Crise de l'hôpital : pourquoi les internes en médecine débutent une grève illimitée

Crise de l'hôpital : pourquoi les internes en médecine débutent une grève illimitée
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REVENDICATIONS - En pleine crise de l'hôpital, les futurs médecins montent à leur tour au front. Ils sont appelés à une grève illimitée à partir de ce mardi pour dénoncer la dégradation des soins et réclamer une amélioration de leurs conditions de travail.

"Interne exploité, patient en danger". Près de neuf mois après le début d'une grève inédite dans les services d'urgences, les internes en médecine sont appelés, à leur tour, à la grève illimitée à partir de ce mardi 10 décembre par leur principal syndicat Isni (InterSyndicale Nationale des Internes) pour dénoncer des conditions de travail devenues insoutenables. Selon eux, cela conduit à la dégradation des soins proposée aux patients. Ils réclament par la même occasion une amélioration de leur statut, en pleine crise de l'hôpital public.

À l'origine de ce mouvement de contestation, le dépérissement de l'hôpital public, "lieu privilégié de formation" des internes. Comme les collectifs (Inter-Urgences, Inter-Hôpitaux) et les syndicats mobilisés ces dernières semaines pour "sauver l'hôpital", l'Isni n'est pas satisfait du plan présenté fin novembre par le gouvernement, qui prévoit notamment une rallonge budgétaire de 1,5 milliard d'euros sur trois ans. Doublement du budget alloué à la santé, reprise intégrale de la dette des hôpitaux ou encore meilleures conditions de travail pour les professionnels de santé font ainsi partie de ces revendications.

Mais l'Isni exige aussi des mesures propres au "statut de praticien en formation" des internes, qui travaillent "en moyenne 56 heures hebdomadaires", selon Justin Breysse, le président de l'InterSyndicale nationale des internes. Parmi ces mesures, un "décompte horaire" et non en demi-journée du temps de travail permettant "un paiement des heures supplémentaires", "une revalorisation des indemnités de garde" ou encore un "investissement de fonds publics" dans la formation.

De son côté, le syndicat d'internes en médecine générale (Isnar-IMG) a annoncé lundi vouloir déposer un "préavis de grève pour le 17 décembre", date choisie par les collectifs et syndicats hospitaliers pour une nouvelle journée d'action nationale. La précédente, le 14 novembre dernier, avait rassemblé plusieurs milliers de médecins et soignants à travers la France.

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On estime le taux de participation à 60%, soit 16.000 internes sur 27.000- Justin BREYSSE, président de l'Isni

En attendant, les médecins en formation se sont fortement mobilisés dès ce mardi, partout en France, à en croire Justin Breysse. "On estime le taux de participation à 60%, soit 16.000 internes sur 27.000", a expliqué lundi à l'AFP cet interne en rhumatologie, se réjouissant du ralliement des internes de biologie médicale et pharmacie (FNSIP-BM) et du soutien des syndicats de praticiens hospitaliers et de jeunes médecins. Les services hospitaliers "vont être en tension", a ainsi prédit le président de l'Intersyndicale nationale des internes, les grévistes ne pouvant être assignés qu'après l'ensemble des médecins seniors. 

Des rassemblements ont eu lieu "dans les halls des hôpitaux entre midi et 14h" ainsi que des manifestations dans plusieurs villes, notamment à Nice, Marseille et Lyon. Dans l'ancienne région Languedoc-Roussillon, près de 60% des médecins en formation ont suivi l'appel des syndicats. Sur les 1300 internes dénombrés, 850 étaient signalés comme grévistes.

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