Drouet, Nicolle, Ludosky... que sont devenus les figures des Gilets jaunes ?

CRUARD REPORTER - Une nouvelle journée de mobilisation des Gilets jaunes est prévue samedi. Qu'est devenu ce mouvement depuis le confinement ?

SOCIAL - Près de deux ans après avoir commencé l'occupation des ronds points, les Gilets jaunes tentent de se relancer. Plusieurs rassemblements sont prévus ce samedi, en présence de ceux qui ont porté le mouvement. D'autres ont néanmoins arrêté la lutte.

Les Gilets jaunes de retour dans la rue. Près de deux ans après le début du mouvement, plusieurs appels à manifester le samedi 12 septembre circulent sur les réseaux sociaux. Notamment depuis la page Facebook de Jérôme Rodrigues, qui prône une "désobéissance civile complète" et souhaite retourner sur les Champs-Elysées. Combien seront-ils à répondre présents ? Si certains leaders du mouvement continuent de le faire vivre, d'autres ont préféré ranger la chasuble fluo au placard.

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La colère des Gilets jaunes

Jérôme Rodrigues toujours en première ligne

Ce plombier fait partie de ceux qui, dès le début du mouvement à l'automne 2018, ont arpenté les pavés parisiens. Il devient une figure des Gilets jaunes le 26 janvier, quand il est gravement blessé à l'œil lors d'une confrontation avec les forces de l'ordre. Depuis, il n'a cessé de s'impliquer : à l'été 2019, il a participé au contre-sommet du G7 au Pays Basque, avant de revenir dans les manifestations parisiennes en septembre et de soutenir une action parisienne d'Extinction Rébellion. Entre temps, le militant, lassé par les attaques à son encontre et fatigué par sa blessure à l’œil, fait une pause : sur les conseils de son médecin, il décide d'aller dans une maison de repos. 

Quelques semaines plus tard, Jérôme Rodrigues est de retour dans la rue. En décembre dernier, il est à nouveau blessé à un œil, après avoir été touché par le bouclier d'un CRS. Puis, en février, juste avant le confinement, nouveau coup d'éclat aux abords des Champs Elysée : une vidéo le montre s'adresser indirectement à Didier Lallement, le préfet de police qu'il accuse d'avoir "détruit" sa vie depuis qu'il a perdu l'usage de son œil droit. Il récidive récemment, dans la vague de dénonciation des violences policières, en traitant les policiers de "bande de nazis", suscitant l'ire du patron de ces derniers, Gérald Darmanin.

Priscilla Ludosky l'hyperactive

Elle non plus n'a jamais cessé de s'impliquer. Avec sa pétition contre la hausse des prix des carburants en 2018, Priscillia Lufosky reste encore aujourd'hui l'inspiratrice des Gilets jaunes et s'est imposée comme la force tranquille du mouvement. Militante multi-cartes, investie dans le combat climatique, cette auto-entrepreneuse a notamment rejoint la plateforme "gilets citoyens", pour veiller à la mise en place de la convention citoyenne sur le climat, qu'elle considère comme "la seule idée des Gilets jaunes directement appliquée par le gouvernement".

En 2019, la jeune femme s'est aussi impliquée dans la dénonciation des violences policières, la promotion des propositions du "vrai débat" - lancé par les Gilets jaunes pour concurrencer le débat national d'Emmanuel Macron -, ou encore la publication d'un livre auto-édité. Le 13 mars dernier, la Seine-et-Marnaise avait été arrêtée et placée en garde à vue au cours d'un événement d'Action non violente-COP21. Comme Jérôme Rodrigues, Priscillia Ludosky sera dans la rue le 12 septembre.

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Eric Drouet, en retrait mais...

Lui aussi prendra le chemin des Champs Elysées ce samedi. Figure ultra-médiatique du mouvement pour avoir initié la manifestation du 17 novembre 2018, le chauffeur routier se considère toujours comme un Gilet jaune. Et ce, même si ses relations avec le mouvement ont souvent été compliquées : il avait notamment annoncé se mettre "en retrait" fin avril 2019, mais est resté actif sur les réseaux sociaux. Et il n'a jamais quitté la rue, en privilégiant les manifestations non déclarées. Ce qui lui a valu une nouvelle amende le 21 septembre 2019. A l'automne dernier, il s'était également glissé dans la "marche de la colère" des policiers pour les accuser de violences. 

Puis, en février dernier, peu après avoir annoncé qu'il quittait le mouvement, il est verbalisé pour une nouvelle manifestation non autorisée de Gilets jaunes sur les Champs Elysées. Idem quelques jours plus tard, cette fois-ci au Salon de l'Agriculture, où il avait tenté d'approcher Emmanuel Macron. Jugé en appel pour ces manifestations non déclarées, il a été relaxé, vendredi 11 septembre, veille du retour à la rue. Entre temps, une polémique agite le mouvement : le devenir de la cagnotte "officielle pour les blessés Gilets jaunes", lancée le 9 janvier 2019 par Eric Drouet en pleine crise des Gilets jaunes. Les quelque 150.000 euros récoltés ont finalement été remboursés aux donateurs en mai dernier.

Maxime Nicolle, des Gilets jaunes aux anti-masques

"Fly Rider", comme il se surnomme, s'est fait connaitre sur Facebook, n'a jamais cessé ses "live" sur les réseaux sociaux. C'est là qu'il continue, depuis deux ans, à pousser ses coups de gueule. Entre temps, il a rejoint la web-télé militante "QG", lancée par la journaliste Aude Lancelin, et publié un livre. Maxime Nicolle s'est également trouvé un nouveau combat : la lutte contre le port du masque obligatoire. 

Le Gilet jaune s'est filmé cet été dans sa cuisine : il fume une cigarette et montre que la fumée sort du masque, preuve incontestable de la futilité du masque. "Si l'air passe dans un sens forcément quand vous allez inspirer, il se produit exactement le même phénomène", lâche-t-il devant 84.000 personnes. Avant d'ajouter : "Si les gens sont assez cons pour (...) réussir à croire qu'un simple petit bout de papier peut sauver la vie..."

Jacline Mouraud l'"émergente"

Sa vidéo contre la "traque aux conducteurs", visionnée six millions de fois sur Youtube, l'avait catapultée au rang d'égérie des Gilets jaunes, avant que ses ambitions politiques ne passent pour une trahison. L'aventure de son micro-parti, "Les Emergents", a été mise "entre parenthèses", après le départ de plusieurs membres du bureau qui ont dénoncé son "culte de la personnalité". Ce qui n'a pas empêché l'hypnothérapeuthe, "gaulliste" autoproclamée, de rêver de la présidentielle de 2022 et de s'imaginer en "candidate des territoires et du terroir".

Ingrid Levavasseur débutante en politique

Des Gilets jaunes à la politique. Très demandée par les médias au début du phénomène, Ingrid Levavasseur, une aide-soignante de Louviers (Eure) s'était progressivement mis à dos une bonne partie du mouvement. En cause : sa volonté de dialogue avec le gouvernement, ses projets (avortés) de liste aux européennes et de chronique sur BFM. Le 17 février 2019 lors d'une manifestation à Paris, elle se retrouve prise dans un étau de manifestants hostiles, "croit mourir", avant d'être exfiltrée.

Elle range son gilet jaune au placard et décide de ne plus manifester. Cette mère célibataire fonde alors deux associations : l'une pour aider les familles monoparentales, l'autre pour défendre des propositions sociales et écologiques. Mais surtout, elle se lance dans la bataille des municipales, et figure en numéro deux sur la liste d'union de la gauche menée par le PS Philippe Brun. Elle a été élue conseillère municipale d'opposition en mars dernier.

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