances en Corse. "Faites vos réservations, nous nous organisons et si nous sommes en condition de recevoir les gens dans des conditions sanitaires sécurisées, nous serons en mesure de le faire". 

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