Crise de l'hôpital : appel à une "journée d'action nationale" le 16 juin

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MOUVEMENT SOCIAL - Quatre mois après leur dernière manifestation et le tsunami vécu dans les services hospitaliers à cause du Covid-19, les soignants redescendent dans la rue le 16 juin prochain, à l'appel de plusieurs syndicats et collectifs.

La vague du Covid-19 n'a en rien altéré leurs aspirations et leur envie de se faire entendre une nouvelle fois dans la rue. Quatre mois après la dernière manifestation, le 14 février dernier, pour défendre l'hôpital public, plusieurs syndicats et collectifs hospitaliers ont appelé, ce jeudi, à une nouvelle journée de manifestation, le 16 juin prochain. "Une journée d'action nationale d'initiatives et de grève", ont indiqué dix organisations dans un communiqué. Le but ? Que le gouvernement "prenne en compte l'ensemble de leurs revendications", en plein "Ségur de la santé". 

"Plus de belles promesses et de demies mesures"

Cet attelage inclut quatre des cinq principaux syndicats de la fonction publique hospitalière ainsi que les collectifs Inter-Urgences, Inter-Hôpitaux, qui ont battu le pavé et fait grève durant toute l'année dernière. S'ils ont choisi de ne pas relâcher la pression, une fois le pic de la crise sanitaire passée, c'est qu'ils réclament une "revalorisation générale des salaires", un "plan de recrutement", un "plan de formation" et "l'arrêt de toutes les fermetures d'établissements, de services et de lits", dénonçant également le fait que leurs demandes ne soient pas prises en compte. "Les professionnels ne se contenteront plus de belles promesses et de demies mesures", soulignent-ils.

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Dans un communiqué, le collectif Inter-Hôpitaux a pour sa part appelé "les citoyens et les usagers de l’hôpital public à poser un jour de RTT le 16 juin pour venir soutenir les personnels hospitaliers partout en France", critiquant vertement, au passage, la loi sur le don de congés sous la forme de chèques vacances au personnel soignant, la jugeant "inadaptée et indécente"

"Nous ne pouvons donc accepter ces dons qui relèvent encore du registre de la charité que la société devrait aux soignants (...) Laissons les congés et jours de repos à ceux qui ont travaillé durement pour les acquérir et donnons à l’Hôpital public et ses agents de réels moyens pour travailler. Il convient simplement pour le gouvernement de respecter l’engagement du Président de la République en annonçant immédiatement un plan massif d’investissement et de revalorisation de l’ensemble des carrières pour l’hôpital."

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Un "Ségur de la santé" pas à la hauteur ?

Cette mobilisation aura donc lieu en plein milieu du "Ségur de la santé", lancé par l'exécutif le 25 mai dernier et censé aboutir d'ici mi-juillet. Son objectif : concrétiser le "plan massif d'investissement et de revalorisation" annoncé fin mars par Emmanuel Macron. Reste que les discussions n'ont pas vraiment démarré sous les meilleures auspices. "Malgré des mois de mobilisation des personnels hospitaliers, nous constatons l’absence de réponse concrète et claire de la part du gouvernement dans le cadre du 'Ségur de la santé'", estime ainsi le Collectif Inter-Hôpitaux.

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En début de semaine, le syndicat Sud Santé Sociaux annonçait quitter la table des négociations, mécontent de la tournure prise par cette concertation. Dans un communiqué, il avait notamment critiqué le fait que le gouvernement n'ait pas fait de proposition chiffrée sur les rémunérations lors des premières réunions. "Comme nous le craignions, à la place de négociations (...), on nous a présenté un concept de réunion 'brainstorming' national", déplorant un manque de "moyens" et de "marge de négociation"

D'autres syndicats ont, de leur côté, fait part de leur agacement dans la façon dont étaient menées les discussions, fustigeant une "parodie de concertation" et une "opération de communication".

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Dans le même temps, le syndicat Jeunes Médecins a, lui, annoncé ce mercredi avoir obtenu en justice "sa place légitime" au "Ségur de la santé" après une action en référé devant le tribunal administratif de Paris dont il a publié la décision. Absent de la liste des participants lors du grand raout de lancement le 25 mai, Jeunes Médecins a fait valoir son statut de syndicat représentatif acquis l'an dernier. D'autres organisations ont, elles aussi, déploré de ne pas être incluses, notamment parmi les soignants libéraux (infirmiers, pharmaciens), mais aussi chez les cadres de santé et les représentants des centres de santé. 

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