Les Français vont-ils devoir travailler plus après le confinement ?

Les Français vont-ils devoir travailler plus après le confinement ?
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PATRONAT - Alors que la France en est à sa quatrième semaine de confinement pour tenter de stopper l'épidémie de coronavirus, certains responsables économiques tentent déjà de se projeter dans "l'après". Pour le Medef, il faudra "travailler un peu plus" afin de relancer l’économie.

Relancer coûte que coûte l'économie... Alors qu'Emmanuel Macron devrait préciser lundi soir la durée de la nouvelle prolongation du confinement entamé le 17 mars, et pourrait donner de premières indications sur l'étape suivante, celle du déconfinement, plusieurs responsables économiques sont montés au créneau ce samedi pour expliquer de quelle façon l'activité pourrait reprendre une fois le retour à la normale. 

Sans surprise, selon eux, les travailleurs français devront mettre "les bouchées doubles" pour permettre un sursaut économique. Ainsi, pour le patron des patrons Geoffroy Roux de Bézieux, "il faudra bien se poser tôt ou tard la question du temps de travail, des jours fériés et des congés payés pour accompagner la reprise économique et faciliter, en travaillant un peu plus, la création de croissance supplémentaire".

"L'important, c'est de remettre la machine économique en marche et de reproduire de la richesse en masse, pour tenter d'effacer, dès 2021, les pertes de croissance de 2020", a expliqué le président du Medef, première organisation patronale française, dans un entretien publié dans Le Figaro. "C'est la création de richesses qui permettra d'augmenter l'assiette des impôts et donc les recettes, et ainsi de rembourser la dette accumulée pendant la crise", a-t-il ajouté.

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"Reprendre le travail plein pot"

De son côté, la secrétaire d’État à l’Économie, Agnès Pannier-Runacher, a également prévenu qu'"il faudra probablement travailler plus que nous ne l'avons fait avant" pour "rattraper" la perte d'activité induite par le confinement en cours depuis le 17 mars. "L'enjeu est de reprendre le travail plein pot", a-t-elle insisté sur Franceinfo.

Déjà vendredi, son ministre de tutelle, Bruno Le Maire, qui indiquait que la France devrait connaître en 2020 sa plus grande récession depuis 1945, avait appelé les Français à des "efforts" pour sortir de la crise. Le gouvernement a par ailleurs mis en place un plan d'urgence à hauteur de 100 milliards d'euros pour soutenir les entreprises.

Toutefois, "cela ne veut pas dire que dans la durée on peut vivre à crédit lorsque la situation économique est normale", a souligné Agnès Pannier-Runacher. "L'enjeu est de donner de l'oxygène aux entreprises pour qu'elles survivent et passent le cap, mais derrière, il faudra mettre les bouchées doubles pour créer de la richesse collective."

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Pour le Medef, le "monde d'après", c'est comme aujourd'hui, mais sans code du travail".- Fabien Gay, sénateur PCF de la Seine-Saint-Denis

Pour autant, les propositions du Medef ne sont pas passées inaperçues et font déjà réagir dans la classe politique. Le Parti communiste y est notamment allé de son commentaire acerbe. "Le monde d’après du Medef ? Les mines de sel pour tous", a notamment retweeté Fabien Gay, sénateur de la Seine-Saint-Denis, ajoutant que pour le Medef, le "monde d'après", c'est comme aujourd'hui, mais sans code du travail".

Quant à Olivier Faure, le Premier secrétaire du Parti socialiste, ne mâche pas ses mots : "Le Medef a son idée du jour d’après : revenir sur tous les acquis des jours d’avant. Le Covid-19 comme cheval de Troie. Honteux !", a-t-il écrit.

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Du côté de l'association Attac, qui mène de nombreuses actions contre le pouvoir de la finance, elle estime qu'il faut au contraire répondre à la crise du Covid-2019 par plus de justice fiscale.

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