Des médecins moquent leurs patients sur Facebook, le conseil de l'ordre va saisir la justice

Des médecins moquent leurs patients sur Facebook, le conseil de l'ordre va saisir la justice
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DIVAN GATE - L'Ordre des médecins a fait savoir ce vendredi à LCI qu'il "signalera" à la justice tous les contenus problématiques qui étaient tenus dans le groupe Facebook "le divan des médecins". Dans ce dernier, des propos décrits comme "outrageants et pénalement répréhensibles" par une association côtoyaient des photos qui violaient perpétuellement le secret médical.

France Assos Santé l’appelle déjà le "Divan gate". Un qualificatif qui fait écho à un groupe Facebook, privé, qui réunissait 11.200 médecins, dont certains se moquaient ouvertement de leurs patients. Au-delà des propos sexistes, homophobes ou dégradants, relevé par le Nouvel Observateur, c’est le secret médical lui-même qui était bafoué. De quoi pousser le Conseil de l’ordre des Médecins à réagir ce vendredi 10 janvier.

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Baptisé "Le Divan des médecins", c’est L'Obs qui a révélé son contenu. Créé en 2017, il était, à sa création, une façon pour les praticiens "trop souvent isolés", d’échanger sur leur métier. C’est en tout cas ainsi que le décrivait Le Quotidien du médecin il y a encore quelques mois. Pour ce journal spécialisé dans l'information médicale, le groupe permettait notamment de demander l’avis de ses confrères. Sauf que, sous les publications, certains concernés se moquaient ouvertement du physique des patients. Passant de la remarque sexiste à l’homophobie, en passant par les moqueries sur les pauvres ou les personnes en surpoids, tout le monde y passait. 

Des propos décrits comme "outrageants et pénalement répréhensibles" par France Assos Santé dans un communiqué publié ce jeudi. Mais au-delà de ceux-ci, ce sont les photos elles-mêmes,  souvent publiées sans vouloir porter atteinte mais uniquement à des fins d’aide au diagnostic, qui sont problématiques. Selon l’organisation qui regroupe 85 associations nationales de défense des droits des patients, elles relèvent d’une "violation caractérisée du secret professionnel". Une atteinte "gravissime" tant ces praticiens ont, "en toute impunité, bafoué des droits fondamentaux reconnus par la loi". Raison pour laquelle la fondation a souligné l’attention qu’elle portera à la "réaction" de la part du Conseil national de l'Ordre des médecins. Et a appuyé ses attentes en termes de "sanctions", qui devront être "à la hauteur des outrages et préjudices subis par les patients."

L'Ordre des médecins "signalera" les contenus

Une réaction qui ne s’est pas fait attendre. Mais qui est restée très discrète. Elle s’est glissée dans les vœux de l'Ordre national des médecins. Patrick Bouet, président de cet organisme de défense et de régulation de la profession médicale, y assure mettre "en demeure le régulateur du groupe" à propos du "contrôle des contenus". Et d’ajouter que l’instance "signalera" les contenus au Procureur de la République. 

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Interrogé par LCI, le Conseil de l'ordre a renouvelé cette prise de position, mais sans s'appesantir sur les répercussions qu’encourent les docteurs. Mais, comme le relève France Assos Santé, les praticiens sont " susceptibles d’encourir des sanctions disciplinaires et pénales". Et de fait, il s’agit bien d’une infraction au code pénal, qui dispose  que "la révélation d’une information à caractère secret par une personne qui en est dépositaire", est punie "d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende". Mais il s’agit également d’une violation du Code de déontologie médicale, où on lit que "le médecin doit protéger contre toute indiscrétion les documents médicaux, concernant les personnes qu’il a soignées ou examinées, quels que soit le contenu et le support de ces documents." Un groupe Facebook étant bel et bien un "support", c’est donc potentiellement la radiation que risquent ces médecins. 

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