Des nouveaux radars "tourelles" ont-ils été dégradés par des Gilets jaunes ?

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RADARS - Alors que 2400 des 3200 radars fixes présents sur le territoire ont été détruits ou dégradés depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, certains se sont félicités, vendredi 12 avril, de s'en être pris à de nouveaux radars "tourelles", pourtant vendus comme plus solides par le ministère de l'Intérieur. Qu'en est-il réellement ? On fait le point.

Pas encore en service et déjà dégradés ? Sur Facebook, des Gilets jaunes ont applaudi, vendredi 12 avril, la dégradation de radars "Mesta Fusion 2". Ces nouveaux dispositifs, surnommés "tourelles" parce qu’ils culminent à quatre mètres de haut, avaient pourtant été décrits comme plus solides que leurs prédécesseurs. Leur taille leur permettant notamment d’être protégés des actes de vandalisme. Pourtant, à la veille du 22e samedi de mobilisation, une publication se félicitant de la casse de deux d'entre eux a été partagée plus de 3000 fois sur les groupes Facebook de Gilets jaunes. 

Des photos prises en 2018

"Il sera beaucoup plus difficile de le casser que ses prédécesseurs", assurait pourtant au début du mois un porte-parole du ministère de l’Intérieur à France Info. Malgré ces dispositions, il semblerait effectivement que ces radars aient déjà été la cible de vandalisme. Sur Facebook, les vêtements fluos accrochés laissent penser qu’il s’agit bien d’une œuvre des membres du mouvement des Gilets jaunes. Photo à l’appui, un internaute explique qu’un radar, situé sur la rocade de Thionville, en Moselle, a ainsi été "masqué" puis "ouvert et "vidé de son contenu". Interrogée par LCI, la préfecture n’a pas encore confirmé la casse. Selon le site spécialisé radar-auto.com, il s’agirait bien d’un radar situé sur la route d’Arlon. 

S'il est difficile d'établir si la tourelle a été la cible des seuls Gilets jaunes, il y a peu de doute sur la date des dégradations. En effet, ce dispositif a d’abord été recouvert d’une bâche par des automobilistes en juillet dernier, trois mois à peine après son installation. Et ce n’est que début décembre que la tourelle aurait été entièrement vidée de son contenu. 

Le Mesta Fusion 2 installé à Mimizan a eu plus de chance. Situé dans les Landes, sa mise hors service ne date pas non plus d'hier. La préfecture assure ainsi à LCI qu’il aurait été "simplement bâché" le 27 novembre 2018, soit à peine dix jours après le début de la contestation. Les trois images de radars qui apparaissent dans la publication de ce Gilet jaune sont donc antérieures à 2019. 

"Ce phénomène a pris une ampleur inédite depuis la mi-novembre"

Le site radars-auto recense également d’autres cibles de la colère des automobilistes. Notamment un radar nouvelle génération à Marseille, sur la L2, information que la préfecture n’a pas été en capacité de nous confirmer, et un autre à Strasbourg. Ce dernier n’a pas vraiment été vandalisé. C’est Yannick Krommenacker, un internaute de 32 ans, adepte de ce genre de mises en scène, qui était monté dessus en mai 2018, déguisé en poulet. Dorénavant devenu Gilet jaune, cet ancien acolyte de Rémi Gaillard voulait protester contre les amendes qui "plumaient" les Français. 

Impossible de déterminer combien de ces radars nouvelle génération ont déjà été vandalisés. Interrogé par LCI, le ministère de l’Intérieur explique ainsi ne pas vouloir communiquer ces chiffres. Une stratégie mise en place pour "éviter la surenchère et la propagation du phénomène", tout en confiant qu'il a pris une "ampleur inédite" depuis le début du mouvement des Gilets jaunes. Place Beauvau, on rappelle surtout que de tels actes relèvent d’un "délit" et qu’une seule dégradation légère est passible d'une amende de 3750 €. 

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