Défilé du 14 juillet, supporters de l'Algérie et Gilets jaunes : les Champs-Elysées sous tension ce dimanche?

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La colère des Gilets jaunes

14-JUILLET - La sécurité sur les Champs-Elysées a été renforcée dans la crainte d'un dimanche sous tension à Paris. Car entre les Français qui célébreront le 14 juillet, des Gilets jaunes qui veulent "fêter la révolution" et éventuellement des supporters algériens qui se réjouiront d'une victoire en demi-finale de la CAN, la plus belle avenue du monde pourrait être le lieu de nouvelles dégradations.

Entre le traditionnel défilé du 14 juillet, les éventuels rassemblements de supporters algériens et un appel à "fêter  la révolution" lancé par bon nombre de Gilets jaunes, les inquiétudes d'un dimanche sous tension sur la plus belle avenue du monde augmentent. Si les Champs-Elysées resteront ouverts, un important dispositif policier est d’ores et déjà prévu : plus de 4000 membres des forces de l'ordre seront mobilisés dans la capitale, selon nos informations. De quoi rassurer les commerçants.

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Au cœur des inquiétudes : amateurs de foot et manifestants en colère

Tandis que les commerces et restaurants des Champs-Elysées ont fait face à de nombreuses dégradations depuis huit mois, ils ont à nouveau été pris pour cible jeudi soir. Cette fois, non pas par des manifestants en chasubles fluos, mais par des supporters aux drapeaux vert, blanc et rouge. Alors que des pillages ont eu lieu après la victoire de l’Algérie en quart de finale de la Coupe d'Afrique des nations de football, les autorités craignent que de tels incidents se reproduisent si l’équipe remporte son match contre le Nigeria dimanche soir. 

Sauf que les amateurs de foot ne sont pas la seule source de craintes. Car après 35 semaines de mobilisation, les Gilets jaunes ont appelé à se rendre sur les Champs-Elysées ce dimanche. Lancé fin juin, l’événement qui propose de "fêter la révolution" a été partagé par deux des figures les plus influentes de la contestation : Maxime Nicolle et Eric Drouet, qui n’avait pas diffusé d’action depuis celle du 20 juin.

Les 18 organisateurs qui ont créé l’événement sur Facebook ont recueilli 12.000 participants et 75.000 intéressés ce samedi après-midi. C’est deux fois plus que celui du premier "ultimatum" lancé dans la capitale le 16 mars. Et ils écrivent vouloir "reprendre les symboles et la date du 14 juillet pour célébrer à nouveau la révolution et la victoire du peuple sur les élites". Dans la liste des groupes à l’initiative, quatre pages régionales et "Cerveaux non disponible", qui a réalisé une vidéo galvanisante pour l’occasion, au succès certain : 30.000 vues en moins de 24 heures. Une autre, vue plus de 216.000 fois et diffusée lundi, affiche son ambition : "Dimanche 14 juillet 2019, (…) entrons dans l’histoire de France".

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Des commerçants inquiets mais pas alarmistes

De quoi pousser  la préfecture de police à interdire "tout rassemblement de Gilets jaunes" dans un très large périmètre qui comprend la place de l'Etoile, la place de la Concorde, les Invalides et le Trocadéro. Si la plus belle avenue du monde ne sera pas fermée – ce que demandait le Rassemblement national – une zone de sécurisation sera installée pour sanctuariser le lieu du défilé. Il sera impossible de circuler sur l’avenue entre 6h30 et 14h. Puis différents points de filtrage devront être franchis pour se rendre sur l’avenue célébrer la fête nationale, avec des contrôles d'identité et fouilles de sacs.

Des préparatifs qui rassurent les marchands. Contactées par LCI, la société Médiakiosk, en charge des kiosquiers, particulièrement touchés par le mouvement de contestation, et la Chambre des métiers et de l’artisanat, assurent n’avoir reçu aucun message alarmiste de commerçants. Si Frédérique Lefevre, chargée de la communication chez Médiakiosk, admet qu’il y a "toujours des inquiétudes", elle ne veut pas avoir de "discours alarmiste". Car elle fait confiance aux forces de l’ordre, qui seront certainement "sous tension" mais "protégerons ce qu’il y a à protéger". 

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Christophe Ragondet, syndicat Alliance : "Dimanche soir, il y a de fortes chances pour que ça recommence"

Si ce dispositif semble convenir aux commerçants, un syndicat de police demande à ce que les consignes données aux forces de l’ordre soient "claires" et les ordres "simples". Car pour Christophe Ragondet, délégué national Alliance Police Nationale, l’arrivée de casseurs ce dimanche ne fait aucun doute. Le représentant syndical fait un constat fataliste : "On sait qu’aujourd’hui, chaque manifestation, qu'elle soit sociale ou festive, a de fortes chances d’engendrer ce genre de comportement [les casses, NDLR]."

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