EN DIRECT - Retraites : Laurent Berger étrille l'âge pivot, mesure "injuste" et "inutile"

Retraites : une semaine décisive
Social

RÉFORME DES RETRAITES - Le mouvement de protestation entre dans une semaine décisive. Débutée le 5 décembre 2019, cette grève est la plus longue dans l'histoire de la SNCF. Dans les transports, la situation s'améliore à la SNCF mais elle reste compliquée à la RATP. Plusieurs actions sont prévues toute la semaine. Suivez les dernières informations.

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VOLET ORGANIQUE ADOPTÉ


En l'absence de l'opposition, l'Assemblée nationale a adopté jeudi le volet organique de la réforme des retraites, marquant la fin d'un premier marathon parlementaire après une bataille acharnée d'un mois dans l'hémicycle. Ce volet impose notamment l'équilibre financier du système. 


Deux jours après l'adoption en première lecture du volet principal via le recours à l'arme du 49-3, les députés ont voté le projet de loi organique par 98 voix contre une. Les oppositions de gauche, dénonçant une "mascarade", puis LR, faute de vote solennel, avaient quitté l'hémicycle avant le scrutin.

COUP D'ÉCLAT

Quelques jours après que les deux groupes majoritaires ont quitté l'Assemblée pour protester face à ce qu'elle qualifiait d'"obstruction parlementaire" de la part de la France insoumise et du PCF, c'est au tour des groupes de gauche de quitter l'hémicycle. D'un bloc, les deux groupes susmentionnés et celui du Parti socialiste, dénonçant "une mascarade de démocratie", ont quitté leurs sièges en plein examen du projet de loi organique sur la réforme des retraites. 


Reprochant leurs réponses "lacunaires" au gouvernement et à la rapporteure Cendra Motin, c'est le député PCF Sébastien Jumel qui a sonné la charge : "Soit on vous laisse dérouler tranquillou ce mauvais projet", soit "nous considérons que les choses vont se jouer ailleurs", a-t-il posé, prédisant une "raclée monumentale" à LaRem aux municipales.


Dénonçant un "simulacre de démocratie", Clémentine Autain a suivi son confrère, reprenant "les termes de l'écrivaine Virginie Despentes : nous aussi on se lève et on se barre !" Fin de la rébellion avec Valérie Rabault, patronne des députés PS, qui a annoncé que son "groupe quittera lui aussi l'hémicycle". 


La veille, les groupes d'opposition s'étaient déchaînés contre la majorité, qui avait refusé de voter, en commission, la mise en place d'une commission d'enquête sur l'étude d'impact commandée par le gouvernement sur les incidences financières et démographiques de sa réforme.

NOUVELLE DÉFECTION À LAREM


La députée apparentée LaREM Albane Gaillot a définitivement quitté le groupe mercredi, après avoir critiqué le recours au 49-3 sur la réforme des retraites et voté la motion de censure de gauche contre le gouvernement, indiquent des sources parlementaires de l'AFP. L'élue du Val-de-Marne a officialisé son départ mercredi matin, alors qu'un bureau du groupe majoritaire devait se tenir à la mi-journée et évoquer sa situation. Cette défection fait passer les effectifs des LaREM et apparentés à 297 à l'Assemblée nationale, tandis que la majorité absolue est à 289 sièges. À noter toutefois qu'en comptant l'allié du MoDem et ses 46 députés, la majorité peut s'appuyer sur 343 élus sur 577.

SONDAGE


D'après un sondage YouGov pour le Huffington Post, conduit les 2 et 3 mars, 58% des Français sont opposés au nouveau système de retraites voulu par le gouvernement. Ils sont même 60% à être opposés à la réforme, soit neuf points de plus qu'au mois de février, selon la même étude. Un désaveu qui se retrouve d'autant plus chez les femmes (62%). Après l'usage du 49-3, ils ne sont plus que 28% à soutenir le gouvernement, un chiffre en baisse de sept points par rapport au mois dernier.

Les deux motions de censure ont été rejetées, hier soir, à l'Assemblée nationale.

Urgent

LREM

Des ex-députés LREM ont voté en faveur de la motion de censure contre le gouvernement. 

Urgent

TEXTE ADOPTÉ

Toutes deux rejetées. Après l'utilisation du 49-3 par le Premier ministre, les deux motions de censure ont été rejetées par l’Assemblée nationale. De facto, le texte déposé est adopté en première lecture. 

Retraites : les deux motions de censure rejetées, le texte adopté en première lecture à l'Assemblée

Urgent

MOTION DE CENSURE


L'Assemblée nationale a rejeté ce mardi soir la motion de censure de la droite contre le gouvernement d'Edouard Philippe, qui a eu recours au 49-3 pour faire passer en première lecture le projet de réforme des retraites.


Cette première motion, avant l'examen d'une seconde déposée par la gauche, a recueilli 148 voix. Ce total, annoncé au perchoir le président de l'Assemblée Richard Ferrand (LREM), est largement inférieur aux 289 voix - la majorité absolue des députés - qui auraient été nécessaires pour renverser le gouvernement.  

PHILIPPE


Accusé sur sa droite comme sur sa gauche d'un "fiasco" sur les retraites, Edouard Philippe, confronté mardi à deux motions de censure à l'Assemblée, a dénoncé les "combines procédurales" ayant conduit au recours à l'arme du 49-3 sur cette réforme "ambitieuse".


Après 13 jours d'un parcours hors norme à l'Assemblée en première lecture pour ce projet emblématique visant à créer un système "universel" par points, le Premier ministre avait signé samedi la fin de la partie avec le recours surprise à cet outil constitutionnel permettant de faire adopter le texte sans vote.

MANIFESTATIONS


Les cortèges et rassemblements contre la ré&forme des retraites ont rassemblé 22.300 manifestants au total, dont 6.200 à Paris, selon le ministère de l'Intérieur.


La CGT a revendiqué dans un communiqué "des dizaines de milliers de manifestants" dans toute la France, l'intersyndicale opposée au système universel de retraite par points en comptant 20.000 dans la capitale, entre République et Madeleine.

MOTIONS DE CENSURE 


L'examen des deux motions de censure déposées par les oppositions vient de débuter à l'Assemblée nationale. C'est Damien Abad, chef de file du groupe LR et porteur de la motion de la droite, qui prend le premier la parole. Viendra ensuite le tour du communiste André Chassaigne, choisi comme orateur par les trois groupes de gauche (PCF-PS-LFI) pour leur motion commune. Puis interviendront tour à tour, pour une discussion générale, Patrick Mignola pour le MoDem (15 minutes), Valérie Rabault pour le PS (15 minutes), Jean-Christophe Lagarde pour UDI-Agir (10 minutes), Philippe Vigier pour Libertés et territoires (10 minutes), Jean-Luc Mélenchon pour La France Insoumise (10 minutes), Jennifer de Temmerman (ex-LREM) comme non-inscrit (5 minutes) et Gilles Le Gendre pour LaREM (40 minutes). C'est alors que le Premier ministre Edouard Philippe leur répondra. 


Après une pause, chacun des huit groupes de l'Assemblée aura, à partir de 21H30, cinq minutes pour expliquer son vote sur la motion LR. A l'issue, les députés voulant voter cette première motion de censure déposeront dans une des urnes transparentes installées dans les salons un bulletin, doté d'un code-barre de manière à ce que leur voix soit enregistrée via un scan. Ils auront une demi-heure pour le faire. Sera ensuite proclamé à la tribune le nombre des députés ayant voté la motion de censure LR, puis seront publiés leurs noms. La motion ne pourra être adoptée que si elle recueille au moins 289 voix, soit la majorité absolue des membres de l'Assemblée. Hypothèse qui est exclue au vu du rapport des forces au Palais Bourbon. Enfin, chaque groupe donnera l'explication de son vote sur la deuxième motion, de gauche, soumise au vote dans les mêmes conditions que la première, avant la proclamation des résultats, peu avant minuit.

ABSTENTION "D'ALERTE ET D'EXIGENCE"


Comme ses collègues de la Manche, Sonia Krimi, et du Gard, Olivier Gaillard, notamment, la députée LaREM du Bas-Rhin, Martine Wonner, annonce ce mardi par communiqué qu'elle ne votera pas contre les deux motions de censure déposées par les oppositions, ajoutant qu'elle fera "le choix d'une abstention d'alerte et d'exigence". Et de conclure : "Il est temps de changer nos méthodes de travail. Le pays a plus que jamais besoin de dirigeants à la hauteur".  

MOTIONS DE CENSURE


Marine Le Pen a annoncé mardi qu'elle voterait avec les 5 autres députés du Rassemblement national (RN) la motion de censure déposée contre le gouvernement par la gauche mais pas celle de la droite LR, qui propose un départ à la retraite à 65 ans. "Nous voterons la motion de censure qui demande le retrait pur et simple de cette réforme", soit celle présentée par trois groupes de gauche - PS, PCF et LFI -, "en revanche nous ne voterons pas celle qui évoque un allongement de l'âge de départ à la retraite et la fin par principe des régimes spéciaux", soit celle déposée par Les Républicains, a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse à l'Assemblée, dénonçant le "sectarisme de certains".

Urgent

LA CGT CLAQUE LA PORTE


Ils l'avaient annoncé, avant de temporiser. Cette fois c'est officiel. A la suite de FO, la veille, la CGT annonce quitter la conférence de financement des retraites, en dénonçant une "mascarade". 


la CGT déclare dans un communiqué qu'elle "ne servira pas d'alibi dans une conférence où tout est joué d'avance". La CGT "a fait des propositions concrètes et étayées en matière de réforme des retraites améliorant le système actuel, lors de la conférence de financement du 18 février". Elle "a adressé un courrier au Premier ministre, le 25 février, rappelant ses propositions et exigeant une réponse à celles-ci".


"Non seulement, le Premier ministre ne répond pas mais il choisit de recourir au 49-3 en confisquant le débat démocratique sur le projet de réforme des retraites, tout en adressant un courrier aux partenaires sociaux, persistant sur ses objectifs de régression sociale", ajoute la CGT. 

AVOCATS 

BLANQUER

Interrogé par LCI sur l'usage du 49-3 de la Constitution, le ministre de l'Education indique qu'il faisait "partie des personnes qui s'y attendaient" et "l'avaient prôné", et qu'il trouvait cette solution "plus pertinente que la dissolution".


"Cela faisait des mois, des années qu'on parlait de cette réforme. Il y a 400 amendements qui ont été adoptés, en réalité il y a de l'écoute. On utilise pas le 49-3 par plaisir, mais ceux qui faisaient de l'obstruction sont heureux de pouvoir dire qu'on l'a utilisé, ce sont des pyromanes commentateurs comme monsieur Ruffin, qui se sont spécialisés là-dedans. Ils attaquent, créent du trouble, parce que c'est leur mode d'existence politique".


"Ce serait plus intéressant s'ils étaient constructifs, d'ailleurs quand ils le sont, on reprend leur travail".

BLANQUER

"On parle beaucoup de la rémunération des professeurs. Jusqu'au mois de juin, on est dans un dialogue social pour établir la programmation de l'évolution de la rémunération des enseignants. Il y aura au moins 100 euros de plus par mois pour les nouveaux entrants. C'est évidemment vrai pour les générations plus âgées. Avec la rémunération viennent d'autres sujets, de qualité de vie, de santé au travail, sur lesquels nous sommes en travail".

ABSTENTION


Le député Olivier Gaillard a annoncé qu'il ne participerait pas au vote prévu demain. "Je refuse tout autant de voter la confiance au Gouvernement, que de voter une motion de censure. Je refuse, dans de telles circonstances et face un texte majeur, de donner mon aval à des techniques telles que l’obstruction et le 49-3. Je refuse de cautionner par mon vote, une instrumentalisation politique à double sens qui est le fait de l’opposition mais aussi d’un choix gouvernemental", indique-t-il dans un communiqué publié sur Facebook.

49-3 : deux députés LaRem quittent leur groupe à l'Assemblée, un troisième annonce qu'il s'abstiendra

Urgent

FO CLAQUE LA PORTE


Le syndicat Force ouvrière annonce qu'il quitte la conférence de financement des retraites. Celle-ci réunissait les partenaires sociaux pour trouver une alternative à l'"âge-pivot" prévu initialement par le Premier ministre. 

MOTIONS


Les motions de censure de la droite et de la gauche contre le gouvernement seront débattues mardi en fin d'après-midi à l'Assemblée, après le 49-3 utilisé par Edouard Philippe pour faire passer la réforme des retraites, a appris l'AFP lundi de source parlementaire. La discussion commencera vers 17h30 à l'issue des questions au gouvernement dans l'hémicycle. De même source, les débats pourraient durer jusqu'à minuit environ

RUFFIN JUGE LES MOTIONS DE CENSURE "BIDONS"


Le député LFI François Ruffin réclame la "dissolution de l'Assemblée nationale" après le recours au 49-3 pour faire adopter la réforme des retraites, estimant que les motions de censure déposées par l'opposition étaient "du bidon".


"Il nous faut exiger, dans l'immédiat, une dissolution de l'Assemblée nationale", écrit l'élu de la Somme sur son blog, à la veille de l'examen probable mardi de deux motions de censure de la droite et de la gauche, présentée par Damien Abad (LR) et le communiste André Chassaigne.


M. Ruffin dénonce tout à la fois la décision du Premier ministre Edouard Philippe d'engager la responsabilité du gouvernement pour faire adopter sans vote le projet de réforme des retraites via l'article 49-3 de la Constitution, mais aussi les motions de censure déposées par les députés qu'il juge illusoires.


"C'est du bidon. De l'agitation, qui demeure dans le ronron des institutions. Nous ferons, à coup sûr, de belles diatribes à la tribune", écrit François Ruffin, "le Premier ministre donnera la réplique, et la majorité applaudira en cadence, puis se lèvera pour une standing ovation, avant de voter le rejet" des motions de censure.

Urgent

MANIFESTATIONS


Après l'annonce du recours au 49-3, l'intersyndicale appelle à des mobilisations partout en France demain mardi contre cette "nouvelle preuve" que le gouvernement veut "faire passer en force son projet de régression sociale".


Le 49-3 "démontre l'impuissance du gouvernement à répondre aux interrogations sérieuses et légitimes des parlementaires à propos de ce projet incomplet, très approximatif, aux multiples inconnues", ajoutent lundi dans un communiqué la CGT, FO, la CFE-CGC, la FSU et Solidaires, les organisations de lycéens Fidl, MNL, UNL et d'étudiants Unef.

ANNE HIDALGO

"L'usage du 49-3 est extrêmement dangereux et incompréhensible. Le pays a besoin d'apaisement et de dialogue. On le sait à la capitale, on nous avons toutes les semaines, depuis un an, des manifestations qui impactent la vie des Parisiens. On a besoin d'apaisement. Le 49-3 est une mesure qui n'apaise pas, qui va provoquer des manifestations, de la colère."

COMEDIE FRANCAISE

A l'instar des danseurs de l'Opéra de Paris, les comédiens ont fait grève en performant, ce dimanche, à la Comédie Française. C'est en répartissant aux fenêtres que les pensionnaires, en costumes d'époque, se sont donné la réplique pour jouer "L'Avare", une pièce de circonstance, avec la célèbre scène où l'on voit Harpagon hurler : "Mes gages, mes gages !"

"CYNISME ET INCOMPÉTENCE"

Après le recours au 49-3, le sénateur Michel Amiel quitte La République en Marche

TOURCOING


Le local de campagne du ministre Gérald Darmanin, tête de liste aux municipales à Tourcoing, a été tagué dimanche 1er mars par des manifestants hostiles au recours au 49.3 pour adopter la réforme des retraites. Le ministre de l'Action et des Comptes publics a dénoncé sur sa page Facebook des "attaques personnelles" et une action "d'intimidation", la "deuxième" contre son local.

GOUVERNEMENT


Le secrétaire d'Etat chargé des Retraites, Laurent Pietraszewski, défend le choix d'abréger les débats à l'Assemblée nationale pour faire adopter la réforme, évoquant "un 49-3 de rassemblement" qui "reprend presque toutes les demandes de la majorité" et "manifeste que les oppositions ont été entendues", dans un entretien accordé aux Échos.


Le gouvernement a de fait retenu un amendement communiste qui précise que les égoutiers recrutés avant le 1er janvier 2022 pourront partir à la retraite à 52 ans. La pénibilité, elle, constitue "l'un des sujets sur lesquels syndicats et patronat devront trouver un accord en conférence de financement. En tout état de cause, ce sujet reste ouvert, le débat n'est pas fini", estime Pietraszewski.


Quant aux avocats, "globalement", ils "sont gagnants à la réforme", ajoute-t-il en citant le maintien de leur caisse autonome et le fléchage de "nombreuses recettes, comme les droits de plaidoirie". "Maintenant, à eux de travailler pour mettre en place une péréquation professionnelle", poursuit le secrétaire d'Etat.


La nouvelle mouture du projet de loi ne reprend pas l'article qui évoquait l'épargne retraite et ratifiait des ordonnances issues de la loi PACTE sur ce sujet. La suppression de cet article constitue "une demande des rapporteurs, et nous ne voulions pas mélanger la répartition et ces dispositions sur la retraite supplémentaire. Nous trouverons un autre véhicule pour ratifier ces ordonnances", indique Laurent Pietraszewski.

JEAN-LUC MÉLENCHON SUR LCI 


Invité de LCI ce dimanche, le président du groupe LFI à l'Assemblée nationale Jean-Luc Mélenchon a dénoncé l'attitude de la majorité. "Il y a des moments où il y a une pulsion totalitaire. C'est comme ça et pas autrement et tous ceux qui ne sont pas d'accord sont des fous ou des délinquants", a-t-il déclaré.

JEAN-LUC MÉLENCHON SUR LCI 


Invité de LCI ce dimanche, Jean-Luc Mélenchon a dit espérer "des mouvements de masse" en réaction à l'utilisation du 49-3 sur le projet de réforme des retraites. "Ceux qui ont repris le travail n'ont pas changé d'avis mais ont des comptes à régler", a ajouté le patron de La France insoumise. 

JEAN-LUC MÉLENCHON SUR LCI 


Invité de LCI ce dimanche, le patron de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon s'insurge du recours à l'article 49-3. "Dans quelle démocratie au monde une loi est-elle considérée comme adoptée à partir du moment où le chef du gouvernement le décide ?", dénonce le député LFI des Bouches-du-Rhône.

JEAN-LUC MÉLENCHON SUR LCI 


Invité de LCI ce dimanche, Jean-Luc Mélenchon déplore "un moment pitoyable de notre vie commune" après le recours par le gouvernement à l'article 49-3, annoncé samedi par Edouard Philippe. Le leader de la France insoumise dénonce en outre "les bobards" de l'exécutif s'agissant des amendements déposés par le groupe LFI à l'Assemblée. "On a expliqué qu'on avait déposé 700 000 sous-amendements, c'est une pure invention."

LAREM


Le sénateur des Bouches-du-Rhône Michel Amiel a annoncé ce dimanche qu'il quittait LaREM, après la décision du gouvernement de recourir au 49-3 pour faire adopter le projet de réforme des retraites par l'Assemblée nationale. "Il y a eu une succession de maladresses très très défavorables à une action gouvernementale fluide", a-t-il déclaré à l'AFP. "Le fin du fin, c'est le 49-3, un samedi soir en pleine période d'épidémie de coronavirus, presque en catimini."


"À un moment donné, la forme est indissociable du fond et ça crée un véritable malaise entre l'exécutif et les gens", fait valoir l'élu, également candidat aux municipales aux Pennes-Mirabeau, dont il a été le maire jusqu'en 2017. "C'est une décision qui traduit chez moi une profonde déception d'un certain nombre de choses", souligne-t-il. "Un bon débat parlementaire" aurait, selon lui, permis d'améliorer le projet de réforme des retraites.

MANIFESTATION


Plusieurs dizaines de Gilets jaunes ont formé dimanche devant le Mont-Saint-Michel une chaîne humaine représentant un 49-3, pour dénoncer le recours du gouvernement à cette procédure pour faire adopter sans vote la réforme des retraites. Les manifestants en jaune se sont donné la main pour dessiner un 49.3, visible depuis les remparts de l'abbaye. "49.3, on n'en veut pas", ont-ils proclamé. Au micro, l'un des participants a estimé que le recours à cet article de la Constitution, décidé samedi par le Premier ministre Edouard Philippe, était "un vol de la démocratie contre le peuple".

MOTIONS DE CENSURE


L'Assemblée nationale confirme que deux motions de censure ont été déposées.

RASSEMBLEMENTS


Plusieurs rassemblements se tiennent également dans plusieurs grandes villes de France à Lyon, Marseille, Lille, Toulouse ou encore Bordeaux, après l'annonce de l'utilisation de l'article 49-3 pour faire passer le projet de réforme des retraites.

CLARIFICATION


En pleine épidémie du coronavirus, le Premier ministre Edouard Philippe a décidé d'utiliser l'article 49-3 de la Constitution pour abréger les débats autour de la réforme des retraites. Une décision qui déclenche les foudres de l'opposition mais que le chef du gouvernement a justifié sur le plateau du JT de 20H de TF1.

Recours à l'article 49-3 : "Ça n'a aucun lien avec le coronavirus", assure Edouard Philippe sur TF1

RÉACTIONS


L'ancienne ambassadrice des pôles Ségolène Royal "demande au Président et au Premier ministre de retirer le 49.3 et leur tentative de passage en force". "Au vu des mobilisations spontanées cela risque de mal finir. Une autre gouvernance responsable est possible, vite. Responsabilité et Respect", tweeté l'ancienne candidate à la présidentielle de 2007.

RÉACTIONS


L'ancien ministre de Transition Écologique et Solidaire François de Rugy a jugé sur Twitter qu'il "n'y avait malheureusement pas d'autre possibilité que le 49-3 pour sortir de l'impasse et avancer."

EDOUARD PHILIPPE SUR TF1


Quelques heures après avoir annoncé le recours à l’article 49-3 pour faire passer sans vote le projet de réforme des retraites, à l'issue d'un Conseil des ministres exceptionnel dédié au coronavirus, le Premier ministre Edouard Philippe était l'invité du JT de 20H de TF1.

VIDÉO - Coronavirus, retraites : ce qu’il faut retenir de l’interview d’Edouard Philippe sur TF1

RASSEMBLEMENT


Quelques centaines de personnes opposées à la réforme des retraites se sont rassemblées samedi soir à Paris près de l'Assemblée nationale pour dire "non au 49-3" activé par le Premier ministre Edouard Philippe. 

EDOUARD PHILIPPE


Le local de campagne d'Edouard Philippe, tête de liste aux municipales au Havre, a été tagué et caillassé samedi soir par des manifestants qui ont laissé éclater leur colère après la décision du Premier ministre d'utiliser le 49-3 pour adopter la réforme des retraites, a constaté une correspondante de l'AFP.


Réagissant à sa décision d'engager la responsabilité du gouvernement pour faire adopter sans vote le texte sur les retraites, 140 personnes selon la police, parties de l'hôtel de ville, avaient commencé à battre le pavé à la nuit tombée dans les rues du Havre. Arrivée devant sa permanence, des manifestants ont commencé à taguer le local et jeté des pierres sur la vitrine qui a été en partie brisée. Des poubelles ont été déversées et une voiture a également été dégradée. "49.3 Philippe prend la fièvre", "Mettons le en quarantaine", "Déni de démocratie" pouvait-on lire sur des inscriptions fraîchement peintes à la bombe.


L'ex-chef de cabinet du Premier ministre, Mohamed Hamrouni qui a rejoint la campagne d'Edouard Philippe, a annoncé à l'AFP qu'il se rendait au commissariat pour "porter plainte pour dégradations".

GOUVERNEMENT


Invitée samedi soir sur LCI, Sibeth Ndiaye a défendu l'utilisation de l'article 49-3 pour faire passer le projet de loi sur la réforme des retraites. "L'objectif de certains oppositions, comme LFI, était d'occuper du temps parlementaire. Nous étions ouverts au débat, le texte comporte des amendements de l'opposition", a fait savoir la porte-parole du gouvernement.

MOTION DE CENSURE


Après la droite, la gauche a déposé à son tour ce samedi soir une motion de censure contre le gouvernement, qui a engagé sa responsabilité via le 49-3 pour faire passer sa réforme des retraites, a appris l'AFP de sources parlementaires. Les trois groupes de gauche à l'Assemblée (PS, LFI, PCF) ainsi que Jennifer de Temmerman (non-inscrite, ex-LaREM), soit 63 députés, dénoncent dans leur motion "un gouvernement qui piétine la procédure parlementaire". "L'héritage du Conseil national de la résistance ne peut ainsi être remis en question" par cette réforme prévoyant un système universel de retraite par points, proclament-ils aussi.

EDOUARD PHILIPPE SUR TF1


Les explications du Premier ministre Edouard Philippe sur l'utilisation du 49-3.

EDOUARD PHILIPPE SUR TF1


"Le texte sur lequel j'ai engagé ma responsabilité n'est pas le texte initial que j'ai déposé à l'Assemblée nationale. C'est un texte dans lequel j'ai intégré tous les accords, toutes les convergences entre les organisations syndicales et patronales et un très grand nombre d'amendements, qui n'ont pas été forcément discutés par l'Assemblée nationale, proposés par la majorité mais aussi des parlementaires de l'opposition. Le texte va continuer à vivre car il va passer au Sénat où il y aura un débat. Il sera ensuite de retour à l'Assemblée nationale où il pourra être enrichi des travaux de la Conférence de financement. Autrement dit, ce n'est pas une fin, c'est une étape qui met un terme à un non-débat. Ce que je regrette mais vraiment l'Assemblée nationale ne peut pas être une zone d'obstruction, de non-débat. Il faut que les choses avancent dans notre pays."

EDOUARD PHILIPPE SUR TF1


"J'utilise le 49-3 qui est une procédure parfaitement constitutionnelle. Je me souris, pardon, je m'étonne quand certains disent le 49.3 on ne pourrait pas l'utiliser. C'est un instrument offert au gouvernement par la Constitution pour sortir l'Assemblée, en l'occurrence, de l'ornière et faire en sorte qu'on puisse avancer."

EDOUARD PHILIPPE SUR TF1


"Ça n'a aucun lien avec le coronavirus. Pendant des heures, on a discuté du titre de la loi. Le débat parlementaire, ce n'est pas pour une toute petite minorité de s'accaparer la totalité du temps du parole pour ne pas faire en sorte que le débat de fond puisse prospérer. C'est de ça qu'il s'agissait, d'une logique d'obstruction assumée. L'objectif, c'était que ça n'avance pas. J'ai choisi de prendre mes responsabilités."

Infos précédentes

Ce lundi débute le 33ème jour de grève contre la réforme des retraites, un record pour un blocage en continu des transports depuis plus de 30 ans, mais le dialogue de sourds entre exécutif et syndicats reste bien installé alors qu'une semaine décisive s'annonce.

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