Croche-pied à une manifestante : une enquête ouverte par l'IGPN

DÉCRYPTAGE - Dans sa chronique "Les indispensables", Jennifer Knock est revenue ce mardi 14 janvier 2020 sur les accusations de violences policières.
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VIOLENCES POLICIÈRES - Une enquête préliminaire a été ouverte par le procureur de la République de Toulouse après qu'un policier a été filmé en train de faire un croche-pied à une manifestante. La vidéo du geste avait été largement partagée sur les réseaux sociaux.

Le policier auteur d'un croche-pied sur une manifestante aura à répondre de son acte. Le procureur de la République de Toulouse a annoncé ce mercredi l'ouverture d'une enquête préliminaire après cet incident, filmé et largement partagé sur les réseaux sociaux.

L'enquête pour "violences par personne dépositaire de l'autorité publique" sur des faits qui se sont déroulés lors d'une manifestation contre la réforme des retraites du 11 janvier à Toulouse a été confiée à l'IGPN. Selon nos informations, publiées ce mardi, l'auteur des faits a été identifié.

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Castaner : "On ne fait pas de croche-pied à l'éthique"

L'image du croche-pied et d'autres, captées lors des mobilisations contre la réforme des retraites, ont provoqué une nouvelle vague d'accusations contre les violences policières, déjà dénoncées lors de la crise des Gilets jaunes. Des accusations évoquées par les autorités : "On ne fait pas de croche-pied à l'éthique, sauf à s'abaisser, à abaisser la police", avait lancé lundi 13 janvier le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, faisant explicitement référence au croche-pied toulousain lors de ses vœux à la police. Dans son allocution à l'école nationale supérieure des officiers de police (Ensop) de Cannes-Ecluse (Seine-et-Marne), le ministre avait rappelé les fonctionnaires au devoir "d'exemplarité" et à "l'éthique".

Ce mardi en déplacement à Pau, Emmanuel Macron a également dénoncé "des comportements qui ne sont pas acceptables", demandant au gouvernement "des propositions claires pour améliorer la déontologie" des forces de l'ordre. Mais au lendemain de la mort près de Lyon d'un policier percuté volontairement par un fourgon lors d'une intervention, les déclarations présidentielles ont agacé les syndicats. "Ses propos sont malvenus après la mort d'un collègue et alors que les responsables sont toujours en fuite", s'est indigné Frédéric Lagache d'Alliance.

"On est à bout, exténués, on ne peut pas faire preuve de résilience à l'infini", a renchéri Thomas Toussaint de l'Unsa-Police. "On ne valide pas tout (les violences de policiers), a-t-il ajouté, mais il faut remettre les choses dans leur contexte". En cause à ses yeux, les "60 semaines de manifestations et de mouvement des Gilets jaunes" qui ont mis sur le flanc les forces de l'ordre.

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