Drouet, Nicolle, Ludosky : les figures des Gilets jaunes au bord de la saturation ?

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La colère des Gilets jaunes

TRIO HISTORIQUE - Priscillia Ludosky, Maxime Nicolle et Éric Drouet, noyau historique des Gilets jaunes, ont tous les trois fait savoir cette semaine qu'ils commençaient à saturer. Présents aussi bien sur Facebook que dans les médias depuis le début du mouvement, ils s'estiment être la cible de nombreuses critiques.

Elles sont au centre de l’attention depuis plus de cent jours. Médiatisées, sur-sollicitées, adulées ou conspuées, les figures du mouvement des Gilets jaunes commencent à saturer. Et, fait nouveau, le trio historique composé de Maxime Nicolle, Éric Drouet et Priscillia Ludosky a publiquement partagé son ras-le-bol. Que ce soit en "live" sur les réseaux sociaux ou aux micros des journalistes, ils se disent "fatigués" par les critiques et les tentatives de récupération politique... sans pour autant envisager leur retrait du mouvement.

Éric Drouet lance un "coup de gueule"

Éric Drouet "en a marre". Dans un direct sur Youtube, posté lundi soir, il a poussé un coup de gueule contre plusieurs personnalités du mouvement. "J'essaye de faire une vidéo depuis tout à l'heure, mais j'ai un peu de mal", dit-il, visiblement ému et le visage cerné par la fatigue. Pour celui qui est à l'initiative du premier acte, des personnes "affectent" le mouvement en y semant le trouble. Il décide donc de les nommer en "live". 


"Je vais les afficher en public parce que, rien à foutre, ils l’ont fait aussi avec moi", fustige-t-il, citant pèle-mêle d'autres Gilets jaunes : Sophie Tissier, ancienne militante de la Nuit debout qui avait critiqué le routier sur le plateau de LCI, Gabin Formont, créateur de "Vécu, le média des Gilets jaunes" accusé "d’utiliser des blessés pour [le] faire tomber", ou encore les "Gilets jaunes constituants", cette branche du mouvement qui lui aurait "forcé la main" en lui demandant en plein "live" de répondre à des questions sur la franc-maçonnerie. Sujet sur lequel il refuse de s’exprimer, estimant qu’il n’est pas un connaisseur. "Je vais le répéter une dernière fois : je ne parlerai aucunement de la franc-maçonnerie. Ce n’est pas mon sujet."

"J’en veux beaucoup à ces personnes-là qui perdent autant de temps à nous décrédibiliser alors qu’il y a plus important à faire." Le Gilet jaune est même allé plus loin. Il aurait publié dans la même soirée ce message : "Envie de tout arrêter, de revenir à ma vie d’avant." Une capture d’écran qui existe sur Twitter mais qui reste introuvable sur Facebook, probablement supprimée.

Eric Drouet semble cependant n'avoir aucunement envie de changer de cap. De fait, il conclut cette prise de parole, vue plus de 90.000 fois, avec un message pour ses soutiens : "Le reste des Gilets jaunes je vous adore. C’est vous qui nous faites tenir, pour ceux d’entre nous qui sommes, malgré nous, devenus des figures. On vit à travers vous."

Maxime Nicolle veut retrouver sa vie "de simple citoyen"

Figure appréciée depuis le début du mouvement, Maxime Nicolle alias Fly Rider, a lui aussi tenu des propos inédits. Sur BFMTV, il a ainsi partagé sa lassitude. Si ces "lives", qui cartonnent depuis le début, lui ont permis de "flatter son égo", il avoue à nos confrères avoir "hâte de retourner à [sa] vie de simple citoyen normal". "Même si j’ai l’impression que ça va être très compliqué". Toujours selon la même source, il dit recevoir entre 50.000 et 70.000 messages par jour. 


L’erreur de parcours selon lui ? Avoir été médiatisé. Dans un direct enregistré dimanche sur son groupe Facebook, il reconnait ainsi être "tombé dans un piège". "Etre médiatisé c’est hyper compliqué. Parce que déjà on ne le demande pas. Ensuite tout le monde a l’impression que c’est moi la solution, tout le monde me pose des questions sur des sujets divers et variés." Mais il avoue être surpassé par l’afflux de messages, et ne pas avoir la science infuse. "Je suis comme vous, je continue de m’instruire." 

S’il est impatient de retrouver un quotidien moins chargé, le Breton affirme cependant qu’il n’abandonnera pas. Dans la même vidéo, visionnée plus de 109.000 fois, il promet que malgré les tentatives de "décrédibiliser" le mouvement, "le peuple" et "la majorité des gens qui crèvent la dalle sur cette planète" resteront mobilisées. "C’est peut être utopique de se dire qu’on va arriver à changer tout ça. Mais si on ne fait rien, on n’arrivera à rien." Et de rajouter qu’en ce qui le concerne, il continuera sa lutte pour que dans "dix ans ou vingt ans".

Priscillia Ludosky "fatiguée" des tentatives de récupération politique

Cette Gilet jaune discrète mais très influente subit moins les critiques sur les groupes Facebook. Mais se dit victime d'attaques et de tentatives acharnées de récupération politique, notamment par des membres, dit-elle, de la France Insoumise. Interrogée par Le Média, elle confie avoir été la cible "d’attaques, de critiques ou de tentatives de récupération fatigantes". Celle qui est à l’initiative de la première pétition contre la hausse des prix du carburant insiste sur un groupe particulier qui est là "depuis le début" et qui l’aurait approchée "encore jusqu’à la semaine dernière". "Les politiques sont très, très, très tenaces", confie-t-elle. "C’est hallucinant, ils viennent nous voir aux manifestations. Quand c’est rejeté et c’est dit et redit, c’est assez fatigant de voir qu’ils ne lâchent pas l’affaire." 

Mais pour cette Gilet jaune, le ras-le-bol vient aussi du combat médiatique qu’elle se sent obligée de mener, à cause des "nombreuses étiquettes" que le mouvement aurait reçu. "Ce sont des combats de communications incessants, et c’est assez prenant en termes d’énergie. C’est pénible." Comme ses compagnons de lutte, avec qui elle s’est déjà dite d’accord sur le fond sans l’être nécessairement sur la forme, elle ne compte cependant pas abandonner. Lors d’une conférence publique tenue lundi dans le 13e arrondissement parisien, elle a même présenté un calendrier des initiatives prévues pour le mois de mars. Alors, lorsqu’on lui demande si elle est optimiste, elle sourit, expliquant qu’elle l’est "pour la suite à très long terme", clairement consciente que "ce ne sera pas un combat facile". 

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