Sébastien, licencié après un test Covid positif : "C'est inimaginable !"

Sébastien, licencié après un test Covid positif : "C'est inimaginable !"
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LICENCIEMENT - Sébastien Klem a été licencié pour "faute grave" après avoir été testé positif au Covid-19. Son employeur lui reproche d'être allé travailler avec des symptômes du virus. Lui rétorque qu'il ne savait pas encore qu'il était positif.

Le tribunal des Prud'hommes de Mulhouse va devoir se prononcer  sur un cas épineux : un salarié est-il en faute s'il se rend au travail avec des symptômes mais sans savoir qu'il est positif au Covid ? Une telle mésaventure est arrivée à Sébastien Klem, qu'il qualifie "d'inimaginable" sur LCI.  

Mi-juillet dernier, cet employé de l'Office HLM de Mulhouse rentre d'un séjour à Biarritz avec sa fille de quatre ans lorsqu'une légère toux se déclare, sans aucun autre symptôme. Il retourne travailler "en pleine forme", explique-t-il ce mardi sur LCI. "Je pensais que c'était à cause de la clim de l'avion". 

Deux jours plus tard, il passe devant un Drive covid. "Par opportunisme et comme on nous encourage à le faire, je m'arrête et je me fais tester, explique l'ancien salarié. C'était un devoir civique." Puis, après ce test de dépistage, il retourne au travail pour l'après-midi. Le soir-même, il reçoit les résultats qui s'avèrent positifs au coronavirus. "C'est un choc !"  

C'est de l'irresponsabilité. On ne joue pas avec la vie des gens.- Eric Peter, Directeur général de HLM office Mulhouse

Le quadragénaire prévient immédiatement la direction de son entreprise afin que des mesures soient prises. L'étage où il travaillait est fermé et les personnes présentes ce jour-là se font tester. Lui, est mis en quatorzaine avec sa fille Mathilde. S'en suit, à nouveau, deux semaines de congés. C'est mi-août, qu'il reçoit une lettre recommandée le convoquant à un entretien. Douche froide pour ce père de famille. Il apprend qu'il est licencié pour "faute grave". Il aurait manqué à son "obligation de sécurité pour suspicion de Covid", détaille-t-il. 

"Il n'aurait pas dû retourner au travail après le test, se justifie Eric Peter, directeur général de l'office HLM auprès de l'AFP. On ne fait pas un dépistage si on n'a pas de suspicion."  L'office HLM reproche à Sébastien d'être venu travailler "avec des symptômes" : toux, fièvre, nez qui coule, yeux rouges. L'entreprise lui avait pourtant remis un recueil contre signature quelques mois auparavant recensant le protocole sanitaire à suivre. "Il savait qu'en cas de symptômes, il devait s'isoler d'abord et se tester ensuite, rappelle Eric Peter à LCI. Nous n'avons eu aucun litige jusqu'à présent, tout était cadré et fonctionnait très bien." 

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"On peut être inconscient mais là c'est de l'irresponsabilité. On ne joue pas avec la vie des gens", estime encore le directeur, qui avance qu'au vu de "la gravité des faits", il n'y avait "pas d'autres sanctions possibles." Du côté des collègues, la réaction a été également "violente". Ils ne comprennent pas pourquoi Sébastien Klem a pris le risque de venir au travail. 

Ce dernier répète qu'il était persuadé ne pas être porteur du Covid-19 lorsqu'il est retourné travailler. "Je n'aurais pas mis mes proches en péril en confiant ma fille à mes parents", se défend t-il. La convocation de conciliation est prévue le 3 novembre. 

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