Droit de vote pour toutes les personnes handicapées : les associations se réjouissent et réclament un "accompagnement à la citoyenneté"

Social
DirectLCI
HANDICAP - L'Unapei, fédération regroupant 550 associations de représentation et de défense des intérêts des personnes handicapées mentales et de leurs familles, s'est réjouit des annonces faites par le gouvernement ce jeudi 25 octobre en faveur des personnes handicapées. Mais elle espère maintenant que des choses vont être faites pour les accompagner au mieux dans la citoyenneté et l'accessibilité au droit de vote.

Ce jeudi, le gouvernement a présenté une série de mesures pour "changer le quotidien" des personnes handicapées. Deux sont particulièrement emblématiques : les personnes majeures sous tutelle auront à l’avenir un droit de vote inaliénable, et elles pourront se marier, se pacser, et divorcer sans qu’un juge puisse les en priver. 

Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, a affirmé que l’objectif est que "tout le monde puisse voter, au plus tard, aux prochaines élections municipales de 2020". "C’est une demande pour laquelle milite l’Unapei depuis presque dix ans maintenant", s’est réjoui auprès de LCI Luc Gateau, président de cette fédération regroupant 550 associations de représentation et de défense des intérêts des personnes handicapées mentales et de leurs familles. "Cette restriction au droit de vote des majeurs protégés était contraire à la convention de l’ONU."


Interrogé dans Le Parisien, le nageur quadri amputé Philippe Croizon a alerté sur le risque de manipulation qui peut exister. "Si un éducateur leur dit de voter à gauche, alors ces personnes handicapées vont toutes voter à gauche ? Il y aura automatiquement des dérives", estime-t-il. Mais sur ce sujet, l’Unapei est sur la même longueur d’onde que la secrétaire d’Etat, ancienne administratrice du mouvement de 2011 à 2013. "Nous on pense que tout le monde est influençable. Dans une démocratie tout le monde peut l’être, et donc les personnes handicapées intellectuelles aussi", a expliqué Luc Gateau. "Sophie Cluzel le dit bien : c’est aussi ce genre d’arguments qui ont éloigné les femmes du droit de vote jusqu’en 1946. Notre vision est plutôt progressiste : il faut ouvrir ce droit à tous."

Mieux accompagner les personnes handicapées doit la citoyenneté

En revanche, l’Unapei plaide pour mieux accompagner toutes les personnes handicapées dans ce nouveau droit, pour leur donner toutes les cartes en main pour voter. "Il s’agit d’un sujet plus général, qui concerne toutes les personnes handicapées intellectuelles y compris celles qui ont déjà le droit de vote. Il faut se demander comment faire pour les accompagner dans la citoyenneté, dans l’accessibilité au droit de vote", estime Luc Gateau. "Aujourd’hui il y a énormément d’informations, des programmes qui ne sont pas traduits en ‘facile à lire et à comprendre’. Il faut que les candidats aux élections travaillent là-dessus." Selon le président de l’Unapei, il faut aussi expliquer le processus électoral aux personnes handicapées, et leur faciliter l’accès des bureaux de vote. "On peut être handicapé intellectuel, ne pas savoir lire, et pour autant avoir une opinion politique. On peut avoir besoin et envie d’exprimer son opinion à travers le vote. C’est un droit et un devoir de citoyen."


L’autre annonce importante faite par le gouvernement ce jeudi est le droit de se marier, de se pacser et de divorcer pour les personnes handicapées, sans qu’un juge puisse les en priver comme c’est le cas actuellement. "L’Unapei était défavorable à l’ingérence du juge dans ce type de décisions. Après il y a des systèmes de curatelle, de tutelle, d’habitation familiale qui font que pour ce types d’autorisations il peut y avoir un regard du tuteur, mais plus du juge."

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter