Des salariés dorment dans un Castorama pour leur pouvoir d'achat : "Nous continuerons tant que la direction n'ouvrira pas des négociations"

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La colère des Gilets jaunes

SOCIAL - Une quinzaine de salariés ont occupé dans la nuit du mercredi 9 au jeudi 10 janvier, à l'appel de la CGT et de FO, le magasin Castorama d'Englos (Nord). Leur but ? Obtenir une augmentation de 100 euros net pour tous les salariés de l'enseigne.

"Pour l’instant, ils ne veulent pas négocier. Mais ils vont devoir le faire !" Xavier Gaspard l'assure : l'occupation du magasin de Castorama à Englos, dans le Nord, est partie pour durer. C'est en tout cas l'avis de ce délégué syndical CGT qui, avec une quinzaine de collègues, a entamé un bras de fer, depuis ce mercredi soir, avec la direction. Leur objectif ? Une revalorisation salariale pour tous les salariés de l'enseigne de bricolage.

"Nous voulons une ouverture des négociations pour bénéficier de la 'prime Macron', ainsi qu'une augmentation de 100 euros net par salarié", détaille à LCI Xavier Gaspard. La nuit de ce syndicaliste a été courte : depuis la fermeture du magasin, il campe à l'intérieur avec une poignée de collègues. Mais si le lieu est toujours accessible aux clients ce jeudi matin, leur mobilisation pourrait faire tache d'huile : "Nous avons été rejoints ce matin par des camarades de la CGT et de FO, et des Gilets jaunes ont aussi annoncé leur intention de nous rejoindre dans la journée". Le choix du magasin est tout sauf un hasard, celui d'Englos ayant été le premier Castorama à ouvrir en France. Il emploie aujourd'hui 170 personnes.

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"Cela fait deux ans qu’on est gentils, maintenant on arrête"

Si le syndicaliste assure que leur mobilisation ne se déroule pas dans le sillage de celle des Gilets jaunes, les points communs avec ceux qui occupent les ronds points depuis plusieurs semaines sont évidents. "Nous ne faisons pas de politique, mais on se bat tous pour le pouvoir d’achat. Nous voulons vivre et non survivre. Avec les Gilets jaunes, nous nous rejoignons sur cette revendication-là." Selon la CGT, Castorama "souffre d'un point de vue social" depuis deux ans. "La société délocalise sa comptabilité en Pologne, puis il y a eu des licenciements. Les dernières NAO (négociations annuelles obligatoire) on fait déborder le vase : on vous donne 1% d’augmentation générale de salaire, alors que l’inflation était à 2,2% fin octobre ! Nous n'avons aucun dialogue social. Cela fait deux ans qu’on est gentils, maintenant on arrête."

Des critiques que la direction balaie d'un revers de la main. Contactée par l'AFP, celle-ci se défend : "Chez Castorama, nous sommes attentifs au pouvoir d’achat de nos collaborateurs. Les sujets de rémunération sont discutés chaque année avec les organisations syndicales lors des négociations annuelles obligatoires. Celles de 2019 ont eu lieu en fin d’année dernière. Dans un contexte de marché qui reste difficile, la direction a tout mis en œuvre pour maintenir une politique de rémunération équilibrée au regard des enjeux de l’entreprise", a ajouté l'enseigne.

Quelle suite pour cette fronde chez "Casto" ? Selon la CGT, un huissier est venu dans la soirée constater l'occupation illicite des lieux. Et peut-être devancer une intervention du préfet pour évacuer par la force le petit groupe de manifestants. Ces derniers semblent inflexibles : "Pour l’instant ils ne veulent pas négocier, mais ils vont devoir le faire. Nous faisons un buzz monstrueux. Et c’est la première fois que cela arrive dans le commerce que des salariés dorment sur le lieu de travail. Ce soir on continue à dormir dans le magasin, et nous continuerons tant que la direction générale n’ouvrira pas des négociations."

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