Eric Drouet "dégoûté du mouvement", Maxime Nicolle pour des "opérations coups de poing" : quel "acte 27" des gilets jaunes ce samedi ?

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MANIFESTATION - Alors que le mouvement des Gilets jaunes célèbre son sixième mois d'existence, le samedi 18 mai devrait marquer le jour du "27e acte". Mais avec une mobilisation qui s'essouffle depuis deux semaines et des chefs de file qui tentent de trouver d'autres moyens d'action, les manifestants ne semblent pas répondre présents au rendez-vous.

"Racket organisé, c’est non", "pour une révolution du système", "stop au glyphosate". Pour la simple ville de Paris, une multitude d’événements existent pour le "27e acte" des Gilets jaunes. Mais aucun d'entre eux ne dépasse les 500 intéressés. Après deux semaines de baisse de mobilisation record, selon les chiffres de l'Intérieur et le Nombre jaune, le compteur de manifestants du mouvement, et six mois de contestation, les Gilets jaunes ont-ils prévu de manifester ce samedi 17 mai ?

Eric Drouet ne veut plus de manifestations "ridicules"

Le déclencheur du mouvement se dit exaspéré par la tournure qu'il prend. Dans une vidéo diffusée sur YouTube le 13 mai, il se dit même "dégoûté". "Il va vraiment falloir arrêter les manifestations déclarées", lance-t-il devant sa caméra, tout en prenant soin d’épargner ses "amis" qu’il "apprécie énormément". "Je ne les rejoins plus du tout sur le mouvement avec ces manifestations à thème qui s’éloignent de plus en plus des revendications principales des Gilets jaunes." Au fil des sept minutes de la vidéo, le routier déroule sa frustration : les derniers "actes" ont été "ridicules", "des conneries".  Car s’il admet que déclarer les manifestations les rendent "plus sécurisées", il estime aussi qu'elles ne font plus "chier le gouvernement". "Le samedi soir, à 23h, on est passé à autre chose. Ça, ce n’est pas une forme de résistance." Un ras-le bol qui se poursuit tout au long de la séquence, versant parfois dans une lourde ironie : "Le thème de la semaine prochaine c’est ‘comment se faire enfler par Macron en quatorze étapes’?"

Pour répondre à ce mécontentement qu'il dit partager avec "beaucoup" de manifestants qui "ressentent la même chose", le routier veut revenir à l'organisation de défilés massifs dans des grandes villes. Et invite ses compagnons de lutte à en faire de même pour éviter les dispersions. "J'aimerais bien que les figures du mouvement arrivent à se réunir à un moment donné pour accorder les violons." Pour y arriver, il faudra selon lui "mettre les egos de côté." "Il y a plein de trucs à faire et, tous réunis, tous ensemble, on peut faire quelque chose, il faut s'accorder. " Eric Drouet propose donc de "reprendre" les ronds-points comme au début de la contestation et de n’organiser qu’une manifestation dans un lieu donné. "J’invite tous les groupes à ne mettre qu’une manifestation et l’épingler en haut de la page en début de semaine." Une règle que lui-même n’a pas encore appliquée à son propre groupe.


Eric Drouet n'est pas seul à vouloir secouer le mouvement. Sur son groupe, Maxime Nicolle demande aussi la "fin des manifestations déclarées", pour débuter des "opérations coups de poing" et se "former à la désobéissance civile sans violence". De nombreux projets qui, pour le moment, semblent encore en gestation. Des Gilets jaunes locaux ont donc organisé plusieurs manifestations en région. Mais contrairement à la semaine dernière, où un grand rassemblement avait eu lieu à Nantes, aucune ville ne semble sortir du lot. 

Plusieurs événements ont tout de même vu le jour sur Facebook. Est ainsi prévue une "inter-régionale" à Alès, dans le Gard, pour "toute l’Occitanie". La Préfecture a donc interdit tout rassemblement ou manifestation sur la voie publique et le domaine public routier  tout au long du week-end, selon Midi Libre. Une interdiction qui sera également de mise à Paris, comme chaque semaine, dans les secteurs des Champs-Elysées, de l'Assemblée nationale et de Notre-Dame. Les quelques événements qui existent prévoient pourtant de se rendre sur la plus belle avenue du monde. Une initiative existe également à Strasbourg pour une " traditionnelle assemblée générale". Et, comme chaque semaine, un "soulèvement" est espéré à Lyon pour une "justice sociale, fiscale et climatique !", tout comme à Marseille

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