Covid : oui, on peut être licencié pour avoir "toussé" sur ses collègues

Covid : oui, on peut être licencié pour avoir "toussé" sur ses collègues
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DROIT DU TRAVAIL - Un ouvrier viticole des grands crus de Bourgogne a été licencié pour faute grave. Le motif est inédit : avoir toussé sur ses collègues. Le conseil des prud’hommes de Mâcon (Saône-et-Loire) a été saisi.

C'est un signe de ces temps si particuliers. Les temps du Covid-19 et de son protocole sanitaire. Il y avait déjà eu, début août, dans le football, la décision de la Fifa de sanctionner d'un carton rouge tout joueur, amateur ou professionnel, qui tousserait volontairement sur un adversaire ou un arbitre. Il y a désormais cette même notion de toux délibérée dans la sphère professionnelle. C'est en effet le motif, inédit, invoqué par l’entreprise de viticulture, spécialisé dans les grands crus de Bourgogne, de Florian Ducote, à Prissé (Saône-et-Loire), pour licencier l'un de ses salariés, révèle le journal Le Monde.

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L'ouvrier viticole en question, âgé de 41 ans, se nomme Matthieu Favre. Il occupait son poste depuis dix ans. Le 17 avril dernier, il a reçu une lettre de licenciement pour faute grave dans laquelle il lui est reproché se s'être "mis à tousser sur l’un de [ses] collègues" le 16 mars, tandis que son patron détaillait les gestes barrières à ses employés. L’employeur ajoute, dans la missive, lui avoir fait remarquer que "ce type d’agissements (...) pouvait avoir un impact sur la santé des autres salariés", mais que Matthieu Favre a "réitéré ce comportement", ce qui a conduit d'autres salariés à faire "remonter leur inquiétude".

Il aurait ensuite carrément "toussé" sur son patron

Un autre incident, similaire et survenu quelques jours après ces premiers faits présumés, est relaté dans la lettre de licenciement consultée par Le Monde : lors d'une nouvelle présentation des gestes barrières aux salariés, cette fois par une infirmière du CHU de Mâcon, Matthieu Favre se serait "retourné" vers un collègue et aurait "toussé dans sa direction manifestement volontairement". Il aurait ensuite carrément "toussé" sur son patron, le 23 mars.

Des faits que l'intéressé conteste, saisissant le conseil des prud’hommes. "Quand on a une crise d’éternuements, ça vient d’un coup, mais je n’éternue pas sur les gens", argue-t-il, en prenant soin d'affirmer qu'il n'a "toussé sur personne", mais juste toussé devant lui... "L’employeur rappelle les gestes barrières aux salariés, mais lui-même ne respecte pas la législation sur la santé et la sécurité au travail en ne mettant pas de masques ni de gel hydroalcoolique à disposition", fait, de son côté, valoir son avocat, Stéphane Teyssier, toujours citée par Le Monde, estimant que la direction a inventé une faute pour se débarrasser de son employé.

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En cause, selon lui : "l'état de santé" de son client, qui a eu, en 2018, plusieurs arrêts pour maladies professionnelles et pour un accident du travail, sur une durée d'environ un an.  Pour sa part, l’avocat de l’employeur, Jean-François Merienne, met en avant qu'il dispose d'"attestations de deux salariés saisonniers : l’un déclare que M. Favre n’a pas respecté les gestes barrière à trois reprises, l’autre qu’il a manifestement toussé volontairement vers lui et n’a pas toussé dans son coude". Comme au foot, un arbitrage s'impose.

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