Etats-Unis : quatre policiers de Minneapolis licenciés après la mort d'un homme noir lors d'une interpellation violente

Personnes manifestant pour montrer leur soutien à la famille de George Floyd et s'opposer au traitement que lui a infligé la police.

Photo prise le 25 mai 2020
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VIOLENCE POLICIÈRES - Plaqué brutalement au sol par quatre policiers pour un délit mineur, George Floyd, un homme noir d'une quarantaine d'années, est décédé d'asphyxie. L'affaire, qui a conduit ce mardi au licenciement des quatre membres des forces de l'ordre impliqués, alimente le sujet des violences policières et du racisme dans la police américaine.

Un usage "excessif et inhumain" de la force. Ce sont les mots de la famille de la victime pour caractériser ce drame. Lundi soir, George Floyd a été plaqué au sol par un policier de Minneapolis et immobilisé à l'aide d'un genoux sur la gorge. La scène a été filmée par une passante sur Facebook Live. On y voit le quarantenaire lutter pour sa survie et surtout répéter à plusieurs reprises : "je ne peux pas respirer". Après quelques minutes, l'homme noir s'immobilise face à la poigne du policier qui l’immobilise. Un témoin s'alarme alors : "Il ne respire plus, il ne bouge plus, prenez son pouls". Une ambulance arrivera quelques instants plus tard, trop tard. George Floyd décède peu après. Un porte-parole de la police a précisé que l'homme semblait drogué ou alcoolisé et que ce n'est qu'après l'avoir menotté le policier a "réalisé que le suspect souffrait d'une détresse médicale".

Un usage de techniques illégales

En réponse à cet acte et à la colère croissante des habitants de Minneapolis, Jacob Frey, maire de la ville, a décidé de limoger les quatre policiers impliqués. Il a précisé sur Twitter qu'il s'agissait de "la bonne décision" et ajouté lors d'une conférence de presse qu'être "noir aux Etats-Unis ne devrait pas être une condamnation à mort". La chef de la police de la ville, Medaria Arradondo, a indiqué qu'une enquête de la police fédérale allait être ouverte. Elle a garanti une entière coopération et promis la mise à disposition des caméras du lieu de la tragédie pour tenter de mieux la comprendre. L'avocat de la famille de la victime Benjamin Crump, a de son côté dénoncé un usage "abusif, excessif et inhumain de la force" pour un délit "non-violent", et réclamé la fin du "profilage racial et (de) la minimisation des vies noires par la police". L'association ACLU, défenseur des droits civiques, a fustigé l'action policière en rappelant que les immobilisations par étranglement sont "techniquement interdites"

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Cette catastrophe a ému de nombreux habitants de Minneapolis qui se sont recueillis à l'endroit de "l'arrestation". Elle rappelle d'autres drames comme celui d'Eric Garner, décédé en 2014 à New-York dans des circonstances similaires et qui avait eu les mêmes mots que George Floyd avant sa mort : "je ne peux plus respirer". 

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