Épinglée par la Fondation Abbé Pierre, BNP Paribas retire son mobilier anti-SDF

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DISCRIMINATIONS - La veille de la Saint-Valentin, la banque avait été épinglée par la Fondation Abbé Pierre (FAP) pour l'agressivité de son mobilier anti-SDF. Des clous avaient été installés dans le 2e arrondissement de Paris. Peu après, l'agence BNP Paribas a décidé de retirer le dispositif.

Des rochers sous les ponts, des pots de fleurs dans les entrées ou des clous sur les rambardes, l'imagination pour empêcher les sans-domicile de s'installer ne manque pas. Le 13 février dernier, la Fondation Abbé Pierre (FAP) a remis les "Pics d'Or" des pires innovations en matière de mobilier urbain anti-SDF. Et sur le podium se trouvait BNP Paribas. 

"Il faut reconnaître qu'il y a beaucoup d'innovation en la matière", ironise Christophe Robert, délégué général de la FAP. "On constate une augmentation des dispositifs anti-SDF dans les centres-villes, où on voit bien que les enjeux du commerce, du tourisme et de l’attractivité sont très liés à ce phénomène", explique-t-il. Au total, six récompenses ont été remises. Le Clou, distinction qui récompense le dispositif le plus agressif, a été décerné à la banque BNP Paribas, pour son agence dans le 2e arrondissement de Paris. 

Une semaine plus tard, la banque française se résout à retirer ce mobilier anti-SDF. "Nous avons décidé de retirer les pics ce week-end suite à la cérémonie des Pics d’Or", assure une porte-parole du groupe au pureplayer Novethic. "Cela nous a fait un choc".

Cette remise de prix est le fruit d'une action menée par la fondation en 2018 et baptisée "Soyons humains", qui permettait à tout citoyen de manifester son étonnement ou son désaccord en postant sur un site internet des photos de mobilier urbain anti-SDF. "Ce mobilier urbain est a priori inoffensif, on le voit tous les jours et beaucoup de gens ne se questionnent pas sur le fait que sous leurs formes design, ils cachent en réalité une nouvelle forme de criminalisation et de répression à l'égard des personnes qui sont dans la rue", explique la sociologue Marie Loison, aussi membre du jury des "Pics d'or".

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