"On ne voulait ni d’un hommage ni de médailles" : à Paris, des milliers de soignants toujours vent debout contre le Ségur

"On ne voulait ni d’un hommage ni de médailles" : à Paris, des milliers de soignants toujours vent debout contre le Ségur
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REPORTAGE – Des milliers de soignants - rejoints par des Gilets jaunes - ont manifesté dans plusieurs villes de France ce 14 juillet en réaction au plan Ségur pour l’hôpital, adopté la veille et qu'ils jugent toujours insuffisant. "Si deuxième vague il y a, ça va être ingérable, surtout en région parisienne."

Les premières gouttes sont tombées au moment où la manifestation des soignants a touché à sa fin. Quand le cortège est parvenu place de la Bastille. A l'appel de plusieurs syndicats, dont SUD et la CGT, plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Paris ce mardi 14 juillet en partant de République pour dénoncer le manque d'ambition du Ségur de la Santé, un accord signé la veille par le gouvernement et pourtant qualifié d'"historique" par celui-ci. 

"Il manque des choses dans ce Ségur, on n'a pas parlé de la fermeture de lits", déplore le Collectif inter-urgences (CIU), présent dans le cortège. "C'est un vrai problème et notamment aux urgences où il va y avoir des fermetures cet été. Si deuxième vague il y a, ça va être ingérable, surtout en région parisienne." 

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Tandis que les accords signés lundi prévoient une hausse minimum de salaire de 183 euros net pour l'ensemble du personnel hospitalier, le CIU demandait à ce que les salaires soient augmentés de 300 euros, pour se conformer à la moyenne des pays de l'OCDE. "Avec ces 180 euros, on sera encore à 10% de moins que la moyenne. On est quand même la sixième puissance mondiale, c'est anormal que des soignants ou des professionnels de santé soient payés de cette manière."

Des tensions à la Bastille qui n'ont pas duré

Exceptées deux ou trois salves de tirs de grenades et de gaz lacrymogène qui ont provoqué des mouvements de foule, les tensions survenues en fin de manifestation sont retombées peu à peu sur la place et la patience s'est observée aussi bien du côté des CRS que des manifestants. "On est parti de République, tout allait bien", raconte Cindy, auxiliaire en puériculture, venue de Chartres pour l’occasion et qui n'en est pas à sa première mobilisation. "C’est quand du monde est arrivé en même temps à la Bastille qu’ils ont commencé à gazer et balancer des grenades. J’ai réussi à passer mais…. Pas tout le monde visiblement." Opérant des barrages filtrants, les forces de l’ordre ont rapidement encerclé la place avant de commencer à disperser les manifestants. 

Parmi la foule éparse toujours présente au pied de la colonne, certains se sont décidés à occuper les lieux. On y retrouve des soignants bien sûr, des syndicalistes de la CGT, mais aussi des Gilets jaunes, en "uniforme" ou en civil. "Vu le nombre de citoyens qui nous soutiennent, il n’y a pas que des soignants dans la rue", confirme le Collectif inter-urgences, qui se réjouit : "C’était une bonne manif".

Le collectif a revendiqué l’action de la banderole qui a survolé plus tôt le défilé du 14 juillet, et se satisfait de sa réussite, malgré les brèves interpellations de deux de ses membres pour "survol d'une zone interdite" : "On n’est pas encore rentrés chez nous donc on n’a pas eu tous les échos mais ça a l’air d’avoir bien pris." L’idée d’une telle action est venue lorsque le gouvernement a annoncé qu’un hommage serait rendu aux soignants pour la fête nationale. "On ne voulait ni d’un hommage, ni de médailles. Ce qu’on demande, ce sont des lits et du matériel." Les deux membres du CIU, eux, sont convoqués au tribunal mercredi 15 juillet, en présence de leur avocat.

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