Durée d'application, montant de la décote et public concerné : le vrai/faux de l'âge-pivot à 64 ans

Durée d'application, montant de la décote et public concerné : le vrai/faux de l'âge-pivot à 64 ans
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Les grèves contre la réforme des retraites d'Emmanuel Macron

DEPART - Que se cache-t-il derrière l'âge-pivot pour le départ à la retraite, annoncé depuis des mois par l'exécutif et confirmé par Edouard Philippe mercredi 11 décembre ? Age d'application, montant de la décote... LCI fait le tour de la question.

C'est la mesure qui fait l'unanimité contre elle. L'introduction d'un âge-pivot de 64 ans, qui dégradera le niveau de votre pension si vous prenez votre retraite plus tôt, mais l'améliorera si vous partez plus tard, a réussi à faire basculer dans l'opposition à la réforme les syndicats qui soutenaient l'idée d'un régime par points. Et, si l'on en croit les premières modalités d'application connues, ça ne risque pas de changer. Tour d'horizon pour clarifier ce fameux bonus-malus.

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Le malus s'appliquera-t-il à toute la durée de la retraite ?

VRAI. Contrairement à ce que disait Sibeth Ndiaye jeudi 12 décembre sur France Inter (elle est revenue dessus depuis), si la mesure de l’âge-pivot s'applique, la personne qui partira avant 64 ans souffrira d'un malus sur toutes ses années de retraite, ce qu'on appelle une décote "viagère", et un bonus si elle part après.. Ce changement serait donc différent de ce qui se passe dans les régimes complémentaires (Agirc-Arcco), où la décote s’applique uniquement dans les trois ans avant l'âge du taux plein et la surcote, dans les trois ans après cet âge.

La décote sera-t-elle de 5% ?

CE N'EST PAS ENCORE TRANCHÉ. Ici, Matignon refait le coup de l'assurance-chômage, en fixant un cadrage aux partenaires sociaux. Si le chiffre de 5% est bien celui qui circule, il laisse aux partenaires sociaux la possibilité de se mettre d'accord sur une autre jauge. Sans quoi, ce sera en effet le montant de 5% qui sera retenu dans la loi-cadre. Mais comme les syndicats ont massivement rejeté cette mesure, paramétrique par excellence, et que le patronat y est favorable, difficile d'imaginer qu'ils se mettent d'accord (les syndicats rejettent d'ailleurs cette injonction) et que la définition du chiffre ne revienne pas, in fine, au gouvernement.  

A titre de comparaison, aujourd'hui, le bonus/malus qui s’applique dans les régimes complémentaires, s’élève à 10% sur trois ans ans. Dans le régime général, la décote est actuellement de 5% pour chaque année avant l’âge du taux plein - dans la limite de 25% de pénalités. Cela pourrait-il servir de modèle ? La piste reste à trancher.

Les générations nées après 1975 sont-elles les seules concernées ?

FAUX. Nulle clause du grand-père ou du grand frère ici : l'âge-pivot s’appliquerait à tous les actifs nés à partir de 1960 et ceux qui doivent partir à la retraite en 2022, donc. Pourtant, le Premier ministre avait assuré qu'il y aurait une montée en charge progressive pour atteindre les 64 ans en 2027. A partir de 2022, surprise du chef, qui ne sera pas de nature à amadouer les syndicats, ceux qui partent à la retraite vont devoir travailler quatre mois de plus.

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