Crachats, injures, coups... Deborah, enseignante en primaire face à la violence d'enfants de plus en plus jeunes

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SEPT À HUIT - Elle a 29 ans et enseigne dans les écoles primaires du Val de Marne comme remplaçante. Deborah raconte un quotidien miné par la violence dans des classes de cours élémentaire et même en maternelle. Une situation qui fait vaciller sa vocation pour le métier de professeur.

Les insultes et la violence font partie du quotidien de Deborah. "Au moins une fois par semaine." Pourtant cette enseignante n'est pas prof au lycée ou au collège mais bien en classe d'élémentaire dans des écoles de banlieue parisienne. Passionnée par son métier, Déborah  raconte son quotidien face aux incivilités d'élèves de plus en plus jeunes. Y compris dès quatre ans. 


Avant les vacances de la Toussaint, elle a été frappée au visage par un élève de CM2. Un coup de coude dans la tête d'un élève "aussi grand" qu'elle. "Sa mère m'a présenté ses excuses. Elle avait l'air de réaliser. Mais l'enfant est revenu le lendemain. En disant : "Je suis puissant." 


Deborah a ensuite été poussée à la renverse au milieu de sa classe. Une semaine d'arrêt. Et des conséquences physiques mais aussi psychologiques. 


Peu soutenue par sa hiérarchie ("Un coup de téléphone ou un mail, ça m'aurait fait du bien. Ce qui m'est arrivé, je n'ai pas l'impression que quelqu'un en ait quelque chose à faire."), elle a porté plainte après son agression. 

"Quand je dis à un élève : 'Ca suffit', il me dit : 'Je m'en fous''

Depuis, elle appréhende. "Même dès la maternelle, on se fait cracher au visage. Par un élève de 4 ans. "Vous voulez faire quoi ? On peut mettre dans une classe à côté mais quand il revient ? Vous parlez au parents. Parfois, ils l'entendent, mais parfois..." 

S'attendait-elle à cette violence ? "Non", réplique Déborah. "Aujourd'hui, quand je dis à un élève ça suffit, il dit "Je m'en fous."

Est-elle pour autant une exception ? "Non pas du tout. J'ai une collègue qui a reçu un coup de poing dans le visage. Elle a eu un hématome." Va-t-elle faire autre chose ? "Oui. Faire quelque chose en rapport avec l'enseignement. Mais pas seule dans une classe. "


Cet entretien est issu de l'émission Sept à Huit du dimanche 28 octobre 2018, magazine de l'information présenté par Harry Roselmack tous les dimanches soir.

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