"Pas en mesure de donner une date" de réouverture de ses entrepôts, Amazon va faire appel

"Pas en mesure de donner une date" de réouverture de ses entrepôts, Amazon va faire appel
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À L'ARRÊT - Contraint par la justice de limiter son activité et à évaluer le risque pour ses salariés face au Covid-19, Amazon ferme tous ses sites français ce jeudi, et pendant cinq jours. Invité sur LCI, le directeur général de l'antenne française Frédéric Duval revient sur cette décision et les conséquences qui en découlent.

Amazon suspend ses activités en France. Sommé par la justice de limiter ses livraisons aux seuls produits essentiels sous peine d'amende, le géant du e-commerce a annoncé mercredi la fermeture de ses sites français à partir de jeudi et jusqu'à lundi inclus. "En dépit des investissements très importants qu'on a fait pour assurer la sécurité de nos salariés en France, le jugement nous oblige à fermer temporairement nos centres de distribution. Je ne peux pas confirmer aujourd'hui que (l'arrêt de l'activité) durera cinq jours", indique Frédéric Duval, directeur général d'Amazon France, invité sur LCI ce jeudi 16 avril. "Il est trop tôt pour parler de réouverture pour l'instant. Je ne suis pas en mesure de donner une date."

Le tribunal judiciaire de Nanterre avait jugé mardi que la filiale française de l'entreprise, dirigée par le milliardaire Jeff Bezos, avait "de façon évidente méconnu son obligation de sécurité et de prévention de la santé des salariés" et lui ordonnait en conséquence de conduire une évaluation des risques avec les représentants du personnel. "Nous avons été au-delà de ce que demandent les agences sanitaires", se défend le patron d'Amazon France, qui va faire appel de la décision de justice. "Nous avons mis en place le port du masque obligatoire, tout du moins proposé depuis jeudi. Nous faisons des contrôles de température à l'entrée de l'ensemble de nos sites. Nous avons mis un distanciation sociale à deux mètres. On a été très très loin dans nos mesures. Cette décision de justice nous rend perplexes. L'ensemble de ces mesures ont par ailleurs été reconnues par l'inspection du travail."

Amazon préfère fermer face au risque d'amende

Par ailleurs, le géant du commerce en ligne estime qu'il lui est impossible de limiter ses livraisons aux seuls produits essentiels, comme le demandait le tribunal, sans prendre le risque de livrer "accidentellement" un produit non essentiel et encourir l'amende prévue d'un million par infraction. "L'astreinte qui nous est opposée est telle que nous ne pouvons pas prendre le risque de manipuler, de recevoir et d'expédier, ne serait-ce, qu'une centaine de produits sur les millions et dizaines millions d'articles que nous manipulons tous les jours pour finalement se voir pénaliser très fortement", explique Frédéric Duval.

"Aujourd'hui, je ne sais pas dire si un coupe-ongles est un produit essentiel parce qu'il fait partie d'une catégorie d'hygiène ou si c'est un produit qu'on ne considère pas comme de l'hygiène. Je ne sais pas dire si un préservatif est un produit médical", poursuit le directeur général d'Amazon France. Face au risque d'être mis à l'amende, la décision a été prise de fermer, au moins provisoirement, les sites. "L'ambiguïté dans laquelle nous nous trouvons nous oblige finalement à ne pas prendre de risques et à faire en sorte que nos centres de distribution ferment aujourd'hui", confirme la direction de l'entreprise.  

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En attendant d'y voir plus clair, les salariés et intérimaires (près de 10.000 personnes), invités à restez chez eux, seront payés à 100% pendant cette période de cinq jours. "Nous verrons dans les jours qui viennent les développements", précise Frédéric Duval, qui juge toutefois que cette décision "aura des conséquences importantes pour les dizaines de milliers d'entreprises, TPE et PME, qui utilisent (leur) service d'expédition aujourd'hui pour faire leur activité pendant cette période troublée." 

Des conséquences, il y en aura aussi pour les clients d'Amazon France. Néanmoins, la direction rappelle que, même si les centres de distribution en France sont fermés, "ils pourront continuer à acheter des produits sur le site, sur le market place, puisque le réseau mondial du centre de distribution continuera d'envoyer des produits", les livraisons se poursuivront donc. 

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Une situation que la filiale française d'Amazon espère toutefois ne pas voir perdurer. "J'espère, avec les partenaires sociaux, que la Cour de justice nous donnera raison en appel et que le processus sera le plus court possible", déclare Frédéric Duval. "J'espère qu'assez vite nous allons trouver une porte de sortie, mais aujourd'hui je ne la vois pas à une date fixe."

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